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Tome premier.
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ANA

AN A

pavillon de la trompe était déjà une excep-tion bien connue des anthropotomistes.

Qui aurait imaginé, avec les idées re-streintes que donne l’Anatomie humaine,que le péritoine peut se prolonger en deuxcanaux étroits jusqu’à l’extrémité de la ver-ge, ainsi que nous l’avons découvert dansles mâles des Tortues, et publié dès 1805(Leçons d’Anal. comp., t. V, p. 114 et 115,1 re édition), et que MM. Isidore Geoffroy et Martin Saint-Ange l’ont vu dans la ver-ge des Crocodiles en 1826.

L’Anatomie des animaux peut être plusou moins analytique, plus ou moins judi-cieusement comparative.

C’est en analysant successivement les or-ganismes dont les formes extérieures se rap-prochent, et ceux qui s’éloignent les uns desautres par ces caractères extérieurs, qu’elleparvient à reconnaître tous les rouages deces machines plus ou moins compliquées,et le rôle qu’ils jouent dans la vie.

C’est seulement après cette analyse, sou-vent répétée, multipliée sur un grand nom-bre d’animaux, que l’Anatomie comparéeparvient à déterminer les circonstances or-ganiques qui peuvent faire l’objet de sescomparaisons. Cette science montre d’ail-leurs , nous ne cesserons de le dire , biendes degrés de perfection dans ses analyses ,dans l’étendue et la justesse de ses compa-raisons, et dans les jugements qu’elle entire.

Lorsqu’elle restreint à une seule classe ,comme l’a fait Vicq-d’Azyr , dans son Sy-stème anatomique, l’étude des organes ap-partenant à une môme fonction, elle estloin de pouvoir atteindre aux généralitésscientifiques qu’elle doit embrasser.

Il était réservé au génie de Cuvier d’é-lever l’Anatomie comparée, en suivant lestraces d’Aristote , au point de vue élevé etessentiellement physiologique des compa-raisons à la fois les plus détaillées, les plusanalytiques et les plus étendues.

Dans son discours d’ouverture du premiercours d’Anatomie comparée qu’il a fait auJardin des Plantes , en décembre 1795, M.Cuvier annonce vouloir donner la préfé-rence à la méthode physiologique sur laméthode zoologiquc , qui étudie classe parclasse l’organisme animal. Il prévoit qu’enprenant chaque organe séparément, qu’en

étudiant successivement les diverses modi-fications que cet organe éprouve dans toutesles classes, il sera conduit à toutes les com-paraisons , à toutes les inductions qui pour-ront avancer la physiologie, le lirai but,ajoute-t-il, de la Zoologie .

Ce n’est pas que cette méthode physiolo-gique soit exempte de difficultés. Il faut à lafois un esprit juste, exercé et pénétrant,pour reconnaître et déterminer un mômeorgane à travers toutes les différences destructure, de forme, de développement, deposition, et même de connexion, qu’il peutsubir dans toute la série animale. Citons-enquelques exemples, afin de rendre nos idéesplus claires, plus élémentaires.

Les anatomistes ne sont pas unanimes surla détermination des différentes parties del’encéphale des poissons, ou sur leur ana-logie avec celles de l’encéphale des troisclasses supérieures des Vertébrés. Plusieursnomment tubercules optiques ce que les au-tres considèrent comme des lobes cérébraux,etc., etc. ( Hist. natur, des Poissons , parMM. Cuvier et Valenciennes , t. I, p. 420. )

Ils ont reconnu un équivalent du Pan-créas , organe qui existe indubitablementdans les trois classes supérieures des Verté-brés, dans de petits tubes aveugles qu’onrencontre , chez beaucoup de poissons os-seux, autour de l’origine du canal intesti-nal ; ils ont même compris qu’en l’absencede ces boyaux pyloriques, certaine modi-fication glanduleuse de la muqueuse intesti-nale, telle qu’on l’observe chez les Cyprins,pouvait remplacer les cæcums pyloriques.

Pour arriver à cette détermination dedeux organes ainsi fondus l’un dans l’autre ,dans ce dernier exemple, il fallait avoir ob-servé le pancréas, l’avoir comparé dans l’Es-turgeon , où il continue à se lier avec l’in-testin, et tend à se diviser en tubes; dans lePolyodon, où cette division est déjà plusapparente; dans \eXiphios gladius, chez le-quel elle est évidente, quoique encore trèscompliquée , jusqu’aux poissons où l’on necompte plus que quelques cæcums pylori-ques, qu’un seul même (Mugil albula).

Meckel avait méconnu l’existence de larate chez la plupart des Ophidiens, parcequ’elle y est soudée avec le pancréas et con-fondue en apparence en un seul organe. Unexamen attentif, une analogie de la structu-