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Tome premier.
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

L’époque arrive enfin où l'atmosphère, suffisamment purifiée, peutentretenir la vie d’animaux plus parfaits. Celte période tertiaire voitnaître les grands mammifères aquatiques et terrestres. Les lamantins,les dauphins, les phoques, partagent le domaine dés eaux avec lespoissons devenus plus nombreux. De lourds pachydermes, auxquels semêlent des carnassiers, des rongeurs, des marsupiaux, habitent la terre,que couvre une riche végétation de dicotylédones. C’est alors que vi-vent tous ces animaux dont les genres, maintenant perdus, ont étérecréés par les admirables travaux de Cuvier : tels sont les palœo-ihères, les anoplotheres, les lophiodons, les anthracothères, les mas-todontes, etc.; d’autres appartiennent à des genres existants encore,mais leurs espèces n’existent plus ; ce sont des tapirs, des éléphants,des rhinocéros, des ours, des hyènes, et des singes, dont les restes ontété récemment découverts dans le midi de la France , etc.

Puis enfin, quand le globe se trouva dans des conditions atmosphé-riques, qui permirent aux êtres organisés de se développer librement, etqu’ils eurent épuisé toutes les transformations auxquelles était appeléel’animalité, l'homme parut. Bientôt, soumettant la nature à la puissancede l’esprit, il établit son empire sur tout ce qui existe, et chaque jourencore il lutte contre elle pour lui arracher ses secrets.

Les savantes recherches de MM. Fourier, W. Fox, Arago et Cor-dier, sur la chaleur centrale, et surtout le grand travail de ce der-nier, ont donné à celte opinion un tel degré de certitude, que la théoriede l’incandescence du noyau du globe, adoptée aujourd’hui par pres-que tous les savants, est devenue le principe fondamental de la géolo-gie moderne. En elfet, comme il est suffisamment démontré que latempérature s’accroît à mesure qu’on pénètre plus profondément dansle sol, on est porté à admettre que le noyau du globe doit avoir con-servé sa fluidité primitive. Indépendamment des nombreuses observa-tions thermomélriques sur lesquelles s’appuie celte théorie, les volcans,les tremblements de terre, les puits artésiens, les eaux thermales, con-firment l’existence d’une immense chaleur dans l’intérieur du globe.Suivant M. Cordier, l’accroissement de celle chaleur serait d’un degrécentigrade par 27 mètres ; d’où il résulterait qu’à 2,700 mètres de pro-fondeur (un peu plus d’une demi-lieue), la température de la terre se-rait celle de l’eau bouillante, et qu’à 6,500 mètres (une lieue et demie),le plomb serait constamment en fusion. L’écorce terrestre continue àse consolider et acquiert une épaisseur d’autant plus grande que le re-