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Tome premier.
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Dans les animaux, au lieu d’être épanouie,comme dans les végétaux, elle est ramas-sée. Au lieu d’être amincie et étalée, afin demultiplier la surface que la quantité de ma-tière organisée attribuée à chaque individua-alité végétale peut occuper, cette surfaceest le plus souvent restreinte dans les ani-maux par la forme, qui lui donne le moinsd’étendue possible.

Au lieu de se diviser pour embrasser leplus d’espace, comme jle végétal, l’animalmontre dans sa forme une tendance à Trini-té, à la concentration.

Au lieu de porter au dehors, comme laplante, tous ses organes d’alimentation etde respiration, de fécondation, de fructifi-cation ou de propagation par germe libre,l’animal les voile sous ses téguments pro-tecteurs , sans que ceux-ci en suivent tou-jours les contours, sans qu’ils soient astreintsà en revêtir la forme; ou mieux, il les recè-le dans des cavités plus ou moins profondes,creusées en dedans de lui. Les substancesalimentaires et le fluide respirable y sontintroduits à sa volonté. Les germes y reçoi-vent leur premier développement, et sou-vent leur développement subséquent à la fé-condation , dont le principe d’activité pénè-tre jusque dans le réduit des ovaires.

CeS caractères de la forme animale sontessentiellement en rapport avec les deux at-tributs de l’animalité : la locomotilité et lasensibilité.

Toute l’économie animale en est d’autantplus modifiée , et sa forme en particulier,que ces facultés y sont plus parfaites, c’est-à-dire plus développées, à lajfois, et plusactives.

La forme animale ne devait avoir riend’embarrassant pour le transport d’un lieudans un autre; elle devait, au contraire,être disposée pour vaincre les résistances dela pesanteur et du frottement que l’animaléprouve nécessairement et doit surmonterdans ses mouvements variés à la surface dusol ou dans sa profondeur, dans les airs oudans les eaux.

Cette forme, si bien disposée pour touteespèce de progression', devait l’être encorepour recevoir les impressions du monde ex-térieur. Elle devait montrer au dehors cesorganes des sens extérieurs, faits pour aver-tir l’animal de ce qui se passe autour de lui.

Cette impressionnabilité, cette excitabi-lité extérieure, peut être départie dans tousles téguments, sur toute la surface de l’ani-mal , dont elle ne modifie pas autrement laforme.

Mais lorsqu’elle devient sensibilité spécia-le pour la lumière, dans l’appareil del’œil ; pour les vibrations des corps sonores,dans l’appareil de l’ouïe; pour les effluxodorants, pour les corps sapides, dans ceuxde l’odorat et du goût ; pour les résistancesdes surfaces et leur température, dans l’ap-pareil du toucher actif ; il en résulte des mo-difications de forme très remarquables parla position à la surface du corps, ou plus oumoins rapprochée de cette surface, de cesorganes spéciaux des sens externes. La for-me même de l’organe du sens interne , oùréside le moi , où viennent retentir les im-pressions des sens externes, ou du moinsla forme de la boîte osseuse qui le renfermedans les animaux les plus parfaits, influe surcette forme générale, dont nous cherchonsà apprécier, à analyser les causes et les rap-ports avec tout l’organisme.

Cet organisme manifeste donc, dans tou-tes les individualités animales, simples etnon agrégées, qui jouissent de la locomo-tilité, des caractères de forme qui le distin-guent d’une manière bien tranchée de l’or-ganisme végétal.

Mais il existe des animaux composés ouagrégés, privés d’organes des sens spéciaux,chez lesquels on ne peut plus assigner deplace déterminée et circonscrite à un orga-ne du sens interne; qui ne sont plus revê-tus d’organes particuliers de locomotion ;mais dont tout le corps est une substancemolle, impressionnable et contractile. Icila forme se rapproche de celle de la plante,et plus particulièrement de cette partie dela plante où la vie se manifeste par des mou-vements , par un reste de motilité plus évi-dent: je veux parler de la fleur, et de Vhy-dre d’eau douce, pour l’animal que" je luicompare.

La forme de la plante tout entière, avecses racines, sa tige, ses rameaux, et mêmedes apparences de fleurs et de fruits ( lesfeuilles seules sont exceptées), reparaît dansles animaux de la même classe, les Polypesà polypier, qui sont entièrement privés dumouvement progressif. Ils ont des organes