DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
CLXXXJ
1res savants ont enrichi la science d’observations neuves et impor-tantes ; et la minéralogie, qui a dû tant de progrès à MM. Brongniart,Dufrénoy, Delafosse, Haidinger, Kupffer, G. Rose, etc., attend encored’eux de nouveaux perfectionnements.
Anatomie. — Le xvm c siècle n’avait pas cessé de mettre à profilles travaux des siècles précédents déjà riches en découvertes, et sesefforts avaient été couronnés de succès ; car la connaissance de la struc-ture particulière des organes était arrivée à un haut degré de perfection;mais, jusque-là tous les travaux n’avaient eu pour but que l’anatomiedescriptive, et l’on peut dire que l’anatomie générale n’existait pas, bienque quelques points de cette science eussent été entrevus par les an-ciens. Bichat, élève de Pinel , qui, dans sa nosographie philosophique,avait classé les maladies d’après l’analogie des tissus, développa l’idéede son maître et eut la gloire de donner aux études anatomiques unedirection nouvelle. Après avoir étudié isolément les divers tissus, il lescompara entre eux et les groupa suivant leur affinité ; il comptait jusqu’àvingt-et-un tissus élémentaires , quoique la plupart paraissent dériverdu tissu cellulaire. La mort l’empêcha de mettre la dernière main àcette puissante création ; mais ses travaux ne furent pas stériles , et lesroutes qu’il ouvrit à la science sont les seules aujourd’hui suivies.
L’élude de la structure intime des organes avait beaucoup plus deprogrès à accomplir que l’anatomie générale, et notre siècle n’a pointmanqué d’hommes capables de descendre jusque dans les particularitésde l’organisation. Sans faire précisément des découvertes nouvelles, ilsont beaucoup contribué au perfectionnement de la science de l’orga-nisme. Nous citerons, parmi ceux qui se sont le plus occupés d’ana-tomie générale et descriptive, MM. Chaussier, Boyer, Marjolin, J. etH. Cloquel, Meckel, Serres, Lauth, Tiedemann, Magendie, Bourgery,Jacob, Gerdy, Treviranus, Arnol, etc. A ces noms peuvent se joindreceux des savants qui se sont occupés de zootomie, et qui ont répandu, surles connaissances d’anatomie générale, un intérêt qui ne pouvait naîtreque d’un vaste point de vue comparateur. Nous passerons légèrementsur l’anatomie des régions, créée par Béclard , qu’une fin préma-turée empêcha de réaliser complètement son idée, et qui eut pour in-terprètes MM. Velpeau et Blandin. Nous ne mentionnerons pas ici lestravaux des hommes distingués qui se sont occupés et s’occupent encored’anatomie pathologique, parce que celle science, malgré son intérêt