DISCOURS PRELIMINAIRE.
CI.V
leurs caractères extérieurs. ^Quelques années après, Linné , qui portale même esprit d’investigation sur toutes les branches des sciences na-turelles, introduisit, dans la classification des minéraux, l’importanteconsidération de la forme cristalline. Malgré l’imperfection de son sys-: lème, qui lient à la nature de ses idées cristallogéniques, il peut être
considéré comme l’un des fondateurs de l’école géométrique, qui a prisun développement si marqué vers la fin du xvin e siècle. Déjà, cepen-dant, Slénon et Capeller avaient émis, sur les cristaux, des idées dignesde fixer l'attention des physiciens.
Le mode de division proposé par Bromel fut adopté, à quelques mo-; dilications près, par Cramer, Waltersdorff, Gellert,,Carlheuserel Walle-rius. L’ouvrage de ce dernier atteste un véritable progrès, sous le doublerapport du choix des caractères et de la précision delà nomenclature.
L’élan était donné, et la minéralogie allait enfin sortir de l’enfance. Lu1758 commença pour cette science une nouvelle période : Cronsledt eutrecours à un principe de classification inconnu jusqu’alors, auquel ilsubordonna tous les caractères; le premier, il prit en considération lacomposition élémentaire des minéraux ; il fut suivi dans celle voie parBergmann, de Born et Karslen. Après lui, Kirwan, Wenzel cl Bichlerfirent sentir la nécessité de déterminer avec soin les proportions deséléments. Buffon (1755), qui répandait tant de charmes sur les sujetsles plus arides, s’occupa aussi de minéralogie ; mais l’état peu avancéde la science 11 e lui permit pas de s’élever à la même hauteur que pourles autres branches de l’histoire naturelle.
En 1774, Werner, le célèbre fondateur de l’école de Freyberg, entre-prit de ramener à des principes réguliers la détermination empiriquedes espèces minérales, et il en définit les caractères extérieurs avecune précision inconnue avant lui.
Vers le même temps, Romé de Lille publia son Essai de cristallo-graphie, dans lequel il établil le principe de la constance des anglesdans les cristaux, et celui de la dépendance mutuelle des formes cristal-lines dans la même espèce. En 1779 et 1780 , Monnet et Fourcroy éta-blirent chacun une classification des minéraux, fondée sur leur com-position chimique. Daubenton (1784) essaya un système de cristalli-sation qui fut bientôt oublié. Haüy, son élève, le véritable créateurde la cristallographie, fut plus heureux; il fil concourir à la distinctiondes substances minérales les caractères géométriques, physiques et Chi-li iniques; il donna le premier une définition rigoureuse de l’espèce mi-