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Tome premier.
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que les bourgeons puisent les premiers ma-tériaux de leur développement. Ils se nour-rissent donc aux dépens du parenchyme in-térieur, et, en absorbant les fluides qu’ilcontient, ils le dessèchent et le fontpasser àl’état de moelle proprement dite, plus oumoins opaque et sèche.

Dès que ces bourgeons se manifestent, ilsobéissent à deux mouvements généraux,l’un montant ou aérien, l’autre descendantou terrestre. C’est ici que Dupetil-Thouarsrapproche la structure et les usages desbourgeons de ceux des embryons-graines.Il considère en quelque sorte les bourgeonscomme des embryons germant. La couchede cambium, située entre l’écorce et le bois,est, pour le bourgeon, analogue au sol surlequel la graine commence à germer. Sonévolution aérienne donne naissance à unscion ou jeune branche ; tandis que de sabase , c’est-à-dire du point par lequel iladhère à la plante-mère, partent des fibresanalogues à la radicule de l’embryon, qui,glissant dans la couche humide du cam-bium , entre le liber et l’aubier, descendentjusqu’à la partie la plus inférieure du vé-gétal. Or, chemin faisant, ces fibres rencon-trent celles qui descendent des autres bour-geons, s’y réunissent, s’anastomosent entreelles, et forment ainsi une couche plus oumoins épaisse , qui prend de la consistance,de la solidité, et constitue chaque année lanouvelle couche de bois. Quant au liber,une fois formé , il ne change plus de natureet n’éprouve aucune transformation.

D’après ce court exposé, on voit que cesont les bourgeons qui jouent ici, par leurdéveloppement, le rôle essentiel dans laformation annuelle et successive des couchesligneuses. Les fibres qui partent de leurpoint de contact avec la jeune branche seconvertissen t donc en fibres ligneuses Quandon fait une ligature circulaire à une tige di—cotylédonée, il se forme, comme chacun lesait, un bourrelet"au-dessus de cette liga-ture, et des couches ligneuses cessent de seformer au-dessous du point embrassé. Du-pelit-Thouars expliquait de la manière sui-vante ce phénomène : Les fibres qui descen-dent de la base des bourgeons sont arrêtéespar la ligature. Elles s’accumulent donc surce point et y forment un bourrelet, d’autantplus épais que l’arbre est plus vigoureux et

plus en sève. La cessation de la formationdes couches ligneuses au-dessous de la liga-ture, provient de ce que les fibres qui lesforment ne peuvent franchir l’obstacle queleur oppose la ligature.

De nombreuses objections ont été présen-tées contre cette théorie. Nous les reprodui-rons ici en peu de mots. 1° Rien ne prouveque les fibres qui établissent la communica-tion entre les bourgeons et les branches quiles supportent, descendent depuis la base deces bourgeons jusque dans les racines. 2° Lesphénomènes du bourrelet circulaire forméà la suite de la ligature du tronc peuvents’expliquer par l’interception de la sève des-cendante, et de son accumulation au-dessusde l’obstacle ; de là, la non-formation denouvelles couches ligneuses au-dessous dela ligature. 3° Il est presque impossible deconcevoir comment des fibres aussi grêles etaussi molles au moment de leur formation,que celles qui unissent les bourgeons auxtiges, peuvent, dans un espace de tempsaussi court que celui durant lequel la tigeü’acfroit en diamètre, descendre de leurpropre poids, ou par une propriété inhé-rente en elles, du sommet d’un arbre de80 pieds, par exemple, jusqu’à sa base.i° Si ce sont les fibres descendant de la basedes bourgeons, qui constituent les couchesli-gneuses, lorsque dans la greffe en écusson oninsère un bourgeon d’un arbre à bois colorésur un individu à bois blanc, les fibres quipartent de ces bourgeons devraient conser-ver leur couleur, et les nouvelles couchesligneuses qu’elles forment en présenter unesemblable ; ce qui n’a pas lieu. 5° Enfin sic’est le développement des bourgeons quidonne lieu à la formation du bois, commentla première couche ligneuse a-t-elle pu seformer sur le jeune scion de l’année, puis-que aucun des bourgeons qu’il porte ne s’estencore développé, ou bien dans la tige desplantes annuelles, où les bourgeons sont àl’état latent?

Telles sont les principales objections faitesà la théorie de Dupetit-Thouars . Il est vraique ce savant avait répondu à chacune d’ellesd’une manière qu’il croyait péremptoire,mais qui n’a pas paru telle à la plupart desphysiologistes.

M. Gaudichaud, comme nous l’avons ditprécédemment, a adopté l’opinion de Du-