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morceaux, les faire bouillir, et Jeter l’eau quia servi à les faire cuire. C’est dans cet état,je pense, que l’on peut considérer tous cesvégétaux comme comestibles. Mais quellespeuvent être leurs qualités nutritives quandon les a dépouillés de tous leurs principes ?On ne peut y avoir recours que dans lesmoments de nécessité. D’après Braconnot, onpeut obtenir le même résultat en les fai-sant cuire dans de l’eau légèrement alcaline.Le principe actif n’est pas encore assez connupour qu’on ait une confiance entière dansce moyen. Tous les auteurs conseillent auxamateurs de Champignons de les mettre dansdu vinaigre étendu d’eau avant de les ac-commoder. C’est une précaution qu’il nefaut pas négliger, surtout pour ceux que l’onne connaît pas ; car aujourd’hui on a la cer-titude que le vinaigre dissout parfaitementbien le principe délétère de plusieurs espè-ces; et M. le professeur Kunth ( Ojjicin.Gewœchse ) dit qu’on les rend tous inno-cents en les faisant cuire dans cet acide.
On a observé que des Champignons quel’on mange tous les jours avaient étéquelquefois pernicieux. Ceci peut tenir àdes circonstances dont on n’a pas su se ren-dre compte. Ainsi ne doit-on jamais le? ré-colter quand ils sont trop vieux, quand leurscouleurs sont altérées , ou quand ils ontéprouvé un commencement de décomposi-tion; mais bien quand ils sont jeunes,parce qu’alors ils sont plus tendres, plusparfumés et d’une digestion plus facile.
Les accidents qui arrivent tous les ans, etles expériences faites sur les animaux, nousapprennent seulement à connaître les dan-gers et les avantages qui peuvent résulter dece genre d’aliment. Dans le premier cas,malheureusement pour la science, les esp.sont le plus souvent caractérisées d’une ma-nière si vague qu’il est impossible de les re-connaître. Les expériences sont précieusespour la science et la pratique, quand ellesont été faites par des hommes comme Schæf-fer, I’aulet, Bulliard , MM. Schwœgrichen,Orlila, Herlwig, Cordier, etc. L’analyse chi-mique nous a, j usqu’ici, peu éclairés sur leprincipe vénéneux des Champignons. Lestravaux de Bouillon-Lagrange, de Vauque-lin et surtout de Braconnot, renfermés dansles tomes 79 et 87 des Annales de Physiqueet de Chimie , nous ont appris que ces végé-
taux renferment une graude quantité d’-aude végétation; de la fungine que l’on jeutconsidérer comme un principe imméd at;un acide particulier ou fungique , le [lussouvent uni à la potasse; 2 matières tni-malcs, l’une insoluble dans l’alcool et dontla nature est peu connue, l’autre, qui aucontraire s’y dissout très facilement, et quiest l’Osmazome; de l’huile, de l’adipocire,de l’albumine, une espèce particulière desucre, et enfin quelques autres substanres,mais en très petite quantité. Le célèbreSchrader a trouvé dans YAgaricus musca-rius une substance rouge, âcre , solubledans l’eau et l’alcool et qu’il croit être la par-tie vénéneuse, puisque, administrée à depetits oiseaux, elle en a déterminé la mort.M. le docteur Letellier, dans sa dissertationinaugurale [Essai sur les propriétés chimiqueset toxiques du poison des Agarics à volva) atrouvé un nouvel alcali végétal auquel il adonné le nom A’Amanitine et dans lequel,selon lui, réside la propriété vénéneuse. Lesnombreuses expériences qu’il a faites ne lais-sent aucun doute à cet égard ; mais l’alca-linité de ce principe n’est cependant pas en-core parfaitement démontrée. Espérons quenotre estimable confrère, qui consacre à laMycologie, avec tant de zèle et de succès,les moments de loisir que lui laisse le péni-ble exercice de la médecine, répétera sesexpériences sur un plus grand nombre d’es-pèces.
Comme quelques personnes, passionnéespour les Champignons, ne craignent pasd’ex-périmenter sur elles-mêmes, je dois les pré-venir que ces essais ne sont jamais sans dan-ger. Le poison, en ellet, n’agit pas immédia-tement, mais constamment plusieurs heuresaprès l’ingestion, etmêrnequelquefoisquandla digestion est terminée. Les vomitifs et lespurgatifs sur lesquels on compte le plus pouren détruire les effets, sont sans action,parce qu’alors le poison circule avec le sang.On doit donc agir avec la plus grande pru-dence , comparer l'odeur, le goût, et lescaract. du champignon que l’on essaie , àceux des espèces dont les propriétés sontparfaitement connues et avec lesquels iloffre le plus d’affinités. Trattinnick, con-seille de garder long-temps un morceaude champignon dans la bouche, et de lerejeter comme suspect, si la saveur en est