Band 
Tome premier.
Seite
58
JPEG-Download
 

58

ACC

développement du bourgeon qui la termine,et qui, en s’allongeant, forme un scion dontla hauteur s’ajoute à celle de la tige primi-tive. Ce bourgeon terminal communiqueavec les diverses parties de la tige ou de labranche qui le supporte, de sorte que, lors-qu’il se développe, les parties du jeune scioncommuniquent avec les parties correspon-dantes de la branche placée immédiatementau-dessous; mais à mesure que le jeunescion s’est allongé et qu’il s’est formé en luiune couche ligneuse et un liber, les partiesde la tige placées au-dessous ont éprouvéleur accroissement annuel en diamètre, c’est-à-dire qu'une nouvelle couche ligneuse s’estajoutée à celles qui existaient déjà, en s’ar-rêtant au point d’où le nouveau scion estparti. Chaque année, un nouveau bourgeonterminal, en se développant, donne nais-sance à un nouveau scion, qui augmenteainsi successivement la hauteur de la tige.

Si l’on se représente la forme allongée dechaque couche ligneuse plus large à sa par-tie inférieure, insensiblement amincie versson sommet, on reconnaîtra que le troncd’un arbre dicotylédoné est formé par unesuite de cônes creux dont le sommet est enhaut et qui sont emboîtés et superposés lesuns aux autres; mais le sommet du cône leplus intérieur s’arrête à la base de la secondepousse; celui de cette seconde pousse aucommencement de la troisième, et ainsi suc-cessivement; en sorte que ce n’est qu’à labase du tronc que le nombre des couches li-gneuses représente exactement le nombredes années du végétal. Ainsi, par exemple,une tige de chêne ou de tout autre arbrede dix ans présentera dix couches ligneuses,quand on l’examine tout-à-fait à sa base;elle n’en offrira que neuf à la hauteur de laseconde pousse, huit à la troisième, sept àla quatrième, et ainsi de suite, jusqu’ausommet,où elle n’en présentera qu’une seule.Cette disposition explique la forme coniquedu tronc des arbres dicotylédonés.

§ II. Tige des végétaux moxocotylédonés.

Nous nous sommes livré, dans ces der-niers temps, à des recherches persévérantessur ce point important de la physiologie desvégétaux, recherches que nous avons pu-bliées en grande partie dans la 6 e édition denos Eléments de Botanique et de Physiologie

ACC

végétale. Nous en extrairons ici les points lesplus importants.

La tige d’un végétal monocotylédoné offredes différences très tranchées, quand oncompare sa structure interne avec celle desdicotylédonés. En effet, le stipe ou tige li-gneuse d’un palmier ou de tout autre arbremonocotylédoné, ne présente pas, sur unecoupe transversale, cette succession de cou-ches emboîtées régulièrement les unes dansles autres, avec un canal médullaire aucentre et à l’extérieur une écorce com-posée de feuillets superposés. Toute lamasse se compose d’un tissu utriculaire danslequel les fibres ligneuses sont éparsessous la forme de faisceaux plus ou moinsépais. Chacun de ces faisceaux, plus nom-breux et plus serrés les uns contre les au-tres à la partie externe de la tige, con-tient à la fois des fibres ligneuses, desvaisseaux aériens de différente nature, etdes vaisseaux latiûfèrcs. Tout-à-fait à l’ex-térieur de la tige on trouve une véritableécorce, comme nous l’avons démontré etcomme nous le prouverons, en traitant spé-cialement de l’organisation de la tige et decelle de l’écorce, f'. Écokce.

Ainsi, en résumé, la tige des plantes mo-nocotylédonées se compose de faisceaux vas-culaires , épars au milieu d’un tissu utricu-laire qui en forme la masse, sans apparencede couches emboîtées. L’écorce y existe égale-ment, quoique moins distincte que dans lesdicotylédonés.Elle se compose d’un épidermede tissu utriculaire, et enfin de faisceaux detubes fibreux ( qui manquent quelquefois),mais ne formant jamais de feuillets. Le corpsligneux est une masse de tissu utriculairedans laquelle sont épars des faisceaux vas-culaires longitudinaux et plus ou moinsflexueux, distincts les uns des autres, plusnombreux, plus rapprochés et plus durs versla partie externe de la tige. Chaque faisceauvasculaire se compose : 1° de faisceaux aé-riens; 2° de tubes fibreux; 3° de vaisseauxlalicifères ; 4° de tissu utriculaire. Ces diffé-rents vaisseaux finissent par se lignifier avecle temps.

Leur direction dans l’intérieur de la tigeest partout à peu près la même. Ils forment,à partir de la base des feuilles auxquelles ilsvont tous aboutir, des arcs très allongés, àconvexité tournée vers le centre, de telle