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Tome premier.
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naturalistes et les voyageurs du xvIIl n, • siè-cle avaient forgées sur les prétendues peu-plades d’Albinos ; alors s’écroulent ces opi-nions absurdes enfantées par des imagi-nations déréglées, comme celle qui, dansl’Encyclopédie , fait de l’Albinos un métisde l’Orang-outang et de la femme ; celle del’auteur des Recherches philosophiques , quiconsacre un article entier à démontrer qu’ilexiste dans la semence des Africains unprincipe vénéneux qui, en agissant sur lefluide nerveux, altère l’organisation du fœ-tus; celle puisée par le voyageur Waffer, chezles Sauvages de Panama, qui lui assurèrentque les Albinos naissaient de femmes qui,pendant leur grossesse, avaient regardé lapleine lune; et enfin cette autre opinionvraiment délirante, suivant laquelle la na-ture aurait posé dans l’Albinos une intelli-gence qui, longtemps latente, se fera jour àheure marquée, et lui assurera l’empire dumonde, après la destruction pxéalable detout le reste du genre humain, sur les rui-nes duquel il fondera enfin la meilleure desrépubliques.

Toutefois, l’opinion qui, dans l’absencedes certitudes de la science et de donnéespositives de la part des voyageurs, consistaità considérer les Albinos comme constituantune race à part, n’était pas absolument dé-pourvue de raison. On conçoit, en effet, quedes malheureux, maltraités et proscrits parleurs semblables* aient mis, en quelque sorte,leur infortune en commun, et que la réunionde plusieurs d’entre eux sur un même point,ait pu induire les voyageurs en erreur. Maisil est remarquable que, par un singulier con-traste , tandis que dans certaines régions del’Afrique , les Albinos étaient, à ce qu’il pa-raît , méprisés et haïs , le roi de Bantam, sil’on en croit le voyageur Bruyn, en avaitplusieurs en grand honneur à sa cour, parmises femmes ; qu’à Loango , ils avaient pourfonction spéciale de faire la prière en pré-sence du roi ; et enfin que Montézuma enentretenait plusieurs dans son palais.

Loin de n’exister que dans l’espèce hu-maine, l’Albinisme s’observe, au contraire,et très fréquemment, chez un grand nombred’animaux. Il n’est personne qui n’aitvu deslapins blancs ; il n’est personne qui ne con-naisse historiquement les célèbres éléphantsblancs si vénérés dans certaines contrées de

l’Orient. Ce sont là de véritables variétésalbines. Ajoutons qu’il est même plusieursespèces chez lesquelles, comme chez le daim,la couleur blanche paraît remplacer con-stamment la couleur normale. On trouveradans le Traité de Tératologie, l’énumérationdes espèces dans lesquelles l’Albinisme a étéobservé.Nous citerons,toutefois, comme étantles plus remarquables : parmi les Mammi-fères , la Taupe et la Barbaslelle ; parmi lesOiseaux, chez lesquels il se présente plusfréquemment encore, le Merle, etc., etc.

L’auteur de l'ouvrage cité, divise ie genred’anomalie qui nous occupe en :

1° Albinisme complet , caractérisé par ladécoloration générale et complète de la peau.C’est à ce genre que se rapporte plus spécia-lement tout ce qui précède.

2° Albinisme partiel , où certaines partiesseulement de la peau sont décolorées; sec-tion à laquelle doivent être rapportés leshommes ou enfants pies.

3° Albinisme imparfait, qui consiste sim-plement dans une diminution de la matièrecolorante.

On trouvera dans l’ouvrage déjà cité l’his-toire de chacun de ces genres. Nous termi-nerons en mentionnant les cas suivants etnouveaux d’Albinisme , dont nous devons lacommunication à l’obligeance de M. IsidoreGeoffroy :

1° Une anguille frappée d’Albinisme im-parfait sur tout le corps, sauf l’extrémité dunez et de la queue, qui étaient noirs. Toutle corps était d’un jaune tirant sur le nan-kin. Ce cas est, comme on le voit, tout à lafois, un exemple d’Albinisme imparfait etd’Albinisme partiel. Ce poisson avait étépris aux environs de Paris , et envoyé vivantau Muséum d’histoire naturelle par made-moiselle Taglioni.

2° Une écrevisse, frappée également d’Al-binisme imparfait. Elle était d’un beaubleu.

3° Enfin, plusieurs cas d’Albinisme com-plet, observés dans l’homme, et qui, extraitsd’unelettredeM. Retzius àM.Isid.Geoffroy,ne présentent toutefois rien de bien remar-quable. Deux d’entre eux étaient frères etnés à un an de distance. Un troisième, ac-tuellement vivant, est un homme de 50 ans,etjouitd’une bonne santé. (V. Meunier.)

ALBINOS, térat .-V. Albinisme. (C. d’O.)

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■r. i.