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âcre ou repoussante. 11 vaut mieux n’enmanger qu’une petite quantité et sans mé-lange d’autre aliment. Alors on observe lesphénomènes qui ont lieu ; et s’il survientle plus léger symptôme du côté du cer-veau ou des voies digestives, il faut im-médiatement recourir aux évacuants par lehaut et par le bas; ne pas chercher à facili-ter la digestion ni à en neutraliser les effetspar le thé, le café, l'huile, le lait, le vinai-gre, etc. C’est en agissant ainsi que l’onparviendra a connaître les propriétés desChampignons. Les expériences faites sur desanimaux, comme les chiens, les chats, don-nent des résultats avantageux; mais je n’o-serais accorder la même confiance à cellesque l’on tenterait sur des grenouilles, ousur des animaux d’un ordre inférieur.
On croit que les mauvais Champignons nesont jamais attaqués par les limaces et lesinsectes : c’est une erreur ; tous sont attaquéspar des esp. différentes. Si VAyaricus mm-carius lue les mouches, s’il a causé la tor-peur à un triton lacustre, comme on pour-rait le penser d’après M. Ascherson, je puisassurer qu’il n’a aucune action sur la limacegrise; car pendant huit jours j’en ai nourriune avec ce champignon, sans que sa santé etson appétit en aient été altérés. Il est doncimpossible de tirer aucune conclusion for-melle des faits de ce genre.
Presque tous les empoisonnements par lesChampignons dont parlent les auteurs, etdont les journaux rapportent malheureu-sement chaque année un trop grand nom-bre d’exemples, sont produits par des in-dividus du g. Agaric, que des personnesimprudentes ramassent et mangent ordinai-rement avec confiance en assez grande quan-tité, et souvent on n’observe que des symp-tômes d’indigestion ,qui disparaissent aprèsle vomissement; car beaucoup d’estomacsne peuvent supporter les Champignons. Maisquand les esp. que l’on a mangées sont vé-néneuses, les symptômes sont bien dif-férents. « Les Champignons vénéneux, ditM. Orfila( Toxicol. t. 1, p. 409), ne manifes-tent leur pernicieuse action qu’un certaintemps après qu’ils ont été mangés. Ce n’estle plus souvent que 6 ou 7 heures après. Ils’en écoule quelquefois 12, 16, plus rare-ment 24, sans qu’on éprouve aucun symp-tôme. Les altérations graves de presque tous
les viscères prouvent que ce venin, ayantacquis toute son énergie par le moyen de ladigestion, se répand dans toute l’économie,y excite l’irritation la plus violente et uneinflammation qui dégénère promptement engangrène ; ce qui a lieu surtout avec plusd’intensité dans les voies digestives qui ontreçu le poison, et qui en conservent les res-tes dissous pendant plus long-temps. Lessymptômes que l’on observe sont des nau-sées, des envies de vomir , une salivationplus ou moins abondante , un malaise gé-néral, des sueurs tantôt chaudes, tantôtfroides, une soif vive, des douleurs dans letrajet de l’œsophage à l’estomac, ou danstout le ventre; l’urine est rosée, quelquefoissanguinolente; les selles sont fréquentes,fétides, accompagnées de ténesme ; le poulsest petit, fréquent, irrégulier. Quelquetemps après, agitation extrême, anxiété,refroidissement des membres, sueurs froi-des générales, altération des traits, colora-tion en violet du nez, des lèvres et de laface, hoquets fréquents, aberration des sens,vertiges, délire, Stupeur; enfin, la mort ter-mine cet affreux tableau, que l’on observele plus ordinairement sur plusieurs mem-bres de la même famille. »
Dans un rapport fait enjuin 1809 à la So-ciété de médecine à Bordeaux , l’auteur ré-sume ainsi toutes les altérations pathologi-ques qui ont été observées jusqu’à ce joursur les cadavres des personnes empoison-nées parles Champignons. «Tachesviolettestrès étendues et nombreuses sur les tégu-ments ; ventre très volumineux ; conjonctivecomme injectée; pupille contractée ; esto-mac et intestins phlogosés et parsemés de ta-ches gangréneuses; sphacèle dans quelquesportions de ce viscère; contractions très for-tes de l’estomac et des intestins, au pointque dans ceux-ci, les membranes épaissiesavaient entièrement oblitéré le canal; œso-phage phlogosé et gangrené chez l’un dessujets; chez un autre, iléum invaginé dehaut en bas, dans l’étendue de 3 pouces; unseul individu avait les intestins gorgés dematières fécales. On n’a trouvé chez aucundes vestiges de Champignons : ils avaient étécomplètement digérés ou évacués. Les pou-mons étaient enflammés et gorgés d’un sangnoir. Le même engorgement avait lieu danspresque toutes les veines des viscères abdo-