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ces membranes; car j’ai fait bouillir dansl’éther des portions de ces corps graisseux,et j’ai trouvé au fond du tube et du verredes globules durcis, non dissous dans l’éther àchaud; ces globules n’étaient donc pas formésde graisse seule, mais d’albumine. D’ailleurs,les organes représentés par Richard Owen ,et indiqués par plusieurs auteurs comme lesorganes génitaux de l’anguille, ont encorebesoin d’être étudiés avec soin , et l’on estloin d’en avoir une connaissance anatomi-que parfaite.
Le cœur lymphatique, organe curieuxdont on doit la découverte au célèbre pro-fesseur Millier de Berlin , a été observé pourla première fois sur l’Anguille par BI. MarshallIlall, et on en trouve une figure dans l’ouvragede M. Yarell. Le docteur Marshall Hall, enpoursuivant scs recherches sur la circulationdans les Reptiles et les Poissons , a vu, en1831, ce sac doué de pulsations près de laqueue de l’Anguille. Il est situé à la fin de laveine caudale du poisson. M. Millier n’a pu voirde pareils organes chez les Mammifères et lesOiseaux, et M. Richard Owen pense mêmeque les cœurs lymphatiques remplacent, dansles dernières classes, les valvules qui n’exi-stent en grand nombre que dans les deuxpremières classes de Vertébrés. Il était doncnécessaire qu’il y eût dans les Reptiles etles Poissons un agent pour diriger et exciterle mouvement de la lymphe chez ces ani-maux , tandis que les valvules des vaisseauxlymphatiques des Mammifères et des Oiseauximpriment à la lymphe un courant inter-mittent et une direction bien déterminée.
Les eaux douces de l’Europe nourrissentplusieurs esp. d’Anguilles , désignées depuistrès long-temps sous leurs différents nomsvulgaires, soit dans Lacépède, soit déjà dansPennant. J’ai fait à leur sujet de nombreu-ses recherches, et les observations que j’aicommuniquées à M. Cuvier lui ont fournides matériaux pour établir les distinctionsdont il a exprimé les caract. dans la secon-de édition du Règne animal. Depuis, M.Yarell a donné, dans son ouvrage sur lesPoissons d’Angleterre, d’excellentes figuresde trois de nos espèces. Cependant j’ai lieude penser que quelques unes des différencesappréciées entre les nombreux individusd’Anguilles soumis à nos observations, etqm l’on a considérées comme des caract.
spécifiques, tiennent à la différence des sexes.Je présume, par exemple, que l’Anguillenommée le Pimperneau est le mâle del’Anguille plat-bec ; toutefois, je n’ose en-core l’affirmer. Ces diverses Anguilles ontà peu près les mêmes mœurs, et, par con-séquent , le même genre de vie.
L’Anguille vit dans les eaux courantes oudormantes indifféremment. Elle aime lemouvement de la vanne d’un moulin, demême qu’elle croît dans l’eau d’un fossé.C’est un poisson vqrace, qui se nourritde petits animaux de sa classe, et surtoutde Goujons, dont il est très friand; maisqui attaque aussi les petits quadrupèdeset les oiseaux aquatiques, les vers, et mê-me les débris des corps des animaux quel’on jette à l’eau. Il chasse particulièrementpendant la nuit; le jour, il se tient blot-ti dans les toutlcs de plantes aquatiques,ou même se retire dans des trous le longdes berges, et l’on en prend jusqu’à trentedans un même trou. On les force à en sortiren les enfumant comme on le fait pour lesRenards.
L’Anguille s’enfonce aussi sous la vase desétangs, pendant le froid, mais c’est sur-tout quand on met ces amas d’eau à secpour en faire la pêche ; on est même obli-gé de faire marcher sur cette vase etde la piétiner pour en faire sortir les An-guilles. Dans les chaleurs de l’été, etquand le temps est orageux, les An-guilles aiment aussi à sortir de l’eau, etvont quelquefois très loin au travers desherbes. Elles chassent à terre, mangent lespetits reptiles, les colimaçons, et même,quand elles sont dans les champs cultivés,certaines plantes dont elles sont très frian-des, entre autres les pois. Si elles sontsurprises par le jour et les chaleurs, elles seblottissent dans une touffe d’herbes, et,roulées sur elles-mêmes, y attendent la nuitsuivante. Il n’est pas très rare qu’en fauchantles prairjes le fer des travailleurs coupeune Anguille. J’en ai vu de très grosses quiavaient été ainsi blessées.
Dans les eaux courantes, elles nagent avecforce 'et rapidité contre les courants ; maisen descendant, elles se laissent, le plus sou-vent, entraîner aq fil de l’eau sans faire d’ef-forts; aussi prend-on beaucoup d’Anguilles dans de grandes nasses tendues en travers