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dans le midi de la France et dans le Levant.Les lames seules sont phosphorescentes ;mais la lueur qu’elles répandent, n’est pasdue à la décomposition duchampignon ni audéveloppement du Cladosporium umbrinum ,comme M. Fries semble le soupçonner; aucontraire, plus l’Agaric est vigoureux, pluselle est brillante. M. Delille dit que cettephosphorescence se manifeste seulementpendant la nuit, et qu’elle n’est pas visi-ble pendant le jour dans les souterrains lesplus obscurs. Les expériences que j’ai faitesà Smyrne ne me permettent pas de partagerl’opinion du célèbre professeur de Montpel-lier , et mon ami Steinheil, qui vient d’êtreenlevé si malheureusement aux sciences,avait fait en Afrique les mêmes observationsque moi.
Tous les jours on demande aux personnesqui s’occupent de l’étude des Champignons,comment on peut distinguer ceux qui sontvénéneux de ceux qui ne le sont pas. Cettequestion m’a mis bien des fois dans l'em-barras, et j’avoue que je ne sais encorecomment y répondre. On peut bien donnerquelques caract. généraux ; mais il est im-possible , quand on ne connaît pas suffisam-ment ces végétaux, d'en faire une juste appli-cation ; car les caract. sont souvent si légers,qu’il faut en avoir une grande habitude pourles saisir. Mathiole dit que l’on doit considé-rer comme Champignons vénéneux, ceuxqui croissent dans un endroit où il setrouve un clou rouillé, du drap moisi, au-près d’un trou de serpent ou au pied dequelque arbre à propriétés vénéneuses. Lesauteurs modernes conseillent de repousserceux que l’on trouve dans les lieux humi-des, ou à l’ombre dans les bois touffus;ceux qui au contact de l’air changent decouleur quand on les brise; ceux qui ont leslames colorées en brun, en jaune clair ouen bleu. Enfin, on doit regarder comme sus-pects ceux qui changent la couleur du pa-pier de tournesol; ceux qui colorent en brunune cuiller d’étain ou d’argent ; ceux enfin,qui donnent une couleur noire à l’ognon aveclequel on les fait cuire. La saveur ne fournitpas beaucoup de renseignements, car onmange plusieurs espèces de Galorrheus et deJiwmdu qui ont une saveur extrêmementâcre, mais qui disparaît par la cuisson. Onconseille au conlraire de manger les Cham-
pignons qui croissent dans les prés, sur lebord des forêts ; ceux dont les lames sontblanches ou rosées, ou jaune citron, dont lasaveur rappelle celle du champignon decouche. Il est évident que de semblables ca-ractères ne peuvent être d’aucune utilité ; ilfaut, pour manger des Champignons, suivrela routine du pays qu’on habite, ou les con-naître par leurs caract. particuliers ; autre-ment on s’expose aux plus grands accidents.Pour les usages domestiques, on accommodelesChampignons de différentes manières queje ne décrirai pas. M. Schxvægrichen , dansune lettre à Pcrsoon, dit, que dans un voyagequ’il fit en Allemagne , il remarqua dans lesenvirons de Nuremberg , que les paysansmangeaient des Champignons crus avec leurpain noir assaisonné d’anis ou de carvi. Cecélèbre botaniste les imita, et loin d’enéprouver une influence nuisible, il sentitcroître ses forces. J’ai observé, dit-il, queles Champignons, si l’on en use sobrement,sont très nourrissants; mais qu’ils perdentleur bonne qualité par la préparation culi-naire, qui, de plus, enlève leur goût na-turel.
J’ai goûté bien souvent en effet des Cham-pignons crus, et je leur ai trouvé un goûtplus délicat et plus prononcé que quand ilsétaient cuits ; mais on ne peut disconvenirqu’un grand nombre d’esp. détermineraientl’inflammation de la bouche et de l’estomac,si on ne détruisait par la coction le prin-cipe âcre et irritant qu’elles contiennent.Dans quelques pays, les Champignons sontd’une grande ressource comme aliment oucomme assaisonnement ; aussi les conserve-t-on en les faisant sécher, ou en les mettantdans de l’huile, du vinaigre, ou de la saumu-re. On les boucane même quelquefois. Par cesdifférents moyens on fait ses provisions pourtoute l’année. Les Champignons secs for-ment même une branche de commerce as-sez étendue et qui mériterait un peu plusde surveillance de la part de l’autorité. Oncroit généralement que la dessiccation dé-truit leur principe vénéneux; c’est une er-reur, et il est d’observation aujourd’hui,que les esp., qui à l’état frais sont dangereu-ses, le sont également après leur dessiccation.
On dit aussi que la cuisson détruit les pro-priétés vénéneuses des Champignons, ce quiest vrai; mais il faut alors les couper par