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plus solide du derme, est constituée par deslibres denses , comme feutrées, cribléesd'une infinité de trous qui livrent passageaux vaisseaux et aux nerfs. Cette premièrecouche est le chorion.
Les vaisseaux et les nerfs qui traversentle chorion forment au-dessus de celui-ci,en se réunissant en espèces de pinceaux ausein d’un tissu spongieux, érectile, une se-conde couche à laquelle il donne le nom decorps papillaire.
Vient enfin, en troisième lieu, la coucheexterne du derme. C’est un mucus sécrétépar les papilles que forme la couche précé-dente , une sorte de vernis gras et mou ,destiné à abriter la seconde couche et à luiconserver sa souplesse; c’est le corps mu-queux de Malpighi .
Nous devons dire que, sur l’organisationde cette troisième couche, il y a dissentimentparmi les anatomistes. Ce qui reste établi,c’est qu’elle est le siège de la matière colo-rante de la peau : matière diverse suivant lesraces, puisque c’est à elle que celles-ci doi-vent leur diversité de couleurs. — Bichatlui-même , qui n’a pas vu le mucus dontparle Malpighi , et pour lequel cette couche(corps muqueux) est un réseau de vaisseauxartériels, veineux, exhalants et absorbants,la regarde toutefois, comme étant, en mêmetemps que le siège de l’exhalation et de l’ab-sorption, celui de la matière colorante, oudu pigmentum, suivant l’expression généra-lement adoptée par les anatomistes.
Ce pigmentuin, sous-jacent à l’épider-me , est répandu partout; la peau , sans luid’un blanc fade, mat cl blafard, lui doitsa couleur; les poils et toutes les dépen-dances de la peau seraient sans lui d’unblanc de lait; il tapisse les membranes mu-queuses , et la bouche et les lèvres, parexemple, lui doivent leur teinte rosée. Ilrecouvre également la face postérieure del’iris et de la choroïde, et ce point a unegrande valeur dans l’histoire de l’Albinisme.
L’œil, qui n’est autre chose qu’un véri-table instrument de dioptrique (et cettecomparaison est presque triviale à forced’être vraie), l’œil , considéré sous ce rap-port , se montre, comme on sait, formé demembranes qui en constituent la charpente,de parties faisant ollice de ce qu’on appelleen physique corps réfringents , enfin d’un
diaphragme appelé iris , percé en son cen-tre d’un trou qui est la pupille , destinée àlivrer passage aux rayons lumineux, dontla direction s’est déjà modifiée en traversantla cornée et l’humeur aqueuse. L’iris, tapisséà sa face postérieure par le pigmentum ,remplissant dans toute son étendue l’officed’un corps opaque, réfléchit les rayons quiviennent frapper sa grande circonférence, etne laisse arriver jusqu’au cristallin, à tra-vers lequel ils se réfractent, que les rayonsqui ont traversé l’espace étroit que leur livrel’ouverture pupillaire. Si au contraire lepigmentum manque , alors l’iris, de corpsopaque qu’il était, devient transparent;et passant de l’état de diaphragme aux con-ditions de corps réfringent, tel que lacornée, l’humeur aqueuse, le cristallin etl’humeur vitrée , admet dans la dernièrechambre de l’œil, les rayons qu’il réfléchis-sait, et qui maintenant y arrivant commeà travers l’ouverture pupillaire, subissentseulement une réfraction de plus, et bles-sent alors infailliblement, par leur nombreet leur intensité, les nerfs optiques qu’aucuncorps opaque ne protège plus.Supposons qu’ilexiste un tel être, et nous devons compren-dre qu’en même temps que sa peau et toutesles parties qui en dépendent seront décolo-rées, sa vue sera d’une susceptibilité ex-trême; qu’une intensité de lumière, aisé-ment suportée par un être bien conforméle blessera; que le malaise qu’il éprouvera,imprimera à toute sa physionomie, lorsqu'ilsera exposé à un trop vif éclat, des mouve-ments convulsifs; que, dès lors, il fuira lalumière, et qu’il ne jouira enfin de toutesses facultés qu’à l’ombre ou dans l’obscu-rité. Or, telles sont les conditions de l’Albi-nos .
La valeur réelle de cette anomalie étantappréciée, quelle est maintenant la causede la décoloration de la peau ?
Le siècle dernier, qui a vu généralementdans les Albinos, une race ou nation à part,inférieure au nègre , n’a guère soulevé cettequestion. D’ailleurs AValfer assurait qu’auDaricn l’Albinisme était héréditaire ( faitqui au reste serait en rapport avec la per-sistance des races blanches dans les espècesd’une autre couleur). Fontenellc donnaitl’histoire d’un Albinos de Surinam , fils d’unnègre blanc, et l’auteur de la Philos, de la