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au bout de quelques années, dans les cou-ches ligneuses les plus extérieures. Duha-mel avait tiré de cette observation les deuxconséquences suivantes: 1° la partie exté-rieure de l’écorce est douée d’un mouvementd'accroissement centrifuge qui tend à rem-placer par de plus intérieures celles de sesparties externes qui se détruisent ; 2° le li-ber, parles progrès de la végétation , se con-vertit chaque année en bois, et chaque an-née il se produit entre le bois nouvellementformé et l’écorce, un liquide organisé nom-mé cambium qui reproduit un nouveau li-ber. Cette théorie serait en effet à l’abri detoute attaque, si le fait sur lequel elle re-pose et dont elle semble une conséquence na-turelle , était bien établi. Malheureusementl’expérience de Duhamel, au sujet des fils en-gagés dans le liber, a été répétée un grandnombre de fois ; et, contrairement à ce quiavait été annoncé par le savant expérimen-tateur, on les a toujours retrouvés dans le li-ber, même après plusieurs années d’expé-rience, quand on s’était assuréqu’en ciret ilsavaient été placés dans cette partie. Ainsile liber une fois formé n’éprouve plus dechangement notable, etsurtout ne se trans-forme pas en bois, puisque les fils que l’on ypasse y sont retrouvés au bout de plusieursannées. La théorie de Malpighi cl de Duha-mel ne repose donc pas sur un fondementsolide. Duhamel, dans son expérience, n’avaitlias fait assez d’attention à cette couche cel-luleuse interposée entre le corps ligneux et lapartie interne de l’écorce, couche que nousavons nommée z6ne génératrice. C’est en effetdans cette zône, comme nous le verrons bien-tôt, que se passent les phénomènes de l’ac-croissement en diamètre, c’est-à-dire en de-dans du liber. Dans l’expérience de Duhamel,les (ils d’argent avaient été engagés, non dansla partie vasculaire de l’écorce qui constituele liber proprement dit, mais dans cette zônegénératrice où les fibres ligneuses se repro-duisent; et c’est ainsi qu’au bout d’un cer-tain nombre d’années ils avaient été retrou-vés plongés au milieu des fibres ligneuses.Nous n’insisterons pas davantage sur cettethéorie. Duhamel a fait, particulièrement surle développement de l’écorce, un grand nom-bre d’autres expériences que nous feronsconnaître plus tard, quand nous parleronsspécialement de l’organisation de l’écorce.
2° Im formation des couches annuelles du bois
est due au développement des bourgeons.
Cette ingénieuse théorie a d’abord été pré-sentée par Lahirc dans les Mémoires de l’A-cadémie des sciences (année 1719). Entière-ment oubliée, Dupetit-Thouars la développeplus d’un siècle après comme tout-à-fait nou-velle. Enfin, après des vicissitudes variées,tantôt combattue et sapée dans ses hases,elle vient d’être de nouveau soutenue pardes observateurs du plus grand mérite, en An-gleterre par Knight et I.indley, et en France surtout par M. Gaudichaud , qui néanmoinsl’a sensiblement modifiée en quelques points.Exposons d’abord brièvement les idées deDupetit-Thouars .
Les bourgeons qui naissent sur les jeunesbranches, à l’aisselle des feuilles, sont ap-pliqués sur le parenchyme extérieur, et leursfibres communiquent avec celles des jeunesscions qui les supportent.
Il existe un bourgeon à l’aisselle de toutesles feuilles; mais ce bourgeon n’est apparentque dans les plantes dicolylédonées, et parmiles monocotylédonées, dans la famille desGraminées seulement. Dans les autres plan-tes deiCC dernier embranchement, ce bour-geon est latent , et ne consiste qu’en un pointvital, susceptible, dans certaines circonstan-ces, dose développer à la manière des bour-geons apparents des dicotylédons.
Par leur développement, ces bourgeonsdonnent naissance à des scions ou jeunesbranches chargées de feuilles et souvent defleurs. Chacun d’eux a une existence enquelque sorte indépendante de celle des au-tres. Dupetit-Thouars les regardait commeanalogues, dans leur développement et leurstructure, aux embryons renfermés dansl’intérieur des graines, qui par leur germi-nation donnent naissance à une jeune tigeque l’on peut comparer au scion produit parle développement d’un bourgeon. Aussidonnc-t-il à ces derniers le nom d 'embryonsfixes ou adhérents, par opposition à celuid’embryons libres, conservé pour ceux querenferme l’intérieur de la graine.
Sur un jeune scion , ces bourgeons, exa-minés dans leur structure intérieure, com-muniquent directement avec le parenchymeintérieur ou la moelle. Or, cette moelle estd’abord verte, et ses cellules sont rempliesdcsucsaqucux. C’est dans ces fluides aqueux