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temps. On voit assez souvent les Champi-gnons s’allonger, devenir difformes ; leurschapeaux se former avec peine; ou bien ilsse recouvrent d’un duvet blanc plus ou moinsépais. Ces accidents s’observent quand l’airn’est pas suffisamment renouvelé et que lescouches sont trop humides. Comme celles-cisont alors d’un mauvais rapport, il faut lesplacer dans un lieu mieux aéré , et les arro-ser moins abondamment. L’établissement decouches est un moyen très avantageux pourseprocurer desChampignons pendant toute l’an-néc.On vend le blanc de Champignons commeles graines des plantes, et il peut se conserverpendant très long-temps sans perdre de sespropriétés. M. Tollard en a vu qui avait 20ans de conservation, et qui produisit deschampignons comme s’il eût été récent. Onpeut encore, quand des Champignons crois-sent dans certaines localilés, enlever la terreavec le mycélium qu’elle renferme, et latransporter dans des circonstances sembla-bles. C’est un moyen qui m’a parfaitementréussi pour me procurer abondamment etsans avoir la peine de le chercher, I ’Agaricusalbellus. Thore rapporte que, dans le dépar-tement des Landes, on sème 1 ’Agaricus pa-ir nn ci et le Bolelus edulis. Pour cela, on secontente d’arroser la terre d’un bosquetplanté de chênes, avec de l’eau dans laquelleon a fait bouillir une grande quantité deces deux Champignons. La culture n’exiged’autres soins que d'éloigner de ce lieu leschevaux, les porcs, et toute espèce de bê-tes à cornes, qui sont très friandes de ces 2plantes. Ce moyen ne manque jamais deréussir; mais nous laissons aux physiciens ànous expliquer pourquoi l’ébullition n’a pasfait mourir les germes de ces Agarics. {V.Pers. Champ, com. p. IG). M. Tenore, dansune lettre à Persoon, indique le moyen quel’on emploie pour se procurer l’ Agaricusneapolilanus , dont on fait une grande con-sommation à Naples . Je ne puis m’empê-cher de rapporter ce passage; quelques per-sonnes seront peut-être tentées de répéterl’expérience. — « Le champignon que voustrouverez ci-joint, se développe sur le marcde café pourri et gardé dans un endroit hu-mide , pendant 8 ou 10 mois. Ce n’est quedepuis peu d’années que le hasard le fitdécouvrir. De jeunes religieuses d’un cou-vent de Naples l’ont trouvé sur un tas de
marc de café mis a l’écart dans un coin om-bragé de leur jardin. Dès lors elles en ontrépandu la nouvelle, et à présent on se leprocure artificiellement; car ici, on a prisl’habitude de ramasser ce marc pendantquelque temps, en employant aussi celui desboutiques pour en faire une provision plusconsidérable. On le fait pourrir dans un potde terre cuite, non vernissé, déposé à l’om-bre, et on l’arrose pour y entretenir une hu-midité constante. Les Champignons parais-sent au bout de G mois environ; ils sont bonsà manger et d’un goût assez agréable. [V.Persoon, Mye. Europ. sect. terl. p.74.)
Rumphius (Ilerb. utrtb.) nous fournit 2exemples semblables. Une seule espèce d’A-garics, qu’il désigne sous le nom de Bolelusmoscliocaryanus , croît à Amboine et dansles îles voisines , sur les brous de noix mus-cades que l’on entasse dans les forêts, lors dela récolte de ces fruits. A l’époque des pluieschaudes, la décomposition s'opère et il sedéveloppe sur ces matières desChampignonstrès délicats que l’on ramasse et qui se ser-vent sur la table des riches. L’autre espèced’Agarics ou Bolelus saguurius se trouve éga-lement à Amboine et dans toutes les îles oùcroît le Sagits farinacea. Il naît sur les débrisentassés et pourris qui proviennent de cetarbre quand on prépare le sagou. Il est moinsdélicat que le précédent, et les habitants lerécoltent pourleur propre nourriture ou pouren engraisser les cochons et les poules. Lessangliers en sont très avides. Les personnesqui désirent cultiver cette esp., emportentdans leurs jardins des débris de sagou, lesentassent, et, comme les Napolitains, ob-tiennent en tout temps un aliment agréa-ble. J’ai cru devoir rapporter ces faits, parcequ’ils sont généralement peu connus, et qu’ilserait possible que dans nos pays on ren-contrât quelque espèce qui offrit les mêmesavantages.
Les Agarics ne sont pas remarquables seu-lement parleur forme et leur mode de dé-veloppement. Rumphius a le premier ob-servé qu’une espèce , qu’il appelle Fungusiyneus, est phosphorescente pendant la nuit.Ce phénomène, dont on ne possède pas en-core une théorie satisfaisante, malgré lesexpériences de M. Becquerel, a été observéégalement par M. De Candolle sur Y Atjari-cus olearius , qui croît très communément