Band 
Tome premier.
Seite
13
JPEG-Download
 

ABE

ABE

13

tôt suivie par un grand nombre d’ouvrières.

La chaleur qui résulte de l’agitation dontnous venons de parler, semble aussi contri-buer beaucoup à la sortie des essaims. Lethermomètre de Réaumur, qui, dans uneruche habitée, est ordinairement, l’été, de27 à 29 degrés, s’élève dans ces circonstan-ces jusqu’à 32.

On serait dans l’erreur si l’on pensait quele nombre des femelles est toujours exacte-ment proportionné à celui des colonies; iln’est pas rare d'en trouver 2 et meme 3 dansun seul essaim. Si un essaim de ce genre estmis dans une ruche, on remarque bientôtque les Reines, toutes les fois qu’elles se ren-contrent, se livrent des combats à mort. Lescirconstances qui accompagnent ces com-bats, les ruses qu’emploient les 2 champions,le rôle qu’y jouent les ouvrières, qui ensont spectatrices, mériteraient des descrip-tions détaillées qu’il nous est impossible dedonner ici. Nous nous bornerons à ajouter,que lorsqu’une ruche est réduite à uneseule Reine, si l’on enlevait celle-ci, au mo-ment où les travaux sont déjà en pleine ac-tivité, et à une époque où les œufs n’ontpas encore été pondus, on verrait l’oisivetésuccéder au travail, l’espoir de perpétuer l’es-pèce serait détruit, la langueur atteindraitles ouvrières laborieuses; elles ne construi-raient plus d’alvéoles, ne feraient plus deprovisions , vivraient au jour le jour, et netarderaient pas à mourir. Leur rend-on unefemelle dans une telle circonstance, ou, cequi revient au même, leur présente-t-on desgâteaux contenant des cellules royales oudéjeunes larves, capables d’être convertiesen femelles, à la manière déjà indiquée,tout aussitôt les travaux reprennent leuractivité, et ce peuple découragé recouvreson énergie. Les ouvrières ne sont donc passeulement instruites par la présence d’unefemelle, qu’elles doivent compter sur unepostérité ; mais cet espoir se réveille encorepar la présence des œufs ou des larves con-tenues dans les alvéoles.

L’histoire des Abeilles, comme on voit,présente trop d’intérêt, pour qu’il soit né-cessaire de l’embellir de suppositions idéa-les et merveilleuses. Ce peuple industrieux,si remarquable par l’union et l’ensemblequi régnent dans chaque habitation, ne l’estpas moins, lorsqu’il s’agit de défendre sa pro-

priété contre les ruses des ennemis nom-breux qu’il doit combattre. Suivant quel-ques observateurs, une Abeille ne vit pasplus de 5 ans. Il est probable que lorsqu’ellemeurt, les ouvrières adoptent une jeuneReine, qui ne quitte pas la ruche. Sil’insccle,comme quelques uns l’ont prétendu, étaitune simple machine, et privé de toute fa-culté intellectuelle, serait-il susceptible demodifier ses actes, saurait-il prévoir, calcu-ler l’événement, le juger lorsqu’il se pré-sente , proportionner les moyens de défenseà ceux de l’attaque, et substituer mille stra-tagèmes à la force, quand l’infériorité dunombre ne lui permet pas de triompher avecses armes? C’est pourtant là ce qui arrive,lorsque des Frelons, des Guêpes, des Souris,des Teignes, des Sphinx Téte-de-Mort, etc.,cherchent à s’introduire dans sa demeure.Tous les moyens sont alors mis en usagepour s’opposer à leur entrée; tous les effortssont dirigés vers ce but; car, une fois queces redoutables ennemis ont pénétré dansla ruche, il est bien difficile aux Abeilles des’opposer à leurs dégâts; elles n’ont plusd’autre parti à prendre que de fuir, et detransporter ailleurs leur industrie. Les ou-vrières, comme on le pense bien, sont lesseuls combattants; elles veillent sans cesseà la ruche, et font une reconnaissance scru-puleuse de tous les individus qui y entrent,en les touchant de leurs antennes.

Réaumur et Hubert ont été les historiensde leurs victoires et de leurs défaites , etnous ont donné des détails curieux sur leurscombats. Nous engageons de nouveau à re-courir à leurs intéressants ouvrages.

Tout ce que nous avons dit des Abeilless’applique à celle de notre pays, c’est-à-dire à l’Abeille mellifique, Apis mellificaLinn. Fab. ( V. PI. là, fig. 1, le mâle; fig. 2,la femelle; fig. 3, une ouvrière ou neutre. )Parmi les autres espèces d’abeilles qu’on adistinguées jusqu’à présent de la précé-dente, les plus remarquables sont :

l’abeille ligurienne, Apisliijustica Spin.,cultivée dans toute l’Italie , et qui habitepeut-être aussi la Morée, l’Archipel , etc.

l’abeille unicolore, Apis unicolor Lai.,qui habite les îles de France, de Mada-gascar et de Bourbon, et qui fournit unmiel vert très estimé.

l’abeille indienne, Apis indica Fab.,