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dure environ trois semaines. Pendant cetemps tout le peuple Palmipède est en émoi,et les mâles se livrent de rudes combats pourla possession des femelles.
Le nombre des œufs varie suivant les es-pèces de 8 à 16 et 18 au plus. Leur colorationest généralement différente, et souvent, dansUne même espèce, ils varient suivant laponte ; ainsi les œufs du Canard Pilet sontcommunément d’un bleu verdâtre, ceux desCanards sauvages d’un blanc sale; le Sou-chet pond des œufs d’un jaune roussàtre, laSarcelle commune, d’un jaune verdâtre, cequi n’a pas lieu pour toutes les espèces, etles œufs du Canard sifîleur sont d’une cou-leur cendrée mêlée de vert.
La durée de l’incubation est d’environ unmois. Le mâle reste étranger à la couvaison-,il se borne à accompagner sa femelle lors-qu’elle va chercher sa nourriture, et à pré-venir toutes les attaques dont elle peut êtrel'objet.
Les petits éclosent en une seule fois; àPeine sont-ils nés que la Cane les conduit àl’eau, en encourageant les plus timides parson exemple. Ils peuvent déjà, pour leurnourriture , se passer de leur mère ; mais,tant qu’ils sont faibles, elle les réchauffe sousses ailes pendant la nuit. Une fois éclos,ils quittent le nid pour n’y plus rentrer.
Les jeunes Canards sont, à leur naissance,couverts d’un duvet jaunâtre ou grisâtre ;et, chez les Souchcts, la largeur de leur bec,lui parait disproportionnée avec leur peti-tesse , leur donne un aspect singulier.
Le cri de toutes les espèces de ce genre esta Peu près le même, et les personnes qui ontvécu ou qui vivent à la campagne ne con-naissent que trop bien le monotone can-canement du Canard. Un seul diffère, c’estI e Siffleur, qui, comme son nom l’indique ,housse un sifflement fort aigu, semblable® celui d’un fifre, et qu’il fait entendre enVolant.
Contrairement à ce fait si constant chezfesRapaces, dans lesquels la femelle est tourJours plus grosse que le mâle , dans les Pal-jhfflédes.lemâle est toujours plus grand que® Quelle, et, dans le Canard sauvage, il seistingue par les quatre plumes moyennese la queue qui sont relevées en boucle.
Tous les Canards sont sujets à une mue' r esqu e subite ; souvent en une seule nuit
ils perdent toutes leurs plumes. Chez lesmâles, la mue arrive après la pariade, etchez les femelles, après l’éclosion des petits.C’est, en général, à la fin de l’automnequ’ils reprennent leur robe de noce.
Dans l’état de liberté, les Canards sonttristes et sauvages ; ils se tiennent tout le jourimmobiles au milieu des joncs ou des her-bes hautes, et n’en sortent que le soir.Peut-être leurs nombreux ennemis les onl-ils forcés à cette défiance. La domesticitéa un peu modifié ces habitudes taciturnes ;et quoique le Canard ait beaucoup de finesseet de subtilité, il n’en reste pas moins un oiseau de basse-cour fort monotone. Le Siffleurseul fait exception : il est plus gai que lesautres Canards. Quant aux jeunes, ils sontconstamment plus gentils.
La domestication de ces Oiseaux est géné-ralement facile, et nous avons lieu de nousétonner qu’on n’ait pas cherché à multiplierchez nous le Canard à éventail, qui seraitun des plus beaux ornements de nos piècesd’eau, leSouchet, dont la chair et la plumesont fort estimées, et la Sarcelle, que sa déli-catesse fait admettre sur la table des ri-ches. Nous avons cependant des exemples àsuivre : les Romains élevaient, dans des en-,clos assez vastes pour qu’elles pussent s’y,ébattre, des Sarcelles destinées à paraître,dans leurs festins ; et le Canard à éventailest commun dans toute la Chine , surtout àNankin où on le donne aux jeunes fiancésle jour de leur mariage, comme un symbolade la fidélité conjugale . vertu qu’on ne voitguere dans les Canards de nos pays.
La chair du Canard est d’une diges-tion plus facile que celle de l’Oie , et cellades Canards qui vivent à l’état sauvageest d’un goût exquis , ce qui les a de toustemps exposés aux embûches de l’homme;mais cette chasse est généralement diffi-cile, le chasseur se trouvant dans l’obliga-tion de lutter de ruse avec l’animal qu’ilpoursuit,; car le Canard se laisse difficile-ment approcher, et il faut le plus souvent letirer de très loin. A grande distance, le coupporte mal à cause de l’épaisseur du duvet etdes plumes qui, pendant la saison rigou-reuse, le protègent contre le froid. Aussi a-t-on mis en œuvre toutes les ruses que peutimaginer l’intelligence humaine pour trom-per leur finesse. On les chasse à l’affût, à la