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Tome premier.
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à leur genre, à leur famille, à leur classe, lesdébris des corps organisés, ceux des ani-maux en particulier, qui ont été enfouispar les révolutions du globe, dans les diffé-rentes couches de son écorce.

Ces débris sont toutes les parties duresqui ont pu résister aux agents physiques, aupoids des masses terreuses qui les ont re-couvertes. Ce sont des squelettes, des por-tions de squelettes, des os, des dents, leursfragments, des écailles, et d’autres partiesdures tégumentaires des animaux vertébrés.Ce sont des coquilles ou des débris de co-quilles des Mollusques, ou des parties cal-caires ayant appartenu à quelque portionde leur canal alimentaire. Ce sont encore lesparties dures des Crustacés ; ce sont ces po-lypiers calcaires, rarement siliceux, dontles nombreux restes caractérisent les ter-rains littoraux.

Rarement a-t-on lieu d’examiner des ani-maux entiers, comme les Insectes asseznombreux qui ont été enveloppés par lamatière encore liquide de l’ambre jaune, oudu succin ; ou comme le Rhinocéros et l’Elé-phant, découverts en Sibérie , non loin desplages de la mer Glaciale, et conservés, se-lon toute apparence, pendant des milliersd’années, dans les glaces formées par unrefroidissement subit de ces latitudes hy-perboréennes.

Les différents sujets d’observation de cet-te Anatomie, souvent plus ou moins mutilés,incomplets, exigent donc une grande habi-tude, une connaissance approfondie de l’or-ganisation actuellement existante à la surfacedu globe, pour établir des comparaisons cer-taines avec cette organisation des tempspassés.

line étude raisonnée de celle-ci a bientôtdémontré que les mêmes lois règlent l’uneet l’autre.

Leur exacte appréciation et les justes ap-plications qu’on peut en faire ont été pourla première fois mises en pratique , d’unemanière générale, par G. Cuvier, dans sesnombreuses et persévérantes recherches surles ossements fossiles (1).

La méthode que sa science, nous devrions

(1) Elles ont été consignées dans les Recherchessur les ossements fossiles , vol. LV, in-i. Paris ,1821 - 18 - 21 .

dire son génie, lui a suggérée pour parvenirà restituer les squelettes et les formes prin-cipales des Mammifères, des Oiseaux , desPoissons ou des Reptiles fossiles, avec leursdébris dispersés çà et là ; cette méthode, di-sons-nous, restera toujours comme un modè-le de l’application à la Palæontologie des con-naissances de détail les plus minutieuses, et,à la fois , les plus générales de l’organisa-tion (2).

§ 9. — Des procédés que VAnatomie em-ploie pour mellre en évidence les dif-férents points de l’organisation , oude l’art de l’anatomiste.

Nous l’avons dit en commençant cet arti-cle , l’Anatomie n’est pas seulement unescience, c’est également un art , au moyenduquel celui qui le possède complètementpeut mettre en évidence les parties les pluscachées, les plus déliées de l’organisation.

Ses procédés sont nombreux et variés ;nous nous bornerons à passer en revue lesprincipaux.

Dissection. — Le premier, le plus fré-quent, celui qui a valu à l’Anatomie sonnom, consiste dans la dissection, c’est-à-dire à séparer avec le scalpel les organesréunis, confondus; à découvrir ceux quisont cachés dans la profondeur des autres,en coupant la substance de ceux-ci ; à rom-pre les fils qui lient la trame, ou ceux quiunissent la chaîne des tissus organiques, afinde rendre visibles et distinctes les partiesélémentaires qui entrent dans la composi-tion de ces tissus.

Un procédé de dissection trop négligépeut-être par les anatomistes, qui s’atta-chent surtout au précédent, c’est-à-dire àdélier, à dégager les organes concrets ou lesorganes élémentaires du tissu cellulaire quiles enveloppe, est celui de faire certainescoupes de ces organes, qui peuvent donnerfacilement et promptement une idée de leurcomposition, et de la position relative desparties élémentaires ou autres qui y sontagrégées.

(t) Rapport historique sur les progrès dessciences naturelles de 1788 à 1807, rédigé parG. Cuvier, p. 177 et 302. Paris , Vcrdièrc et La-grange, 1828, in-8.