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Tome premier.
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Après ces différentes manières d’envisagerl’Anatomie ou la science de l’organisationconsidérée en elle-même, nous avons à l’é-tudier dans deux de scs applications les plusimportantes, je veux dire dans ses rapportsavec la Classification des animaux, et aveccette partie de la Géologie qu’on appelle laPalæontologie .

§ 7 . — Anatomie systématiqueou classique.

L’Anatomie systématique est l’applicationde la connaissance de l’organisation à laclassification des animaux ; on pourrait, con-séquemment, l’appeler Anatomie classique.

Si la connaissance de l’organisation est laclef de la Physiologie ou de la Biologie, sielle est éminemment utile pour arriver àl’intelligence de la nature des animaux, onconcevra que cette étude, conduisant à lajuste appréciation des différences ou des res-semblances organiques qu’ils présentent auxyeux de l’observateur qui les compare , de-vient la base solide, la base unique, sur la-quelle doit s’élever la méthode naturelle deleur classification.

Cette méthode , qui divise le règne ani-mal en un certain nombre de groupes, suc-cessivement sous-divisés eux-mêmes d’aprèsdes différences organiques, graduellementmoins importantes ; qui réunit dans un mêmegroupe les animaux qui ont entre eux le plusgrand nombre de ressemblances ; cette mé-thode, disons-nous, considère tout l’ensemblede l’organisation, toutes les différences outoutes les ressemblances qu’elle peut pré-senter , pour en tirer des conclusions sur ladistribution du règne animal en types ou em-branchements , en classes, en ordres, en fa-milles , en genres ou en espèces. ( VoyezMéthode naturelle. )

Ainsi le principe de la méthode naturellede classification des animaux est fondé surcertaines différences et sur certaines res-semblances dans leur composition organi-que , que l’Anatomie comparée fait connaî-tre. Nous verrons, au mot Compositionorganique , que ces différences ou ces res-semblances peuvent être très importantes ,fortement tranchées, et qu’elles indiquent,dans ce cas, des plans d’organisation trèsdistincts, qui constituent les types ou les

T. I.

premiers groupes de la méthode. Ces diffé-rences sont une conséquence nécessaire dela loi des conditions d’existence. Cette loi,que nous avons exposée dans le paragrapheprécédent, démontre qu’il y a certaines com-binaisons organiques qui se repoussent, par-ce qu’elles seraient incompatibles avec ladurée de l’existence. Il en résulte nécessai-rement des rapports ou des différences trèsvariés entre les êtres vivants, et entre lesanimaux en particulier, et l’impossibilité deles ranger sur une même ligne ou sur unemême échelle , qui ferait monter ou descen-dre de l’un à l’autre par des degrés très fai-bles, presque insensibles, indiquant de sim-ples nuances de perfection ou de dégradationdans toute leur organisation (1).

C’est un principe reconnu par tous lesvrais naturalistes classificateurs , établi déjàpar Linné , que les caractères distinctifs desêtres , que ceux des animaux en particulier,doivent être pris de leur conformation etnon de leurs mœurs, ou de propriétés et dephénomènes qui ne se manifesteraient pasen tout temps.

Mais la méthode naturelle de classifica-tion , appliquée par Cuvier à tout le règneanimal, a donné singulièrement d’extensionà ce précepte. Dans l’état actuel do la scien-ce , tous les cadres de la méthode naturelleont chacun leur étiquette , exprimant descaractères d’organisation ou des caractèresanatomiques.

On concevra facilement d’après cela tou-te l’importance, toute l’utilité de l’Anatomiecomparée , dans ses nombreuses applica-tions, dans ses applications journalières à laméthode naturelle.

C’est une pierre de touche indispensablepour juger tous les essais de classification ,faits avec la prétention d’être les plus con-formes à la nature.

§ 8. —Anatomie géologiqueou palœontologique.

J’appelle ainsi l’application des connais-sances anatomiques les plus détaillées, lesplus spéciales, comme les plus générales,pour distinguer et rapporter à leur espèce ,

(t) Leçons d’Anatomie comparée de G. Cuvier,t. I, p. VI à CO. Paris , 1800.

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