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AN A
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ration pendant les sécheresses, on s'accro-che aux branches qui pendent sur l’eau,pour éviter d’être emporté lors des grandesinondations. Quelque peu prouvées, et j’a-jouterai même, quelque peu probables quesoient ces deux assertions, le poisson au-quel on les a rapportées n’en constitue pasmoins un g. fort remarquable , et tout àfait particulier. Son caractère consiste dans laforme courte et arrondie du corps à la régiondes pectorales. Vers la queue il est un peucomprimé. La tête est arrondie, et couver-te partout d’écailles fortes, dentelées, sem-blables à celles du corps, laissant à peinevoir les pièces operculaires. Le sous-orbi-taire antérieur est fortement dentelé; lesbords de l’opercule, du sous-opercule et del’interopercule, sontégaleinent dentelés; maiscelui du préopercule est lisse et sans dente-lures. Des dents eu velours garnissent lesmâchoires, le devant du chevron du vomer,et la base de cet os sous l’arrière du crâne.C’est une disposition unique dans les pois-sons. La membrane branchiostège a 6 rayons.La ligne latérale , d’abord voisine du dos ,s’interrompt pour recommencer sous le mi-lieu du tronçon de la queue, et venir seterminer à la caudale.
A ces caract. extérieurs il faut ajouterque les 2« et 5= pharyngiens supérieurs s’é-talent en une lame très mince, plus ou moinscontournée , et forment ainsi une sorte defraise cachée sous les os élargis du crâne,qui constitue de chaque côté de la tête,un peu au dessus des branchies ordinai-res, cet appareil appelé autrefois branchiessupplémentaires , que M. Cuvier a nom-mé pharyngines labyrinthiformes , et quiest devenu le caract. et la dénominationde la famille dans laquelle M. Cuvier classece poisson, avec l’Osphromène, le Colisa, etautres espèces voisines. Il faut encore ajou-ter que les Anabas ont une seule dorsale etune longue anale, armée chacune d’un trèsgrand nombre de rayons épineux; les ven-trales petites et thoraciques. Le foie estpetit, l’estomac médiocre; le nombre desappendices ccccaux n’est pas considéra-ble. La vessie natatoire a ses parois trèsminces; elle est bifurquée en arrière, etchaque corne pénètre le long des apophysesinférieures des vertèbres caudales, dans lesmuscles de la queue. Ce que ces poissons
présentent de plus extraordinaire dans leurorganisation est leur appareil labyrinthifor-me. On l’a généralement regardé commedevant aider ou même suppléer l’appareilrespiratoire ; mais il me reste encore biendes doutes sur les fondions de cet organe.M. Cuvier se demandait si les vaisseaux quirampent sur la surface des lames pharyn-giennes viennent d’une branche de l’artèrebranchiale ou de l’artère dorsale, c’cst-à-di-re de l’aorte des poissons ; mais, dans cecas, ces lames recevraient du sang artérielvenant d’être hématose dans la branchicordinaire, laquelle ne doit plus avoir besoinde respirer de nouveau. Mais , dira-t-on ,quand le poisson n’est plus dans l’eau, sabranchie ne sert plus à la respiration. Cetteobjection serait contraire à ce que nous sa-vons de la respiration des poissons, et, sil’eau est retenue entre les laines de l’ap-pareil pharyngien , il est impossible qu’ellene donne pas assez d’humidité à la branchiepour que celle-ci puisse respirer. D’ail-leurs, combien de poissons restent des joursentiers hors de l’eau sans continuer de re-spirer! et l’anguille de nos eaux douces, etles doras d’Amérique , qui vont, par terre,chercher une autre flaque d’eau, quand cel-le où ils se tenaient vient à se dessécher !
J’ignore l’usage de ces organes; mais jecrois qu’ils ont une toute autre fonction quecelle qu’on leur attribue.
Les Anabas vivent très long - temps horsde l’eau; aussi les jongleurs indiens ont-ilstoujours de ces poissons avec eux pour enamuser le peuple.
On ne connaît qu’une seule esp. d’Anabas,répandue dans toute l’Inde , et dans les îlesde son archipel. C’est un petit poisson, quine dépasse guère 0 ,n ,160. Sa couleur est ver-te, sombre, quelquefois rayée en traverspar des bandes plus foncées. On le mange àcause des vertus médicinales qu’on lui at-tribue , car sa chair est fade, sent la vase ,et est remplie d’arêtes. DaldorlT, lieutenant auservice de la Compagnie des Indes, l’a publieen 1797, et l’a nommé Perça scandons, af-firmant avoir pris un de ces poissons, en novembre 1791 , dans la fente de l’écorce d’unpalmier de l’espèce du florassus flabellifor-mis; que le poisson, déjà à 1 m ,70 au des-sus de l’eau , s’elforçait de monter encore,en s’attachant à l’écorce par les épines de