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dinaircment des vaisseaux ponctués ) qui,sur une coupe transversale, se distinguentbientôt des tubes ligneux par la largeur deleur canal et le peu d’épaisseur de leursparois.
De même que, la première année , il s’estformé une couche de liber en même tempsqu’une couche ligneuse, de même aussi,dans les années suivantes, il s’ajoute un ouplusieurs feuillets d’écorce à la face internede ceux qui existaient déjà. En effet, cesdeux parties constituantes delà tige, l’écorceet le corps ligneux, ont un accroissementsimultané, qui ne peut avoir lieu dans unede ces deux parties sans se montrer égale-ment dans l’autre.
I.es couches ligneuses récemment forméessont d’abord composées de tubes et de vais-seaux aériens plus ou moins mous, et quiconservent, pendant quelques années, lescaractères d’un bois imparfait. En un mot ,elles sont d’abord à l’état d’aubier; mais parles progrès de l’âge, elles finissent par ac-quérir plus de dureté, plus de ténacité, etpar prendre une teinte plus foncée. Ce n’estque quand elles ont acquis ces dernières qua-lités, que les couches ligneuses sont passées àl’état de bois parfait ou de duramen. Ainsi,dans les premières années, la jeune tige n’estcomposée que d’aubier. Plus tard, la couched’aubier la plus intérieure se convertit envrai bois; et chaque année, en même tempsqu’il se développe à l’extérieur une nouvellecouche d’aubier, la couche la plus intérieurese convertit en une nouvelle couche de bois.I.e nombre des couches ligneuses, dans unetige dicotylédonée, exprime donc le nombredes années de la tige, puisque tous les ans ils’en est formé une nouvelle.
Nous nous sommes contenté jusqu’à pré-sent d’exposer les faits, c’est-à-dire de donnerla suite des phénomènes que présente la tigedans la formation successive de ses couchesligneuses. Les observations nombreuses aux-quelles nous nous sommes livré pour éclai-rer ce point important de la physiologie desvégétaux, nous ont permis de l’exposer peut-être d’une manière assez précise pour avoirété bien compris de chacun. Mais si tous lesphysiologistes sont d’accord sur le fait de laformation, chaque année, d’une nouvellecouche ligneuse, la plus grande dissidencerègne au contraire parmi eux, quand il s’a- '
git d’expliquer ces phénomènes, d'en recon-naître la source et de les rapporter à unethéorie générale. Ici, en effet, les opinionssont assez différentes , et nous allons voircomment on a pu donner au même fait descauses presque opposées. Sans entrer dansdes détails que ne comporte pas la naturede ce livre, nous allons brièvement exposerles principales théories proposées pour ex-pliquer la formation des couches annuellesdu bois.
On peut rapporter à trois chefs diffé-rents, les opinions diverses émises sur l’o-rigine des couches ligneuses qui se for-ment chaque année. 1° Selon Malpighi etDuhamel, le liber ou la partie la plus inté-rieure de l’écorce se change en bois. 2° SelonLahire et Dupetit-Thouars , les nouvellescouches ligneuses sont ducs au développe-ment des bourgeons, qui de leur base émet-tent des fibres glissant entre le corps li-gneux et l’écorce. 3° Enfin , Grevv a émisl’opinion que le bois provenait de l’organi-sation du cambium , sorte de liquide orga-nisé ou de tissu à l’état liquide, qui, cha-que année, donne à la fois naissance à unecouche d’aubier et à une couche de liber.
1° Le liber se change en aubier.
Malpighi , comme nous venons de le dire ,est le premier qui ait émis l’opinion que leliber ou la partie intérieure et vasculaire,de l’écorce se transformait chaque année enbois, tandis qu’un nouveau liber se déve-loppait pour remplacer l’ancien. Mais cettethéorie est généralement attribuée à Duha-mel , qui l’a en effet développée en l’ap-puyant sur un nombre considérable d’expé-riences, qui font de sa Physique des arbresun des ouvrages les plus importants de phy-siologie végétale expérimentale. Quoiquecette théorie de la formation des couchesligneuses ait été pendant fort long-tempsadoptée presque universellement par lesphysiologistes , un grand nombre d’obser-vations plus précises ont prouvé qu’elle n’é-tait pas fondée, ou plutôt qu’elle reposaitsur une observation entachée d’erreur. Du-hamel ayant fait passer des fils d’argent trèsminces dans la partie extérieure de l’écorce,s’aperçut qu’au bout de quelques annéesils étaient rejetés en dehors de l’écorce. Enayant engagé d’autres dans sa partie la plusintérieure, ou dans le liber, il les retrouva,