ANA
461
vertures sont purement accidentelles, et lerésultat de la destruction d’une partie dutissu, et non de l’organisation.
C. Matières contenues dans les ulricules.— Les utricules contiennent des matièresde nature diverse. Tantôt ces matières sontliquides, tantôt elles sont solides, tantôtenfin elles sont gazeuses.
1° Matières liquides. — Une branche trèsjeune ou tout autre organe végétal examinédans la première période de son développe-ment offre un tissu cellulaire dont les utri-cules ont non seulement les parois plusépaisses, mais encore la cavité remplie parun liquide aqueux, qui n’est autre chose quede la sève. Par les progrès de la végéta-tion, et à mesure que les organes foliacés sedéveloppent, ces sucs aqueux disparaissent;les parois des utricules s’amincissent, se sè-chent; et souvent le tissu utriculairc finitpar former une masse spongieuse, sèche etlégère, qui ne contient plus que de l’airdans ses cavités.
La sève n’est pas le seul liquide qu’ontrouve dans les utricules du tissu cellulaire ;il peut y exister encore des huiles de diffé-rente nature, volatiles ou grasses. Ainsi,l’huile grasse est abondante dans le paren-chyme du péricarpe de l’olivier, dans l’en-dosperme charnue des Euphorbiacées, dansl’embryon des Crucifères, de beaucoup deRosacées, etc.
2° Matières qazeuses. — La présence del’air atmosphérique est incontestable dans letissu cellulaire des végétaux. L’air, en effet,est absorbé dans une foule de circonstances,et sert à la nutrition de la plante; on y trou-ve de plus de l’acide carbonique, quelque-fois de l’azote, etc. Rien n’est plus facileque de constater la présence des gaz dans letissu des végétaux. Il suffit de recouvrird’eau et de placer sur le porte-objet du mi-croscope un fragment très mince du tissu àexaminer; on voit alors un grand nombre depetites bulles opaques , adhérant chacuneaux utricules ouvertes. Ces petites bullessont formées par l’air ou par les autres gazrenfermés dans les cavités, et qui se voient[ comme autant de points opaques. C’est mê-;■ me cette opacité qui constate la présence del’air dans les organes élémentaires des vé-gétaux.
5° Matières solides. —Les matières solides
ANA
renfermées dans l’intérieur des utriculessont 1» la fécule, 2» la matière colorante ouchromule, 5° les jeunes utricules, au mo-ment où elles s’organisent ou le cambiumsolidifié, 4° enfin les matières cristalliséesou les raphides et autres cristaux.
A. La fécule ou amidon. — Rien de pluscommun dans le tissu utriculaire que lesgrains de fécule, qui quelquefois en rem-plissent presque complètement les cavités ;d’autres foisysont peu abondants et en quel-que sorte clairsemés. La fécule existe dansle tissu cellulaire de presque toutes, les par-ties des végétaux, dans les racines, les tiges,les feuilles , le péricarpe , les divers organesde la graine, etc. Elle se montre sous la for-me de petits corps plus ou moins sphéroï-daux, mais souvent d’une forme allongéeou irrégulière, parfaitement transparents etincolores , primitivement adhérents à la pa-roi interne de l’utricule , mais qui en sontsouvent détachés, et,par conséquent, libresdans la cavité. On s’est particulièrement occu-pé, depuis un certain nombre d’années, nonseulement des propriétés chimiques de lafécule, mais encore de sa constitution phy-sique, ou, pour mieux dire , de son orga-nisation. (F. Amidon o t Fécule amilacée.)
K. La chromule ou matière colorante.—Le tissu utriculaire, comme nous l’avonsdéjà exposé précédemment, est formé d’u-tricules à parois minces et tout à fait incolo-res. Cependant, quand on examine ce tissudans un grand nombre d’organes , dans lesfeuilles par exemple, ou l’enveloppe herba-cée des jeunes tiges , il se montre sous l'ap-parence d’une masse colorée en vert. Cettecoloration n’est pas propre au tissu lui-mê-me , mais provient d’une matière coloréequ’il contient ; c’est cette matière qu'ondésigne sous les noms de chromule , de ma-tière colorante ou de chlorophylle. Mais lenom de chromule doit être préféré, parcequ’il exprime que c’est ce corps qui colore,sans indiquer la teinte. En effet. toutesles autres colorations, et souvent si bril-lantes, que présentent les diverses partiesdu végétal, sont dues à la présence d’unematière toujours la même dans sa struc-ture , et dont la teinte seule varie. Cettematière offre une véritable organisation. Cesont encore des globules, ou plutôt des es-pèces d’utricules contenant dans leur inté-