DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
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les fissures du globe de vapeurs et de gaz résultant de la sublimation demétaux qui se cristallisaient en se refroidissant.
Tant que la chaleur de la surface du globe fut considérable (et l’on es-time à 2G5 degrés, sous une pression de 50 atmosphères, celle qui a pré-cédé la formation des dépôts calcaires), il ne se forma aucun être orga-nisé ; mais, quand la pression atmosphérique fut, par une condensationsuccessive des vapeurs, descendue à peu près à l’état actuel, et que latempérature des eaux ne dépassa pas 90 degrés, la vie se manifesta. Laterre se couvrit alors de végétaux appartenant aux espèces inférieures.Les eaux se peuplèrent de nombreux animaux sans vertèbres, zoophytes ,mollusques, etc., au milieu desquels on remarque une seule famille d’ar-ticulés, les trilohites. Vers la fin de cette période, parurent les pre-miers animaux vertébrés : ce sont Xessauroïdes, poissons aux formes delézard, tels que les ichlhyodorulilcs. La végétation prit alors un nou-veau caractère ; des fougères, des e’quisétacées, etc., commencèrent àdéployer leurs formes gigantesques.
A cette période succéda la formation des terrains anthraxifères,comprenant le terrain houiller si riche en végétaux d’une dimensionsouvent considérable mêlés à des débris d’animaux.
Une aussi puissante végétation enlève successivement à l’atmosphèreune énorme quantité de gaz acide carbonique; des êtres plus com-plexes peuvent désormais y respirer; c’est alors qu’apparaît, dans toutesa variété et dans toute sa force, le grand type des reptiles d’espèces per-dues : Xichlhyosaure à la tête de lézard, au corps de poisson, et vivantdans l’eau ; le plésiosaure à la tête grêle, portée sur un col flexueuxcomme le corps d’un serpent; le ptérodactyle, sorte de lézard volant, aumuseau allongé, aux dents aiguës, aux ongles crochus ; puis d’énormescrocodiliens, le mégalosaure, le géosaure, le mosasaure; des tortuesgéantes, appartenant aux genres Emys et Chelonia, le monstrueux igua-nodon, etc. Les mers sont habitées par des dupes, des anguilles, desbrochets, des chétodons, et par la puissante famille des squales.
Quelques rares oiseaux de l’ordre des échassiers, et un seul mammifè-re appartenant aux didelphes paraissent à la fin de cette époque, c’est-à-dire quand l’atmosphère est devenue plus propre encore à la vie; quelquesvégétaux dicotylédones, de la famille des conifères, viennent aussi rom-pre l’uniformité de la végétation. Déjà de violents soulèvements avaientélevé de nouveaux continents au-dessus des mers et couvert la terre denombreuses aspérités; des sources thermales coulaient de toutes parts.