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DISCOURS l'RÉUMUNAIKE.
faits d’une si admirable fécondité pour l’explication des données phi-losophiques, nous citerons seulement celui de l’évolution du fœtus, qui,avant d’arriver à l’état que lui assigne son origine, passe, pour ainsi dire,parla forme des animaux des classes inférieures. L’idée du plan uniqueremonte à 1796; en 1807, elle avait une forme plus arrêtée ; depuis,son auteur n’a pas cessé d’en poursuivre la démonstration avec unepatience infatigable. Il a recherché les analogies non seulement dansla comparaison des organes, mais encore dans leurs éléments, ne négli-geant pas plus ceux qui restent à l’état rudimentaire que ceux qui ac-quièrent le plus grand développement.
Pendant que celte science se créait en France, l’illustre Goethe prélu-dait, en 1792, à une semblable découverte, par son ouvrage sur les mé-tamorphoses des plantes, écrit dans la même pensée. Bientôt après,il démontra la nécessité de fondre ensemble l’anatomie humaine etl’anatomie comparée; et, pour donner à la science une base plus cer-taine, d’établir, d’après les fonctions, un type anatomique, un modèleuniversel, qui pût servir de guide dans l’étude des animaux. Les travauxde ce grand philosophe, mal compris de ceux à qui il les avait soumis,ne parurent qu’en 1820, quoiqu’ils eussent été terminés en 1796.
En 1807 et 1808, M. Okcn en Allemagne et M. Duméril en France ,furent conduits, par des considérations différentes, à l’idée de la com-position vertébrale de la tête, que Goethe avait entrevue, plusieurs an-nées auparavant, d’après le témoignage de quelques auteurs allemands.Cette théorie est aujourd’hui généralement admise en principe; et lesauteurs les plus opposés à l'anatomie philosophique reconnaissent que latête est composée, sinon de vertèbres agrandies, au moins de ceinturesosseuses, comparables à des vertèbres. MM. de Blainville, GeoffroySainl-IIilaire, Spix, Carus et Mcckel, ont contribué au développementde la première idée, mais ils n’ont pas encore pu s’entendre sur lenombre des vertèbres crâniennes. Une autre question , moins impor-tante , il est vrai, mais à la solution de laquelle Goethe fit faire ungrand pas, est la démonstration de l’existence de l’os intermaxillairechez l’homme. Cette découverte a fait disparaître la différence établiepar Blumenbach entre l’homme et le singe. A la même époque, Vicq-d’Azyr constata le même fait.
A peine celte voie fut-elle ouverte, qu’un grand nombre de savantsdirigèrent leurs recherches dans le but de pousser plus loin les découver-tes récentes ; dans l’article Mammifères du Dictionnaire de Déterville,