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aériens. Lorsqu’on examine, sur la coupetransversale d’une jeune branche, la dispo-sition du bois et de l’écorce, on voit queces deux organes sont parfaitement contigusl’un à l’autre, sans que, par conséquent, l’oeilpuisse discerner entre eux aucune ligne deséparation. Ainsi, les faisceaux ligneuxsont unis aux faisceaux corticaux par unecouche plus ou moins épaisse d’un tissuutriculaire fin et comme à l’état rudimen-taire , dont les utricules se continuent et setransforment en tubes ligneux, par le côtéqui touche au bois, et en fibres corticales,par la partie tournée du côté de l’écorce.C’est cette couche de tissu utriculaire, véri-table matrice où se forment les fibres nou-velles, que nous avons désignée sous le nomde zône génératrice.
A mesure que les faisceaux ligneux s’ac-croissent parleur côté extérieur, le diamètrede la tige ou de la branche augmente pro-portionnellement. Cet accroissement en dia-mètre se poursuit, tant que la tige s’allonge,par le développement de son bourgeon ter-minal , et ne s’arrête que quand elle cessede croître en hauteur. Un développementanalogue a lieu simultanément dans la par-tie fibreuse et vasculaire de l’écorce, maiscependant avec une différence remarquable.Ainsi, toutes les fibres qui s'ajoutent à cha-cun des faisceaux ligneux primitifs se sou-dent et se confondent tellement avec eux ,qu’elles ne forment, au bout de l’année,qu’une seule et même couche circulaire, danslaquelle il est à peu près impossible de re-connaître les traces de Cet accroissementsuccessif. Quelquefois les choses se passentainsi pour le liber, qui, lorsque la premièrepériode d'accroissement est achevée, n’ofTreaussi qu’une seule couche de faisceaux fi-breux. Il arrive aussi que dans le mêmetemps où il ne se forme qu’une seule cou-che ligneuse, il se développe plusieurs cou-ches de liber, ou, pour mieux dire, plu-sieurs zones de faisceaux corticaux. C’est unfait qui, à notre connaissance, n’avait pasencore été signalé et dont nous avons eul’occasion d’observer de nombreux exemples.Ainsi, dans le laurier-rose, le noyer commun,le peuplier noir et une foule d’autres arbresdifférents, nous avons remarqué qu’à la finde la première année l’écorce se composaitde plusieurs couches de faisceaux vasculaires.
Mais l’addition de nouvelles fibres à la partieexterne de chaque faisceau ligneux, ou à lapartie interne de chaque faisceau de l’écorce,n’est pas la seule origine de l'accroissementen diamètre. Si, en effet, on observe attenti-vement ces faisceaux ligneux primitifs, onvoit que leur nombre augmente peu à peu.Ce fait avait été déjà observé par M. de Mirbelpour les faisceaux ligneux des racines, etpour ceux de la tige par le professeur LinkdeBerlin. M. Du Trochet a , par de nouvel-les observations, appelé l’attention sur cepoint. Ce savant a remarqué que, dans lajeune tige de la clématite, il y avait d’abordsix faisceaux ligneux disposés en un cercleautour du canal médullaire, faisceaux sépa-rés les uns des autres par de larges rayonsmédullaires. Peu à peu, au milieu de chacunde ces espaces remplis de tissu utriculaire,se montre un nouveau faisceau de fibres lon-gitudinales ; de sorte qu’au bout d’un an lajeune tige offre 12 faisceaux. A la fin de la2 mc année on en compte 30 : chacun des fi fais-ceaux primitifs s’est partagé en 3 par la pro-duction de 2 rayons médullaires, et les «faisceaux secondaires se sont eux-mêmespartagés chacun en 2. Cet accroissement estaussi très visible dans la tige de la vigne.Dans une jeune branche de cet arbrisseau ,les faisceaux vasculaires, dont le nombre estconsidérable, sont séparés les uns des autrespar des rayons médullaires très marqués.Peu à peu, il se forme au milieu de chaquefaisceau vasculaire une ligne de tissu utricu-laire rempli de granulations vertes, et paral-lèle aux rayons médullaires. D’abord peuétendue dans l’intérieur du faisceau , ellegagne de proche en proche, et finit par leséparer en deux. A mesure que cette lamede tissu utriculaire s’accroît, ses granula-tions vertes disparaissent insensiblement, desorte qu’elle finit par se changer en un véri-ble rayon médullaire qui oCTre les caractèresde tous les autres rayons médullaires déjàexistants. Cet accroissement latéral, résul-tat de la multiplication des faisceaux li-gneux, tend à diminuer l’épaisseur des es-paces cellulaires qui séparent ces faisceaux,c’est-à-dire les rayons médullaires. On con-çoit qu’il ne peut avoir lieu que tant queles faisceaux vasculaires sont encore tendreset à l’état récent, et qu’il s’arrête dès quecur tissu s’est lignifié.
T. i.