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Tome premier.
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leurs limites ; soit que l’on ait en rue la via-bilité des organismes ainsi déformés, et quel’on veuille en tirer la conséquence du rôleque joue, relativement à la durée de l’exi-stence normale, tel ou tel rouage qui achangé de rapports, qui est en excès, ouqui a disparu dans l’organisme déformé (1).

L’ensemble de ces déductions de l’Anato-inic des monstruosités constitue cette partiede la science de l’organisation qu’on appelleTératologie , des mots grecs répxç, pro-dige, monstre, et Wyos, discours.

5 6. — Anatomie philosophique,transcendante et spéculative.

L’Anatomie devient philosophique , outranscendante et spéculative, lorsqu’elleétudie l’organisation en elle-même pour enexpliquer les lois; pour révéler celles quesuivent les organismes dans leurs différentsdegrés de composition , dans leur dévelop-pement; pour en tirer les conséquences lesplus générales sur l’origine, la durée et leslimites de la variabilité des espèces; pourapprécier enfin les conditions de l’existence.

On concevra facilement que cette partiede la science de l’organisation aura des de-grés de certitude très différents , suivantqu’elle revêtira le caractère des sciences deraisonnement, qu’elle conservera celui dessciences d’observation, ou qu’elle prendraun caractère mixte entre les unes et les au-tres.

Dans le premier cas, elle aura le droitd’aspirer à la certitude mathématique, etelle en approchera beaucoup.

Dans le second , ses propositions conser-veront le degré de certitude des sciencesd’observation, lorsqu’elles seront logique-ment déduites de faits bien observés, incon-testables.

Dans le troisième , elle pourra devenir deplus en plus spéculative, lorsque, s’élan-çant dans l’espace au dessus des faits qui ontété son point de départ, elle ne les contem-

(1) Voir le t. II de la Philosophie anatomique,qui traite des monstruosités humaines, par VI. lechevalier Geoffroy Saint-IIilaire, Paris , 1822, pourles principes de classification des monstruosités etles limites des déformations. Voir encore le Trai-té de Tératologie , par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire .

plera p/us que de loin, qu’elle étendra sonhorizon au delà du cercle où ils sont renfer-més, qu’elle les perdra même entièrementde vue, et qu’elle finira par ne plus s’ap-puyer sur la base solide de l’observation.

L’Anatomie philosophique est une créationdu siècle actuel. Dès 1800, Cuvier en pu-bliait les bases dans ses Considérations surl’économie animale, qu’il a mises en tète del’ouvrage des Leçons ( § I, p. 45-60. Pa-ris , an VIII, 1800). On y trouve surtout(art. IV) les principes les plus incontestables,l’exposé le plus clair de la loi des conditionsd’existence , qui domine, à notre avis, et àlaquelle sont subordonnées toutes les autreslois de l’économie animale.

Nous croyons devoir transcrire ici une gran-de partie de cet exposé, comme exemplepropre à donner une idée juste de l’Anatomiephilosophique, de cette science de l’organi-sation dont nous cherchons à faire compren-dre la nature ou l’essence et toute la valeurpar l’appréciation impartiale de ses différentsdegrés de certitude.

Après avoir esquissé les principales diffé-rences dont les organes affectés à chaquefonction animale sont susceptibles, SI. Cu-vier fait sentir qu’on pourrait supposer cel-les d’un organe unies successivement aveccelles de tous les autres, et qu’on produiraitainsi un nombre très considérable de com-binaisons organiques , qui répondraient àautant de classes d’animaux.

« Slais, ajoute le fondateur de l'Anatomie» comparée, ces combinaisons, qui paraissent» possibles lorsqu’on les considère d’une» manière abstraite, n’existent pas toutes» dans la nature , parce que , dans l’état de» vie, les organes ne sont pas simplement» rapprochés, mais qu’ils agissent les uns» sur les autres, et concourent tous ensem-» ble à un but commun. D’après cela , les» modifications de l’un d’eux exercent une» influence sur celles de tous les autres.» Celles de ces modifications qui ne peu-» vent pas exister ensemble s’excluent réci-» proquement, tandis que d’autres s’appel-

» lent pour ainsi dire.C’est sur cette

» dépendance mutuelle des fonctions, et ce» secours qu’elles se prêtent réciproque-» ment, que sont fondées les lois qui déter-» minent les rapports de leurs organes, et» qui sont d’une nécessité égale à celles des