Band 
Tome premier.
Seite
446
JPEG-Download
 

446

ANA

ANA

» lois métaphysiques ou mathématiques :» car il est évident que l 'harmonie conve-» nable entre les organes qui agissent les» uns sur les autres est une condition né-» cessaire de l’existence. »

Il y a dans cette grande et première loides conditions d'existence la cause finale dela durée de la vie, pendant un temps déter-miné, pour chaque individu, pour chaqueespece.

Toutes les causes finales, ces nombreusesmodifications organiques qui font varier àl’infini les rapports des êtres animés et lesfonctions particulières dont se compose leurexistence, sont subordonnées à cette pre-mière nécessité.

L’observation certaine montre qu'entreles limites assez étendues des conditionsd’existence il y a de grandes variations dansla composition des organismes.

« Tel organe est à son plus haut degré de» perfection dans une espèce, et tel autre» l’est dans une espèce toute différente »(Ibid.)

D’un autre côté, la vie ne saurait être éle-vée à un certain degré dans un organe oudans un système d’organes , qu’elle ne soitdiminuée dans les autres parties (1).

Après avoir reconnu les limites assez éten-dues que la loi des conditions d’existence aposées pour les différentes combinaisons or-ganiques ; après avoir établi que le nombrede ces combinaisons diminue avec l’impor-tance des organes ou des systèmes d’organes,qu’il augmente au contraire et se multiplie àl’infini dans toutes les parties accessoires ;après avoir signalé ces dégradations succes-sives que suit un même organe , jusqu’à cequ’il n’en existe plus qu’un vestige (2) et com-me pour témoigner du plan général d’organi-sation d’après lequel l’organisme dont il faitpartie a été conçu;

Après cette loi du balancement des forcesdestinée à devenir l’un des fondements lesplus solides de la philosophie médicale; ilrestait à reconnaître et à démontrer la loi dubalancement des organes , ou de l’accrois-sement , du développement inverse de cer-

(1) Réflexions sur les corps organisés Magasinencyclopédique, par C. L. Millin, p. 470. Paris ,t" brum. an 8 (17991.

(91 VI. Cuvier, ibid.

taines parties corrélatives, dans un seul etmême organisme. Cette loi achève de donnerl’intelligence des modifications si nombreu-ses d’un même plan de composition des or-ganismes appartenant à une seule classe ouà un seul type; elle explique surtout les li-mites des déformations organiques , et c’estparticulièrement l’étude de ces déformationset l’aperçu profond de ces limites qui pa-raissent avoir révélé cette loi à son illustreauteur, SI. Geoffroy Saint-IIilaire (1).

L’Anatomie philosophique étudie l’ensem-ble des organismes ou leurs différentes par-ties , indépendamment de leurs usages. Ellecherche à découvrir les similitudes ou lesanalogies que présentent ces organismesdans leur composition ; elle s’applique à dé-terminer les parties qui sont identiques, mal-gré les différences de leur emploi.

Son degré de certitude, dans cette voie ,dépend du rapport des faits observés avecles conclusions qu’elle en tire.

Lorsque ses propositions sont rigoureuse-ment déduites de l’exacte observation, nousne cessons de la considérer comme vraimentphilosophique.

Ainsi l’unité de plan de certains groupesdu règne animal, des Vertébrés par exem-ple, est une vérité bien démontrée , formantun des principes les plus incontestables del’Anatomie philosophique. Mais cette partiefondamentale de l’Anatomie n’est plus quespéculative; elle devient plus ou moinsconjecturale lorsqu’elle s’efforce de ratta-cher les innombrables différences de l’orga-nisation à une unité idéale de formation oumême de composition.

Cette unité semblerait, au premier aperçu,devoir être pour l’anatomiste ce qu’est pourle peintre ou le sculpteur l’idéal de la beau-té. Mais il y a cependant cette grande diffé-rence, que le génie de l’artiste peut réaliser,peut matérialiser sa création sur la toile oule marbre ; tandis que l’Anatomie spéculati-ve n’a pas la puissance d’individualiser lasienne, et qu’elle est destinée à rester dansle vague de l’idéologie.

Si la détermination d’un même organe ,remplissant une même fonction, devientquelquefois très difficile , ainsi que nous l’a-

(t) Philosophie anatomique des difformitéshumaines, p. 39 cl 2i0. Paris , I822.