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quièrenl une taille plus élevée et les carac-tères delà race normande; et réciproquementles animaux transférés de Normandie en Bre-tagne n’atteignent ordinairement qu’à unetaille inférieure à celle qu’ils eussent acquisedans leur pays natal. Il y a quelques années,le département du Finistère donna à la So-ciété d’Agricutture de Morlaix un taureau etune vache du Poitou, d’une taille très éle-vée. Ces animaux furent placés chez les cul-tivateurs qui pouvaient inspirer le plus deconfiance pour les soins qu’exigeait l’intro-duction de cette nouvelle race. A la 3"*' gé-nération, les caractères distinctifs étaiententièrement effacés, et les descendants nedifféraient plus des bêtes du pays, ni par lataille, ni par les formes. On peut ajouter, àcet égard , que l’abondance de nourriture,qui produit de grandes espèces animalesdans les pays fertiles, n’est pas toujours laseule cause agissante, non plus que les au-tres soins qui forment nos variétés domesti-ques, puisque, dans les exemples que nousvenons de rapporter, elle n’a pu prévenir ladégénérescence des races. Il faultenircompte,sans doute, d’autres circonstances dépendan-tes de l’action générale des climats. C’estainsi que l’Amérique , qui ne manque pasde fécondité, présente néanmoins des racesplus petites que celles de l’ancien continent,et qu’elle a même vu diminuer la taille desraces importées.
Rien n’est plus curieux relativement à cessortes de modifications des formes animalessous l’influence des climats, que les obser-vations recueillies par M. Roulin sur les es-pèces transportées de l’ancien continent dansle Nouveau-Monde. Selon cet auteur, despoulets importés, depuis plusieurs siècles, àCusco , où ils se sont perpétués dans unetempérature qui ne descend pas au-dessousde 20° centig., n’offrent plus, en souvenirde leur vêtement originaire, qu’un légerduvet, qui tombe bientôt pour laisser l'a-nimal entièrement nu, sauf les plumes del’aile, qui croissent comme à l’ordinaire.Le chat a éprouvé peu de modifications,par son importation à la Nouvelle-Grenadedepuis Colomb, si ce n’est qu’il n’a pas desaison marquée pour la reproduction, etqu’il ne miaule plus comme dans nos pays.Quant aux autres Mammifères, les obser-vations à faire présentent quelques difficul -
tés, à cause de l’influence qu’exerce l'hommesur les animaux domestiques, en les pro-tégeant contre l’action du climat. Néan-moins, on peut remarquer que dans les con-trées chaudesdel’Amérique , danslesplainesdu Méta, il est très difficile d’élever desagneaux , et que les brebis sont peu fécon-des. Ici encore la nature opère rapidement,sous nos yeux, les effets ordinairement lentsmais constants des climats sur le pelage deces animaux, plus abondamment fourni depoils dans les pays froids, plus nu dans lespays chauds. Si la main de l’homme ne tou-che pas à leur toison, la laine s’épaissit, sefeutre, et finit par se détacher en plaques quilaissent au-dessous d’elles, non une lainenaissante, non une peau nue et dans unétat maladif, niais un poil court, brillant,bien couché, très semblable à celui de lachèvre , sous ces mêmes climats. Dans lesplaces où ce poil a paru, la laine ne renaîtjamais.
11 résulte aussi des observations de M. Rou-lin, que les animaux domestiques, trans-portés en Amérique , lors de sa découverte ,ont fini par s’y acclimater, et que leur fé-condité devint même bientôt telle, qu’af-franchis par cette surabondance, la plupartreprirent leur vie sauvage. De ce nouveaucas résultèrent de nouvelles modifications :les oreilles du porc se sont redressées, soncrûno s’est élargi ; l’agilité du cheval s’estdéveloppée, le courage do l’âne a reparu ,la vivacité de la chèvre a augmenté; enfinle pelage, perdant ses variétés dans chaqueespèce, y est devenu uniforme. Remarquonsà cette occasion que là se trouve la contre-épreuve de la proposition avancée parM. Isi-dore Geoffroy-Saint-Hilaire : que les nom-breuses variétés du bœuf, du cheval, duporc, de la chèvre, etc., ne sont que desproduits de la domesticité.
Il reste évident que les formes organiquessont, d’une part, modifiées par les agentsextérieurs chez les êtres qui ont acquis leurdéveloppement, et de l’autre, que la géné-ration finit par transmettre ces mêmes mo-difications; mais le succès des acclimate-ments offre souvent des difficultés ; et, bienque les éléments ambiants aient toujoursune grande puissance, la vie résiste quel-quefois, et succombe même au lieu de plier.11 se développe dans ce conflit des réactions