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Tome premier.
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quefois pendant un an, mais au moins pen-dant six mois.

Tout ce long travail doit donner en résul-tat un triple produit : 1° un or exalté, réin-crudé (ce sont les expressions consacrées),pulvérulent, et qui doit se dissoudre en to-talité dans l’esprit de vin (comme preuve);2° un mercure d’une limpidité et d’une flui-dité sans exemple: c’est Veau qui ne mouillepan les maint ; 3° une eau visqueuse, limpide,et d’une transparence parfaite : c’est le laitde la vierge , qui va nous servir à nourrir lenouveau-né.

Arrivés à ce point, le reste, disent-ils,n'est plus qu’un travail de femme et un jeud’enfant. Enfin il ne s’agit plus que de réu-nir les matières , de faire le mariage. Il y adans d’Espagnet le fameux canon 58 : Reeipevirtjinem alalam, optimè lotam et mundatam ,etc., que les philosophes regardent commele vrai mode de faire la conjonction dontnous parlons. On prend un vase qui peut seboucher hermétiquement , et d’une capacitéassez grande pour que les deux tiers restentvides ; on y met, dans des proportions re-quises, les deux matières solides, savoir: leserviteur rouge et la dame blanche, le roi etla reine, Gabritius et lleiju , etc., etc., millenoms divers, et on y ajoute assez d’humiditépour que l’aridité stérile ne se manifestepas. Tout bien clos et scellé, on dépose levase dans un lieu secret, assez éclairé pourque l’artiste puisse voir le travail intérieurA mesure qu’il se développe , sans que le so-leil cependant puisse jamais le frapper.

Le vase ainsi déposé, et qu’on appellel 'œuf, parce qu’il en a la forme , reçoit unechaleur qui ne doit jamais dépasser 32° R.,ou la chaleur de l’incubation : tout seraitperdu si la matière recevait de 40 à 50°.

Au bout de quarante jours de l’inhumation(quelques uns l’appellent ainsi), la matièredevient noire, puis déplus en plus noire, ni-grum nigrius nigro. C’est le règne de Saturne,qui dure aussi quarante jours. L’humides’élève dans le vase et retombe en gouttes :il pleut sur la terre. Au noir succèdent descouleurs très variées : c’est la queue de paon,le règne de Jupiter et de Junon , dont la du-rée est presque égale à celle de leur père ; uncercle blanc commence à paraître à la cir-conférence du vase, puis il augmente, et latotalité de la matière qui avait été noire

devient blanche : c’est le règne de la Lune .Vient ensuite Vénus à la couleur citrine ,laquelle passe successivement à l’orangé,puis au rouge coquelicot, puis à la couleurde rubis. C’est le manteau de pourpre quirecouvre le nouveau roi plus vaillant queson père.

Quelques auteurs ne font mention que detrois couleurs principales : le noir, le blancet le rouge : Tria pulcherrimorum jlorum inliorto sapientium généra perquirenda , imo in~venientla sunt : puniceæ violœ , candens liliumet purpureus immortalisque amaranlus ( Ar-can. Hermel. philos, canon., lui). Un traitéde chimie écrit dans ce style n’aurait pasaujourd’hui beaucoup de lecteurs ; à l’épo-que où celui-ci parut, en 1608, il fit l’admi-ration des amateurs de la science.

Le plus difficile est fait. On a alors la vraiematière delà pierre; et beaucoup d’auteurs,Artéphiusentre autres, ne commencent leurlivre qu’à l’époque où nous sommes arrivés,sans faire mention de tout ce qui a dû pré-céder. La pierre, dans cet état, ne peut ser-vir encore ni pour la médecine ni pour latransmutation : afin de lui donncrces quali-tés, on recommence trois fois à l’bumecteret à la cuire comme auparavant : coque et ite-rum coque, disent quelques auteurs; c’est làl’œuvre tout entier, en faisant allusion àcette dernière partie du travail. Au bout deces trois réitérations ou rotations, comme onles appelle,on a la médecine,qui prend le nomd’élixir-, lorsqu’on l’a fait dissoudre dans lemême liquide et qu’on l’a tenue au feu pen-dant 40 jours, la couleur se fonce, et l’on aune liqueur couleur de grenat, dont quel-ques gouttes dans un véhicule quelconque,vin, bouillon, eau de plantes, suffisent, disentles auteurs, pour guérir les maladies les plusinvétérées.

Lorsqu'il s’agit de la transmutation, oncombine la poudre avec son poids,d'or fin;on humecte et on remet cuire encore 40 jours ;et on a alors non seulement une poudre deprojection très énergique, mais un levain desplus actifs. En résumé, on voit qu’il ne s’a-git que de faire absorber par de l’or conve-nablement préparé une proportion considé-rable de cette eau céleste, recueillie avectant de précautions et conservée à l’abri dela lumière. C’est au moyen de cette eau quel’or devient un levain, et qu’il est rendu vé-

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T. I.