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Tome premier.
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AIL

AU

dication d’un vol court et faible, comme celuiduTroglodyte [fig. 3), ou d’un vol précipité etbruyant, mais de peu de durée, comme celuides Gallinacés {fig. 4 , l’aile de la Perdrix).Dans ces 2 cas, les primaires sont courtes,presque égales entre elles, et d’une dimen-sion voisine de celle des secondaires et destertiaires. Ce caract. de brièveté se remar-que particulièrement dans les Plongeurs ouBrachyptères de Cuvier, chez les Plongeons,les Pingouins ; il est porté au maximum chezles Manchots {fig. 5), chez les Autruches, etchez tous les Brévipennes de Cuvier, où l’aileosseuse est tellement réduite, qu’ellese trouvehors de toute proportion avec la dimensionde l’oiseau. Entre ces 2 extrémités, les for-mes et les propriétés qui en dépendent sontmodifiées à l’infini.

Chez un assez grand nombre d’Oiseaux ,les primaires sont échancrées et rétrécies àquelque distance de leur sommet, commechez les Pigeons et les Faucons {fig. 6). Il estprésumable que ce rétrécissement des pre-mières pennes vers la pointe rend ces oiseauxaptes A fendre l’air avec plus de puissance.Mais il en estd’autres chez lesquels quelquesunes des l" s pennes se rétrécissent tellementtout-à-coup, qu’elles en deviennent quelque-fois filiformes à leur extrémité, comme chezles Coqs de roche {fig. 7 ). Certains Colingas ,beaucoup de Tyrans, de Pepoazas et de Mou-eherolles d’Amérique, sont dans le mêmecas. Quelquefois, la 2 e ou même la 4' penneéprouvent seules cette modification commechez les Bècardes, le Cotinga-oueae {fig. S).Cette particularité a-t-elle un but d’utilité, oun’est-elle qu’un jeu de la nature, comme leshuppes et autres ornements? c’est ce qu’onignore entièrement.

En observant avec attention le squelettede l’aile, nous avons reconnu que des 3 par-ties qui le composent, l’avant-bras est celledont la longueur ou la brièveté influe le pluspuissamment sur la qualité du vol. En effet,quelles que soient les dimensions comparati-ves de l’humérus, le vol est facile ou mêmerapide si l’avant-bras est long, soit qu’ildépasse de beaucoup la longueur de cet hu-mérus comme chez les Martinets, Hirondel-les, Colibris; soit qu’il ne la dépasse quemodérément comme chez les Oiseaux deproie diurnes, les Totipalmes , les Echas-siers voyageurs; soit enfin qu’il lui soit égal

comme chez les grands voiliers ; mais dansce dernier cas, ces 2 parties et même la3 mesont d’une longueur prodigieuse. L’humé-rus, au contraire, qui fait levier dans le vol,peut, sans nuire à la rapidité ni à la puis-sance de celui-ci, être très court, réduitpresque à ses apophyses d’articulations,comme chez les Martinets, Hirondelles, Coli-bris et les meilleurs voiliers. Alors, toutefois,ces apophyses ont un développement énorme,favorable à l’insertion des muscles moteurs.Quant aux os de la main, ils semblent avoirgagné en longueur et en largeur ce que l’hu-mérus a perdu de ses proportions. Tous lesOiseaux, pourvus de ce genre d’aile osseuse,ont un vol très rapide ou très facile, commenous l'avons déjà dit.

Chez les Oiseaux à vol précipité et bruyant,mais de peu de durée (Gallinacés), l’avant-bras est très court, et d’une longueur égale àl’humérus et au carpe ; ces 2 parties sontpar conséquent fort peu développées. Chezles Canards dont le vol, sans être très fa-cile , est aussi à battements précipités, maisde plus longue durée que chez ces derniers,on retrouve dans ces 3 parties des propor-tions presque semblables aux leurs. Cliezles Plongeons et les Grèbes, elles ont plus dedéveloppement; mais chez les Guillemotset les Pingouins, l’hurnérus, dont la longueurest médiocre, se termine par un avant-brasplus court encore; aussi ces esp. volent-elles très faiblement. L’avant-bras du grandPingouin, qui ne vole pas du tout, est re-marquablement court. Enfin, chez les Man-chots , entièrement privés de la faculté duvol et qui n’ont pas même vestige de plu-mes sur les ailes {fig. 5), les 2 premières par-ties sont très courtes, et la 3 ,,le plus longue ;mais toutes 3 sont élargies, comprimées ettransformées en véritables nageoires, qui neservent à ces oiseaux que pour la natation oul’immersion.

Conduits par nos propres observations àdonner à X Aile, considérée sous le rapport liesformes terminales, desqualificationsdifïéren-tes de celles dont se servent habituellementles ornithologistes, nous avons adopté lesépithètes dont s’est servi M.Isidore-Geoflroy-St-Hilairc dans la même occurrence. Commeces expressions sont encore peu connues,nous croyons devoir donner ici quelques ex-plications à ce sujet.