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IVai., disait tenir des officiers de la Compa-gnie française des Indes , qu’il existait aucentre de Madagascar une grande peupladed’Albinos qui, se regardant comme supé-rieurs au reste des habitants de nie, refu-saient de contracter des alliances avec eux.BulTon lui-même, retraçant l’histoire des ra-ces humaines, adopta cette idée erronée, surla foi de Bibeiro, quand il en vint à parlerdes habitants de l’île de Ccylan (dans sonm me vol.), et chercha à expliquer cette exis-tance anomale d’une peuplade blanche , aumilieu d’hommes basanés, en supposantqu’ils provenaient originairement d’Euro-péens qu’un naufrage avait jetés sur la côte.Ce n’est que long-temps après qu’il pen-cha à admettre (sans toutefois se déciderpositivement à ce sujet) que l’Albinismepourrait bien n’ètre qu’une variété acci-dentelle. Quelques philosophes cependant,et, entre autres, l’auteur des Recherchesphilosophiques , le considérèrent comme unedégénérescence du Nègre; mais cette opi-nion parut insoutenable, lorsque lianks etSolander eurent vu des Albinos dans la merdu Sud, et en Amérique , au Darieih Main-tenant, il n’est plusguère de Contrée du globeoù on n’ai t observé des Albinos.Su ivan t le re-levé fait par M.-Isidore-Geoffroy St-Hilairc,les voyageurs en ont rencontré à la Nouv.-Guinée, aux lies des Amis et à celles de laSociété, à l'isthme de Panama, aux An-tilles, dans la Guyane, au Brésil, au Mexi-que, en Virginie et à la Louisiane, au Capde Bonne-Espérance, au Congo , et dansdifférentes autres parties de l’Afrique, à Ma-dagascar , à l’ile de France àCeylan, à Am-boine. à Manille , à Java, au Malabar, etc.La variété des noms qu’on leur a imposés(Bcdas ou Bedos à Ceylan; Cil acre las , Ka-krelas ou Kakerlaques à Java ; Dondos enAfrique ; Albinos dans l’isthme de Panama ;sans parler des synonymes tels que Kaker-laquisme , Leucœthiopie , Leucopathie , Leu-cose, que plusieurs auteurs leur ont donnés),cette variété, dis-je, témoigne suffisam-ment de leur peu de rareté. Maupertuis, deson côté, regarda l’Albinisme comme pro-venant d’une maladie héréditaire. Blumen-bach, Winterbottom, Sprengel, Otto, etc.,le considèrent comme le résultat d’unemaladie particulière. Hallé, Jefferson, Bé-elard, rejetant cette opinion, l’attribuent
à une modification de la peau : sentimentqu’adopte Mansfeld, et auquel il donne unehante importance en l’expliquant par la théo-rie de l’arrêt de développement ; applicationà laquelle Meckel avait déjà songé antérieu-rement.
Ainsi que le remarque l’auteur du Traitéde Tératologie , le dissentiment de ces sa-vants célèbres provient probablement de ladifférence des cas qu’il leur fut donné d’ob-server. Nul doute, en effet, que dans cer-taines circonstances, la peau et les cheveuxne soient susceptibles de perdre leur cou-leur, soit sous l’influence de causes morbi-des, soit par suite (et nous pouvons citerl’exemple historique et célèbre du comte deSt-Vallier) d’une trop vive impression mo-rale. Partant de ces vues, M. Isid. Geoffroydivise l’Albinisme , sous le rapport des cau-ses qui le font naître, en deux sections:l’une dépendant d’une maladie , et c’est àcelle-ci qu’il faut rapporter le résultat desexpériences dans lesquelles il a pu produirel’Albinisme d’une façon plus ou moins com-plète à l’aide de causes débilitantes ; l’autreconstituant une véritable anomalie, et quis’explique par l’absence plus ou moins com-plète du pigmentum, c.-à-d. par l’arrêt dudéveloppement de celui-ci, explications quevient encore corroborer la persistance mo-mentanée de la membrane pupillaire etl’existence permanente du duvet qui couvrele fœtus pendant la seconde moitié de la vieintra-utérine et qu’on remarque fréquem-ment chez les Albinos, particulièrementchez ceux de l’isthme de Panama . Quant àla cause même de cet arrêt, c’est un pointresté jusqu’à ce jour sans solution.
On le voit, réduit à n’être plus qu’un sim-ple cas d’anatomie, l’Albinisme perd tout sonprestige, et n’a plus même, on peut le dire,d’autre titre à l’attention du vulgaire que lasingularité d’habitudes et d’aspect qu’il im-prime nécessairement à ceux qui s’en trou-vent atteints et qui leur a fait donner, enparticulier par Buzzi, le nom d ’Uéliophobesqui rappelle l’aversion que leur inspire ialumière.
L’Albinisme ne constitue donc pas, commeon l’a cru long-temps, une race à part,mais une simple variété individuelle etaccidentelle. Alors tombent d’elles-mêmestoutes les théories que les philosophes, les