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ne tardent pas à enlever tous les œufs sur-numéraires et à les détruire.
Les œufs sont oblongs, un peu courbés etd’un blanc bleuâtre. Une fois pondus, ilssont abandonnés aux soins de cette variétéd’ouvrières qu’on appelle nourrices; celles-ci ne commencent leurs fondions que lors-que les vers sont éclos, c’est-à-dire 3 joursaprès qu’ils ont été pondus. Alors, selonSwammerdam , clics apportent à plusieursheures du jour une sorte de bouillie, diffé-rente suivant l’Age de la larve. D’abord insi-pide et blancbAtre , puis légèrement sucréeet transparente, d’une couleur jaune ver-dAtre, elle devient ensuite très sucrée; laquantité de cette bouillie est proportionnéed’une manière si exacte aux besoins du ver,que, selon Huber, il la consomme toujoursen entier. Le même auteur a observé que lepollen des étamines des plantes était la vé-ritable nourriture des larves ; les nourricesen remplissent leur estomac et le dégor-gent , sans doute après l’avoir mêlé avec unecertaine quantité de miel.
La nourriture varie non seulement sui-vant les Ages, mais encore suivant les sexes.Celle des mAles et des ouvrières paraît ana-logue; mais celle des larves de Reines est unebouillie toute particulière , dont l’influencesur le développement de l’individu est tellequ’elle rend fécondes les ouvrières qui enont été nourries à l’état de larves. Il n’estplus permis de douter de ce fait, depuis queIluber a continué les expériences de Riemet de Scbirach. Ce dernier avait observé que,lorsqu’une ruche se trouve privée de Reine,les Abeilles agrandissent, aux dépens descellules voisines, les alvéoles de quelquesouvrières, dans lesquelles se trouve unejeune larve , et qu’elles lui apportent enoutre, avec abondance, une bouillie sem-blable à celle dont elles nourrissent les versroyaux; qu’enlîn il naît bientôt de ces larvesdes Reines ou Abeilles femelles. Si, pendantque les ouvrières sont occupées à réparerune perte qui entraînerait celle de la colonietout entière, on introduit une Reine dansla ruche, aussitôtees travaux cessent, commesi elles sentaient que leur précaution estdevenue désormais inutile. Riem avait re-marqué un fait non moins extraordinaire :il vit plusieurs ouvrières, absolument sem-blables aux autres, pondre dans les al-
véoles. Huber observa le même fait, maisil remarqua que ces ouvrières ne pondaientjamais que des œufs de mAles, et supposaque cette fécondité était due à une petiteportion de bouillie royale, tombée commepar accident dans leurs étroites demeures,toujours situées dans le voisinage des cellu-les royales. Ces Abeilles ouvrières ne devien-nent fécondes que dans les ruches privées deReines ; car celles-ci ont grand soin de dé-truire ces chétives rivales. Les Abeilles ou-vrières sont donc réellement des femellesdont les organes génitaux et quelques au-tres parties n’ont pas atteint tout leur ac-croissement.
La larve ou le ver , objet de tant desoins, et qui nous présente des faits si re-marquables, est blanchâtre, apode, com-posé de 14 anneaux, y compris la tête :celle-ci est munie, selon Réaumur, dedeux mandibules rudimentaires, d’une lèvresupérieure et d'une lèvre inférieure tri—(ide.
Ce ver, contenu dans l’alvéole, après avoirchangé plusieurs fois de peau, arrive vers le5' jour au dernier terme de son accroisse-ment. Pendant ce temps il s’est approchépetit à petit de l’ouverture de sa loge, etn’en est plus qu’à deux lignes; à cette épo-que , les ouvrières bouchent l’alvéole aumoyen d’un pctitcouvercledecire, plus bom-bé pour les cellules de mâles que pour cellesd’ouvrières; alors le ver lui-même file entrente-six heures une coque de soie , com-plète, lorsqu’il appartient à une ouvrièreou à un mâle, et incomplète, s’il doit don-ner une Reine. Trois jours après seulementil se métamorphose en nymphe. La nympheest le passage de la larve à l’insecte parfait;il dure 7 jours et demi; ce temps écoulé, onvoit paraître l’insecte parfait 20 jours aprèsque l’œuf qui l’a produit a été pondu. Aucontraire, les femelles ne mettent que IGjours à prendre tout leur accroissement.L’insecte, pour arriver à son état parfait,doit, sans auxiliaire, se débarrasser de sonenveloppe, percer sa coque soyeuse ainsique le couvercle de cire qui fermait son al-véole. A peine est-il né , que les autresAbeilles lui prodiguent mille soins, l’essuientou le lèchent, et lui offrent du miel. Il netarde pas lui-même, s’il appartient à lacaste ouvrière, à se mettre à l’ouvrage , et