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AIL
AIL
Nous n’avons pas à nous occuper ici de l’é-tude des ailes considérées dans chaquegroupe d’êtres en particulier, ce qui nousentraînerait en des détails pour lesquels nousdevons renvoyer aux différents articles spé-ciaux de ce Dictionnaire ; nous nous conten-terons d’envisager actuellement ces organessous leur point de vue le plus général. Or, ilsprésentent à étudier un premier élémentconstant, leur charpente solide , qui n’estautre chose que celle diversement modifiéedes membres mêmes qu’ils représentent,puis un second élément destiné à compléterle premier, et dont toutes les formes se ré-duisent à deux.
Tantôt, en effet, cet élément est fourni parune portion de l’enveloppe générale du corps,par la peau étendue en une membrane à dou-ble feuillet, nue ou couverte d’appendices denature diverse. Telles sont ou ont été lesailes des Chéiroptères, des Ptérodactyles, etde la presque totalité des Insectes. Le rap-port des ailes de ce type avec les palmuresqu'offrent les pattes de la plupart des Ver-tébrés nageurs est fort remarquable.
Tantôt ce sont les appendices téguinçn-taires qui sont appelés à fournir cet élé-ment important. Les ailes des Oiseaux,et celles de certains petits lépidoptères quiportent le nom de Ptérophores, sont dans cecaset ce second type nese montre pas moinsfidèlement représenté que le premier dansla conversion des membres en appareils spé-ciaux de locomotion aquatique ; car l’agran-dissement des membres en surface , pour lanatation, par l’emploi des appendices tégu-mentaires, dont on trouve déjà des tracesbien manifestes dans la classe des reptiles,est, avec l’élargissement des pièces squelet-tiques des articles eux-mêmes, le seul,que nous sachions, qui se manifeste chezles articulés proprement dits, ou articulés àmembres articulés.
Mais j usqu’à quel point pouvons-nous dire,comme nous l’avons fait, que les ailes sonttoujours des membres modifiés ? C’est là cequ'il importe que nous établissions, si nousvoulons donner quelque valeur à la formuleque nous avons proposée. Mais c’est là aussi,nous ne devons pas le taire, ce qu’il y a deplus difficile dans l'histoire philosophiquedes Ailes , et nous n’espérons pas faire par-tager à tous nos lecteurs la conviction que
nous avons acquise à cet égard; ce seraitl’affaire d’un travail bien plus développéque ne peut l’être un article de la naturede celui-ci. Entre les ailes de ceux des ver-tébrés qui en possèdent et les membres an-térieurs , il y a sans doute une analogie denature à frapper les yeux les moins exercés;mais il n’en est plus de même des ailes desInsectes. Cependant, l’opinion qu’on doitles regarder comme des membres modifiésn’est pas à beaucoup près nouvelle dans lascience. Déjà Jurinc avait comparé les ailesdes Hyménoptères aux ailes des Oiseaux;mais Latreille était allé beaucoup plus loin,et en s’appuyant sur des analogies extérieu-res, dans un mémoire plein de cette saga-cité d’observation extérieure qui n’appar-tenait guère qu’à lui, il avait réfuté l’opi-nion de M. de Blainville qui voulait que cene fussent que des trachées renversées, et ily avait fait ressortir une foule d’analogiesfrappantes qui existent entre certaines aileset les membres de certains insectes ; mais ils’en était tenu là. llicn plus, craignant d’a-voir émis des doctrines trop audacieuses , ilétait revenu depuis sur ses premières asser-tions pour les abandonner en partie. M. Au-douin,tout en faisant ressortir les nombreusesressemblances qu’il y a entre ces deux ordresd’organes, combattit fortement l’idée quel’unfût l’analogue de l’autre; mais on voit assezcombien cette opinion avait d’attraits pourun esprit généralisateur comme le sien, caril va jusqu’à dire :
« Si nous ne partageons pas sur l’origine» des ailes l’opinion de Latreille , c’est parce» que leur position sur le dos et sur un seg-» ment pourvu déjà d’une paire de pattes,
» ne nous permettait pas de les considérer» comme les analogues de celles-ci ; le fait» de la ressemblance sous tous les autres rap-» ports n’en existait pas moins, etc. »
Une seule objection a donc arrêté M. Au-douin, et l’a conduit à proposer une autrethéorie des ailes des insectes. D’après lui,les ailes seraient des appendices bien dis-tincts des pattes par tous leurs rapports ana-logiques, et appartenant en propre à l’ar-ceau supérieur des 2” 1 ' et 3 m ' anneaux duthorax; chaque anneau devrait donc êtreconsidéré analogiquement comme possédantdeux paires d’appendices.
Les nombreuses dissections d’insectes que