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Tome premier.
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AGA

AGA

minaux , dans le foie, dans la rate, dans lemésentère; taches d'inflammation et tachesgangréneuses sur les membranes du cer-veau , dans ses ventricules, sur la plèvre,les poumons, le diaphragme , la matrice etmême sur le fœtus d’une femme enceinte ;le sang était très fluide chez cette femme; laflexibilité extrême des membres n’a pas étéconstante. »

J’aurais pu passer sous silence ces dé-tails qui se rapportent plus à la médecinequ’à l’histoire naturelle; mais on voit un sigrand nombre de personnes manger desChampignons sans les connaître, qu’ellesprendront peut-être quelques précautions,en voyant quelles peuvent être les suites deleur imprudence. Quand on est appelé au-près d’une personne qui a mangé quelqueespèce vénéneuse, et qui éprouve des symp-tômes d’empoisonnement, il faut à l’instantmême provoquer le vomissement par unepotion émétisée, ou avec l'ipécacuanha; ad-ministrerun éméto-cathartique, afin d’éva-cuer les Champignons, s’il en restait encoredans l’estomac et les intestins. On fait en-suite boire assez abondamment au maladeune infusion de thé, de café, ou du bouillonde poulet. On conseille également de don-ner de l’eau vinaigrée ou une potion éthé-rée. Comme on ne connaît encore ni la na-ture du principe délétère, ni son antidote,il faut combattre les symptômes les plusalarmants parles movensque l’on jugera lesplus convenables. Les anciens praticiens ac-cordaient une grande confiance à l’ammo-niaque liquide. Mirabelli la recommandaitparticuliérement, et, tout récemment, unmédecin de Bordeaux , dont je regrette beau-coup de ne pouvoir citer le nom, en a obtenudes résultats si avantageux, qu’iln’hésite pasà regarder cette substance comme le contre-poison des Champignons vénéneux. Les ex-périences de Paulet et de M. Orflla ont prouvéque ce médicament était dangereux dansles premiers moments. On ne devra doncl’employer qu’après les émétiques et les pur-gatifs. M. Courhaut en a remarqué égale-ment les bons effets dans les empoisonne-ments par le seigle ergoté. On le donne à ladose de 5 ou fi gouttes dans un verre d’eausucrée ou de bouillon. Maintenant que quel-ques observations parlent en faveur de l’am-moniaque , un médecin aurait peut-être

quelques reproches à se faire, s’il négligeaitde l’employer dans ces tristes circonstances.

J’aurais désiré donner les caract. des es-pèces d’Agarics comestibles ou vénéneuses ;mais la nature de cet ouvrage ne le permet-tant pas, je me contenterai de les indicueren suivant les divisions qui ont été établiesdans ce genre par Persoon.

Amanites : l’ Agaricus aitranliacus Bull. ,et VA. cœsareus Schœff., que l’on connaîtsous le nom d’oronges, ne diffèrent que parla couleur du chapeau, qui est rouge cansla 1”, et jaune dans la 2 mf . Les Bomaim enétaient très friands et les regardaient commeles meilleurs Champignons. Chacun sait quel’empereur Claude mourut après en avoirmangé : les historiens accusent Agrippine d’y avoir ajouté du poison; Paulet pensequ’on a pu servir à cet empereur un metspréparé avec V Agaricus muscarius. C’est lechampignon dont on fait la plus grande con-sommation après l’Agaric des couches.

A. ovoïdes Bull, ou Oronge blanche, estune espèce aussi délicate et aussi recherchée,que la véritable oronge, dont elle est peut-être une variété.

A. solitarius Bull. J’ai rencontré quel-quefois cette esp. dans les environs de Paris .Bulliard et M. Ile Candolle disent qu’elle estdélicieuse. Dans quelques pays , cependant,on la regarde comme vénéneuse; peut-êtrela confond-on avec d’autres espèces.

A. rubescens Pers. ou Agaric verruqueuxde Bulliard; très commun dans les environsde Paris . Vittadini dit que l’on mange cetteesp. en Italie . M. Cordier m’a dit en avoirmangé plusieurs fois, qu’elle est excellenteet qu’il n’en avait jamais été incommodé.Krombhotz au contraire la regarde commevénéneuse.

A. muscarius L., ou fausse oronge ; c’estune esp. très dangereuse. On trouve dansles auteurs un grand nombre d’observationsqui le prouvent. Loesel dit que li hommesperdirent la vie après en avoir mangé. Ledocteur Vadrot, dans sa dissertation inau-gurale , rapporte l’histoire de plusieurs sol-dats français qui eurent le même sort en Rus-sie . Les expériences de M. Letellicr prou-vent également que ce champignon est vé-néneux. Mon confrère Cordier a vu cette an-née , dans 2 maisons différentes et le mêmejour, 10 personnes empoisonnées par ces