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Tome premier.
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a beaucoup écrit, et on lui doit un sel quiporte son nom : c’est le sulfate de soude,fort employé dans les arts et en médecine.A compter de ces deux hommes, la mé-decine et l’Alchimie se séparèrent. Condam-née à l’obscurité , cette dernière n’en a pasmoins continué sa carrière, et, de temps entemps, quelques adeptes dévoués n’ont pascraint de se livrer au ridicule en venant pro-clamer l’existence perpétuée d’une scienceque l’on regarde généralement comme per-due avec tant d’autres. Le dernier de cesadeptes est le docteur James Price , membrede la Société royale de Londres et chimistedistingué, qui a publié, sous le titre de:Relation de plusieurs expériences faites sur lemercure , l’or et l’argent, à Cuilfort, en mai1781 , dans le laboratoire du docteur JamesPrice , une sorte de procès-verbal,constatant,qu’en présence des magistrats et des per-sonnes notables de la ville, entre autres delord Palmerston , on a fait une série d’expé-riences dans lesquelles on a converti du mer-cure en or et en argent, selon la nature dela poudre que l’on employait. Dans une deces expériences, 12 grains de poudre blancheont produit (100 grains d’argent, et deuxgrains de poudre rouge ont produit 1 20 grainsd’or. Cette relation est imprimée tout au longdans le Mercure de France (février 1783).

Nous n’irons pas plus loin dans l’exposi-tion des faits; ce qui précède doit suffire pourprouver que tous les hommes dont nous ve-nons de parler n’étaient pas des insensés oudes fourbes : ce sont simplementdes hommespersévérants , opiniâtres , si l’on veut, qui,étant convaincus soit par les faits, soit parleurs lectures de la réalité de la science, ontconsacré leur vie à son étude, dans l’espoir,souvent déçu il est vrai, d’arriver à la pos-session des deux plus grands biens : la ri-chesse et la santé.

Mais quelles matières employèrent-ils?quelles préparations leur faisaient-ils subir ?et le travail terminé, comment employaient-ils d’une manière utile le résultat obtenu?C’est ce que nous allons tâcher de faire com-prendre dans le paragraphe suivant.

II. Des matières et des procédés de l’œuvre.

Tous les philosophes s’accordent en cepoint, que l’or et le mercure sont les deuxmétaux sur lesquels ils doivent travailler.Quelques uns ajoutent une troisième sub-

stance, l'esprit universel; ce sont ceux quisuivent la voie humide, et qui généralementhabitent les pays chauds. Ceux qui viventdans le nord suivent plus particulièrementla voie sèche : on verra pourquoi. Mais on setromperaitgrossièrement si l’on unissaitsim-plement l’or au mercure pour en faire unamalgame : on le cuirait des années entières,comme a fait Rob. Boyle, qu’il n’en résulte-rait que de l’or et du mercure amalgamés.Les philosophes se hâtent d’ajouter : Nos mé-taux sont vifs, et les métaux vulgaires sontmorts; l’or vulgaire, cependant, est la mi-nière de notre or, comme le mercure vul-gaire est la minière de notre mercure. Pourque ces métaux puissent nous servir, il fautles réduire à leur première matière;

JJoc opus, hic lultor est,et ce grand travail ne peut se faire qu’à l'aidede l’esprit universel, de l'âme générale dumonde; c’est de l’air qu’il faut extraire l’ai-mant qui doit attirer cet esprit universel :Aer générât mugnelem, magnes ver'o générâtvel apparere facit aerem nostrum. F.sl in acreoccultas vilœ cibus, etc., etc. Or, c’est cettehumidité aérienne qu’il faut recueillir aumoment de son apparition dans l’atmo-sphère, et avant qu’elle ne touche à aucunesubstance ; car dès qu’elle est en contact avecune plante, elle a perdu son caractère d’uni-versalité, et ne peut plus servir à l’œuvre.On devine qu’il s’agit de la rosée ; mais cen’est pas la rosée de nos climats froids : c’estla rosée des pays chauds , qui, par une éva-poration ménagée, laisse un résidu de 10 à12 pour cent de sel ; tandis que dans le nordon en obtient à peine 2 pour cent. Ce sel, quiest un nitrate de potasse ou un nitrate desoude sur les côtes de la mer, disparaît en-tièrement si l’on recueille la rosée sur desplantes. C’est ce sel qui, après avoir subiplusieurs préparations, dont quelques unessont assez curieuses, sert à attirer l’esprituniversel à certaines époques de l’année, etdans des circonstances atmosphériques par-ticulières. La purification de ces trois sub-stances est ce que les adeptes appellent lestravaux d’Hercule . Alors on ne compte plusles jours et les nuits ; on ne quitte le labora-toire que quand une opération est terminée,et elle dure souvent plusieurs jours. Ces tra-vaux préparatoires, auxquels un hommeseul ne saurait suffire, se prolongent quel-