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Tome premier.
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en était muni. Colurnelle assura qu’Aris-toie s'était trompé, et qu'il avait pris pourun aiguillon un gros poil que le roi a dansle ventre. Pline s’étonnait que les mâles enfussentprivés ou qu’ils n’en fissent pas usage.Cette arme, que l’on désigne aussi vulgai-rement sous le nom de dard, est toujoursrenfermée dans l’intérieur du corps pen-dant l’inaction, et elle ne se montre au-de-hors, par la contraction des muscles fixés audernier segment de l’abdomen, qu’au mo-ment où l’insecte veut en faire usage ouqu’onl’inquièle, tandis que, dans beaucoupd’autres insectes et particuliérement chezles ichneumoniens qui ont une tarière quel-quefois très longue , elle est toujours sail-lante.

Cet appareil a été assez bien décrit dansles Abeilles par Swaminerdarn cl Réaumur.Ce dernier a donné de longs détails sur sastructure et sur les effets que produit le ve-nin qu’il sécrète ; mais c’est seulement dansI \4beille commune (//pis mcllijica) qu’il aété étudié d’une manière assez complètepour faire connaître l’aiguillon , car dansles autres Hyménoptères qui en §01lt pour-vus il n’en diffère que par de légères mo-difications dans la forme des pièces qui leconstituent.

En effet, l’Aiguillon, qui, à la vue simple,parait d’une si grande ténuité, est composéde plusieurs pièces qui ont reçu des nomsdifférents. Les unes sont essentielles commeles Stylets ; toutes les autres sont acces-soires. Ainsi, au moment ou l’Abeille le faitsortir, on n’aperçoit que l’enveloppe oul’étui de l’aiguillon. Les pièces que l’on dis-tingue sont une base, un étui et-deux sty-lets, qui constituent un dard renfermé dansl’étui. I.a base est composée de plusieursparties; Swammerdam en avait compté huit,et Réaumur a prétendu qu’il n’enexistaitquesix; mais, d’après d’autres observations, ilparaît évident que ce dernier a confondu enune seule 2 pièces que Swammerdam avaitdistinguées. Au reste, comme M. Audouin l’afait observer, il existe plusieurs inexactitudesdans les figures représentées par ces deuxauteurs, mais qui cependant sont suffisan-tes pour donner une idée assez exacte del’aiguillon, lorsque l’on fait abstraction desdétails. M. Duméril a fait connaître une nou-velle pièce, dont l’existence n’avait pas en-

core été signalée, et que nous croyons avoirbien reconnue; elle est située sur la lignemédiane, ayant la forme d’un V, dont lesbranches, dirigées en avant, s’articulentavec l’étui, et sont très probablement des-tinées à le ramener en dedans. Les autrespièces, au nombre de quatre de chaquecôté, sont jointes par une membrane so-lide, et forment par leur réunion, unesorte d’enveloppe qui entoure l’étui, et s’at-tache au dernier segment de l’abdomen.Quelques muscles s’insèrent à cette enve-loppe, dont les pièces en s’articulant entreles stylets, leur font exécuter la plupartde leurs mouvements. Deux corps dépen-dant de la base se font encore remarquerpar leur forme allongée et leur couleurblanchâtre; ils sont aussi membraneux,creusés en gouttière, et forment, parleurréunion , une sorte de gaine incomplète ,enveloppant la partie antérieure de l'étui.Réaumur pense qu’elle est destinée à garan-tir de tout contact les parties molles de l’ab-domen et de l’étui, et Swammerdam croitqu’elles servent à faire mouvoir l’étui d’a-vant en arrière; depuis, l’usage n’en a pasétéobservé d’une manière plus satisfaisante.

Vétui consiste en une tige cornée présen-tant à sa base un renflement que Réaumurdésigne sous le nom de talon , et qui, dimi-nuant sensiblement de grosseur, se termineen une pointe assez aiguë. Quand on exa-mine cette parlie, on s’aperçoit qu’elle neforme pas un cylindre parfait, mais qu’ellen’est qu’une sorte de gaine dans laquelle estlogé le dard ; car il existe à sa parlie infé-rieure une gouttière qui se prolonge danstoute sa longueur.

Le dard lui-même n’est pas simple, maiscomposé de deux stylets longs et effilés, quine remplissent pas complètement l’inté-rieur de l’étui, et s’appliquent l’un contrel’autre par leur face interne , qui est lisse ,aplatie et parcourue dans sa longueur parun sillon ; leur extrémité est très aigüe etmunie extérieurement de petites dents diri-gées vers la base. Ces deux stylets ne sontpas réunis dans toute leur longueur, ils s’é-cartent près du talon, et décrivent dans toutleur trajet une courbe très sensible. Swam-merdam et divers autres observateurs pen-saient qu’au moment où les deux stylels s’é-taient érartés, ils se trouvaient dégagés de