519
AM
d’organisation qui constitue chaque type durègne animal; avec l’arrangement des partiesqui composent l’organisme de chacun de cestypes ; et surtout avec la forme générale quiles caractérise. Cela devait être : ce système,ayant pour fonction d» faire irradier de sescentres, ou d’un centre unique, sur chacunedes parties de l’organisme, toutes les activi-tés vitales résultant de l’influx nerveux ; ou defaire aboutir à ces mêmes centres et d’y faireretentir toutes les impressions du dehors oudu dedans que peuvent recevoir ces mêmesparties ; il devait être arrangé pour cette com-munication générale et réciproque d’impul-sions motrices, ou d’excitations sensitives ounon sensitives et de simple innervation.
L’organisme animal se distingue encorede l’organisme végétal par l 'organe élémen-taire moteur, qui entre dans la compositionde tous les muscles, de tous les faisceauxmusculeux, de toutes les fibres de mêmenature, qui jouissent de la contractilité, quej’appellerais volontiers nerveuse , parcequ’elle agit généralement sous l’influenceévidente de l’innervation ; mais qui est plusconnue sous le nom d 'irritabilité.
La fibre musculaire se compose de filetsélémentaires cylindriques, creux ou tubu-leux, renfermant une série de globules selonles uns, une pulpe homogène selon les au-tres. La gaine de ce tube paraît avoir desstries transversales ou obliques, égalementdistinctes, qui manquent dans certains mus-cles et dans certains animaux. Cette gaineest formée de l’élément celluleux. Plusieursfilets élémentaires sont réunis dans unegaine commune de même nature, pour com-poser une fibre musculaire. Des fibres mus-culaires plus ou moins nombreuses sont réu-nies de même dans une gaine commune,pour former des faisceaux graduellementplus compliqués.
L’organe élémentaire musculeux est,comme on voit, composé d’un élément con-tractile qui le caractérise essentiellement ;élément contenu danois gaine celluleuse dufilet ou du tube élémentaire. Cet organe é-lementaire avaitlbesoin d’être complété dansson organisation par les deux organes élé-mentaires précédents. Cela est incontesta-ble pour l’élément celluleux.
On peut le démontrer encore pour l’élé-ment nerveux chez les animaux qui ont des
AM
nerfs, la communication libre des filets quise rendent aux muscles avec les parties cen-trales du système nerveux étant indispensa-ble pour l’exercice de l’action musculaire.Doit-on supposer que, chez les animaux oùles muscles sont évidents et qui nous parais-sent privés de nerfs (les Actinies), cette pri-vation apparente tienne plutôt à nos moyensimparfaits d’investigation qu’à h réalité ?
Si les systèmes nerveux et musculeux dis-tinguent et séparent de tout le règne végé-tal la plupart des animaux, nous ne pou-vons pas ajouter qu’ils caractérisent essen-tiellement l’organisme animal.
Dans les organismes inférieurs, on nedécouvre plus de traces de ganglions médul-laires ni de nerfs; on n’y trouve même plusde fibres musculaires bien évidentes. Cepen-dant les phénomènes caractéristiques de lavie animale y sont plus ou moins manifestes.
A présent que nous connaissons l’organis-me animal, comparé à l’organisme végétal,dans sa composition élémentaire, au delàde laquelle nos sens ne peuvent pénétrer,étudions-le dans l’agrégation de ses élé-ments, composant des individualités, dontla forme générale est la première circon-stance qui frappe notre vue, qui doit attirernotre attention.
§ 6. — De la forme extérieure généraledes organismes.
Le caractère le plus général de l’organisa-tion ou de l’arrangement moléculaire desêtres vivants, est d’abord dans la forme ex-térieure, dont l’élément générateur est tou-jours, ainsi que nous l’avons dit, en totalitéou en grande partie, une ligne courbe.
Mais déjà, sous ce premier point de vue ,l’organisme animal s’éloigne rapidement del’organisme végétal.
Les détails dans lesquels nous allons en-trer à cet égard se résument dans la pro-position générale suivante, et n’en serontqu’un commentaire : Que la forme, dans lesêtres qui jouissent de la vie, est l'expres-sion figurative de l’organisme, mis en rap-port avec le monde extérieur. En effet, sinous comparons sous ce point de vue unanimal à un végétal, nous aurons la certitu-de que , dans les deux règnes, la formen’est que l’expression de ces rapports.