Band 
Tome premier.
Seite
522
JPEG-Download
 

522

ANI

ANI

dans l’eau, par toute la surface de leur corpsou par quelques parties de leurs téguments,suivant la simplicité ou l’homogénéité, l’hé-térogénéité ou la complication des types or-ganiques auxquels ils appartiennent.

Ils respirent de même par toute l’étenduede leurs téguments plongés dans l’air oudans l’eau, ou par des organes particuliers quisont dans l’une ou dans l’autre de ces condi-tions physiques, suivant les mômes différen-ces de simplicité ou de complication organi-que.

Ils produisent au dehors leurs organes defécondation, et le plus souvent ceux defructification.

Cette double série de rapports fonc-tionnels avec les agents physiques modifiepartiellement ou universellement la partiesuperficielle de leur organisme, pour les deuxgrandes fonctions de la vie végétale, la nu-trition et la propagation.

Les animaux , pour l’immense majorité,ont leurs principaux organes d’alimentationet de propagation, et môme souvent ceux derespiration, retirés dans des cavités inté-rieures; ce qui diminue chez eux, sans lesfaire disparaître entièrement, le nombre desarrangements superficiels de leur organisme,c’est-à-dire de leurs téguments, pour les fonc-tions de nutrition ou de propagation.

Mais celles de la sensibilité, dont ils sontexclusivement doués, ont nécessité de gran-des modifications dans la peau, qui en est lesiège général.

D’autres nécessités, qui tiennent à laloeo-motilité, ont fait que leurs téguments sontpourvus d’organes moteurs ( les musclessous-cutanés ) qui les doublent ; ou qu’ilssont attachés à des leviers durs et raides (lesécailles abdominales des serpents, le testdes animaux articulés) ; ou bien enfin qu’ilssont munis d’armes offensives ( les ongles,les cornes) plus ou moins puissantes.

Mais cette peau sensible et mobile, quipeut encore être eu rapport d’absorption etde respiration avec le milieu dans lequell’animal est plongé, est revêtue de partiesinsensibles qui modèrent cette sensibilité(les couches d’épiderme, les écailles épider-miques des Serpents; les plaques cornées ouosseuses des Crocodiles , des Tortues , desTatous , etc. ) ; ou bien elle est implantéede poils (les Mammifères ), ou de plumes (les

Oiseaux ), ou d’écailles (les Poissons ). Ellepeut être encore pénétrée ou doublée, oubien enduite de substances muqueuses ,huileuses ou graisseuses, qui la protègentcontre l’action dissolvante ou desséchantedes agents physiques, et tout l’organismecontre l’action refroidissante ou échauffantede ces mômes agents.

Les différents appareils qui produisent cesparties ou ces substances insensibles qui en-trent dans la composition des tégumentssont enfouis, pour ainsi dire, dans le dermeou dans le tissu cellulaire sous-jacent, etfont de la peau, en général, un organe trèsimportant de sécrétion, dont l’activité plusou moins forte, surexcitée dans les momentsde la mue, ébranle et modifie, à cette épo-que, celle de tout l’organisme.

Toutes ces considérations feront compren-dre la justesse de la définition que nousavons donnée des téguments.

Elle est applicable, à la lettre, aux végétauxcellulaires comme aux animaux les plussimples. Chez les uns et les autres, les tégu-ments ne sont ni de l’écorce proprementdite, ni de la peau, dans l’acception ordinai-re de ce mot ; c’est-à-dire un appareil orga-nique plus ou moins compliqué, qui seraittrès distinct de l’organisme intérieur, qu’ilrecouvre et qu’il protège, et dont on pour-rait le séparer facilement. Dans ce doubletype des organismes inférieurs appartenantaux deux règnes , l’organisme intérieur pa-raît se continuer, sans interruption, jusqu’àla surface du corps, et s’y montrer avec desimples modifications; celles qui étaient lesplus indispensables pour terminer le corps,pour résister à la fois aux agents physiqueset pour en recevoir l’influence vitale.

Ici les ressemblances, ou plutôt les analo-gies entre les végétaux et les animaux, sontdans la disposition la plus générale des par-ties tégumentaires ; mais les différences sontdans la nature môme de chaque organisme,qui se montre au dehors, à peu près com-me il est constitué dans toute sa profon-deur.

Les Échinodermes et les Intestinaux ca-vitaires ont presque seuls, parmi les ani-maux de ce type, une peau bien distinctedu reste de l’organisme.

Cependant, cette partie superficielle et ter-minale qui constitue les téguments des ani-