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Tome premier.
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ABE

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de telle sorte qu’elle devient un instrumentcommode, à l’aide duquel l’Abeille saisitces lamelles. Nous avons dit que le 1 er ar-ticle du tarse était très allongé , mobile surla jambe, de manière à former avec elleune sorte de pince; l’Abeille insinue cettepince entre les anneaux de son ventre,s’empare d’une plaque de cire , la porteaussitôt à sa bouche, et la rompt avec lebord tranchant de ses mandibules. Lors-que la lamelle de cire a passé et repassé en-tre ses dents, elle en sort de nouveau sousforme d’un filament mou que l’insecte , s’ilcommence à construire , applique contre lavoûte de la ruche, ou bien qu’il ajoute auxlamelles déjà posées. Plusieurs Abeilles agis-sent de concert à la même place , et la ma-tière qu'elles y déposent ne tarde pas à for-mer une masse dans laquelle elles commen-cent à creuser les cellules du premier rang.Celles-ci n’ont plus les formes que nousavons décrites, et cette sorte d’anomalie apour but de fournir une base plus solide àla masse qui va bientôt se montrer; en ef-fet , les ouvrières ajoutent successivementau travail que l’une d’elles a commencé ;d’autres posent les fondements de nouvellesconstructions à des distances égales; et tousces gâteaux, ordinairement parallèles entreeux et perpendiculaires au fond de la ruche,s’agrandissent en très peu de temps. Réau-mur nous apprend qu’un gâteau de huit àneuf pouces de diamètre est quelquefoisl’ouvrage d’une seule journée. Nos architec-tes toutefois ne mettent pas de suite la der-nière main à l’œuvre : lorsque tout nous pa-raît achevé, on voit d'autres Abeilles ciriè-res entrer dans chaque alvéole pour en ra-boter et polir, en quelque sorte, les parois.Elles s’occupent aussi à encadrer les pansdes cellules et leurorifice de propolis qu’ellesrecueillent sur certains végétaux , et entreautres sur les bourgeons du peuplier sau-vage. Elles se servent aussi de cette gommerésine pour boucher toutes les ouverturesde leur ruche, et, aune certaine époque,elles l’emploient pour consolider la base desgâteaux.

Si, comme il convient de le faire, nousdistinguons les cellules e n petites, moyen-nes et grandes , nous devrons observer , quece qui vient d’être dit de leur constructionet de leur forme s’applique uniquement aux

deux premières. En effet, les grandes cel-lules, qu’on nomme aussi cellules royales,outre qu’on n’en compte jamais plus de 27(leur nombre étant ordinairement de l(i à20), diffèrent des autres sous plusieurs rap-ports. Elles sont en général oblongues, piri-formes et très amples. Rien n’est épargnépour leur solidité , et, dans leur construc-tion , on ne se montre avare ni d’espace, nide matière; à tel point que le poids d’uneloge royale équivaut au moins à celui decent cellules ordinaires. Leur position en-suite est bien différente : au lieu d’être pla-cées horizontalement comme les alvéoles desouvrières et des mâles , elles le sont verti-calement. Quelquefois elles ressemblent àune stalactite, et paraissent détachées dugâteau.

L’observation a appris que la plupart desalvéoles, tant petites que moyennes, re-çoivent les œufs. La ponte a lieu pendanttoute l’année, mais principalement au prin-temps et dès le mois de mars, lorsque latempérature est un peu élevée. La reine par-court alors les gâteaux, regarde et palpeavec ses antennes les cellules sur lesquelleselle passe, y enfonce profondément sonabdomen, et lorsqu’elle les trouve vides,elle y dépose un œuf qu’elle colle par l’unde ses bouts au fond de l’alvéole. Elle pondd’abord dans les petites cellules des œufsd’ouvrières; ensuite, dans les cellules moyen-nes, des œufs de mâles; et, en dernierlieu, des œufs de femelles dans les cellulesroyales.

Il n’est personne qui n’ait entendu parlerdes hommages rendus au Roi par ses sujetsfidèles. Ce Roi ou plutôt cette Reine, car l’in-dividu auquel ils s’adressent est toujoursune femelle, en reçoit en effet delà part desouvrières, surtout au moment de la ponte.Il est curieux de voir les soins assidus querendent à leur femelle les Abeilles du cor-tège, pendant cette importante opération ;elles la nettoient, la frottent avec leurtrompe, et lui présentent de temps en tempsdu miel qu’elles dégorgent. S’il arrive que lafemelle soit très féconde, et qu’au contraireles cirières soient en trop petit nombre pourbâtir une quantité de cellules égale à celledes œufs, la femelle, pressée de pondre, endépose 2,3 et même 4 dans les mêmes al-véoles. Les ouvrières, qui s’en aperçoivent,