DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
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sure que nous descendons dans l’échelle animale, l’incerlitude devientplus grande; cependant, les travaux sur celle matière ne manquent pasentièrement, mais ils sont encore incomplets. Fabricius et Lalreilleont donné les premiers une géographie des insectes, poussée plus loinpar MM. Kirby, Spence, Mac-Leay et Lacordaire. Dans ces dernierstemps , elle a été l’objet de nouveaux travaux de MM. Milne Edwards et Blanchard ; MM. Quoy et Gaimard en ont fait autant pour les crusta-cés. MM. Broderip, de Férussac, de Blainville, A. d’Orbigny , etc., ontdonné la géographie des mollusques; MM. Quoy et Gaimard , celle despolypiers, et M. Ehrenberg, celle des infusoires.
II reste à résoudre un problème qui, à toutes les époques, a beaucoupoccupé les hommes de science, et qu’enveloppe la plus grande obscu-rité; nous voulons parler de la distribution primitive des cires sur laterre ; c’est de la paléontologie que nous attendons la connaissancede ces faits primordiaux de l’histoire de notre globe. Quand nous sau-rons ce qu’a été l’animalité à sa naissance, peut-être, en comparant sonétat primitif à son état présent, pourrons-nous pressentir ses destinéesfutures ; mais jusqu’à ce moment les hypothèses qui ont été hasardéesmanquent absolument de certitude.
Conclusion. — Arrivés au terme de notre lâche, il nous reste à recon-naître quel but s’est proposé la science et quel parti l’humanité a tiré deses longs travaux. Déjà bien des progrès se sont accomplis, depuisque nous ne la voyons plus, reufermée dans les cabinets, devenir, sousl’inspiration de quelques hommes, un arcane inaccessible à l’intelli-gence de tous, et un monopole profitable seulement à la vanité desmaîtres et des disciples. Elle est descendue des hauteurs des théoriesphilosophiques pour devenir pratique , et elle a abordé jusqu’aux dé-tails les plus humbles de la vie ; car elle a compris qu’entre la viescientifique et la vie civile, il existe une étroite solidarité. Le savant estdonc devenu tour à tour agriculteur, mineur, distillateur, chaufournier,tanneur, teinturier, etc. Tous les arts, toutes les industries, sont venuslui demander des lumières, et il a répondu à tous. L’économie politique,quoique paraissant fondée sur des besoins d’un autre ordre, s’appuieégalement sur la science, qui en est le principal levier, et toutes les in-stitutions reposent sur ses progrès. Depuis qu’elle est entrée dans cettelarge et noble voie, les intelligences se sont agrandies, les préjugésont, sinon complètement disparu, du moins diminué, et la civilisation a