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CAN
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hutte, au réverbère, au moyen d’appelants,aux filets, à la nasse, etc. Cette chasse, laitependant l’hiver, et à la chute du jour ou defort grand matin, ne convient guère qu’auxhommes habitués aux fatigues de ce rudeexercice. On prend aussi des Canards au la-cet et à l’hameçon. C’est surtout en hiver,quand les grands froids ayant glacé les eauxstagnantes, forcent les Canards à gagner leseaux vives, qu’il est moins difficile d’appro-cher ces déliants Palmipèdes, qui souventlaissent passer le chasseur avant de partir.En été, l’on chasse les Hallebrans (jeunesCanards) avec plus de facilité, car on est sùrde les rencontrer barbotant dans les hautesherbes, et si l’on tue la mère et qu’on luisubstitue une Cane domestique, on est sùrd’abattre les jeunes jusqu’au dernier.
Sous les hautes latitudes, où les Canardssont beaucoup plus nombreux que dans nosclimats, on les chasse au bâton et au fouetavec beaucoup de succès.
Les chasseurs prêtent aux Canards domes-tiques mâles, qu’on lâche en l’air pour atti-rer les Canards sauvages, l’instinct de s’é-loigner dès qu’ils sont prés de l’affût. Cetteprévoyance serait, si le fait est exact, lapreuve d'une grande intelligence. On seraitporté à y croire en lisant l’anecdote si pi-quante, rapportée parlîulfon.des ruses d’unCanard qui faisait le mort pour se soustraireà la voracité d’un Furet. Au reste, que nepeut l’instinct de la conservation !
Quoique les contrées boréales semblentêtre la véritable patrie des Canards, leur dis-tribution géographique présente beaucoup devariété. Elle s’étend de la ligne aux pôles :les Souchets sont communs dans les partiesseptentrionales des deux continents et dansla Nouvelle-Hollande. Les Filets et les Ca-nards sauvages habitent le nord de l’Ancienmonde et de l’Amérique , et ces derniers sevoient à la fois au Groenland , dans les îlesdu détroit de la Sonde et aux Antilles .
Les Sarcelles ne remontent pas si hautvers le Nord, quoiqu’on en trouve jusquedans les îles de Féroë, et elles descendentjusque dans les contrées les plus chaudes. Onen voit à Java, à Madagascar, à Cayenne ,aux Antilles, en Égypte . Elles appartiennentaux parties tropicales et tempérées des deuxcontinents.
M (latrie des Canards siffleurs est la par-
tie orientale de l’Europe septentrionale ; ilss’avancent au Sud jusqu’en Sardaigne etmeme en Égypte , et le type des Canards hup-pés habite les Philippines et remonte jus-qu’au Japon .
Les Canards sont des Oiseaux essentielle-ment voyageurs; ils accomplissent en trou-pes plus ou moins nombreuses , et dans lememe ordre que les Cigognes et les Grues,des voyages de plusieurs centaines de lieues.Lorsque le froid se fait vivement sentir dansles contrées boréales , leur séjour d’été , ilsles abandonnent et se dirigent vers des paysplus méridionaux. En général, toutes les es-pèces de ce genre arrivent chez nous dans lecourant d’octobre et de novembre, et repar-tent vers la fin de février ou le commence-ment de mars, et leur émigration dure jus-qu’en avril ; les espèces qui, comme les Sar-celles , vont plus avant dans le sud, fontchez nous une double apparition. Toutefois,chaque migration laisse quelques traînards,qui nichent dans nos pays, et la petite Sar-celle y reste toute l’année.
Comme tous les Oiseaux voyageurs, les Ca-nards ont le vol puissant et rapide, et fontentendre des cris presque continus.
Réduits en domesticité à une époque trèsreculée , les Canards occupent dans nosbasses-cours une place des plus distinguées.Leurs œufs sont un manger sain et agréable,leur chair est savoureuse, et les gourmets re-cherchent les pâtés de foie de Canard d’A-miens et de Toulouse , rivaux des célèbres pâ-tés de foie d’Oie de Strasbourg . Leurs plumes,quoique moins estimées que celles de l’Oie,sont l’objet d’un commerce considérable ; onrecherche surtout le duvet qui les couvre enhiver, et qu’on substitue souvent à l’édre-don. Peu difficiles sur le choix des aliments,puisque tous leur conviennent, n’exigeantaucun soin de propreté, et fort peu de sur-veillance pendant l’incubation ou dans leurjeune âge, les Canards présentent de grandsbénéfices à ceux qui les élèvent. Ils ont, deplus que l’Oie, l’avantage d’engraisser sansqu’on soit obligé de les enfermer dans unemue. Il faut cependant choisir pour élever lesCanards un lieu voisin des eaux, peuplé depetits Poissons , en évitant qu’il s’y trouve desSangsues , qui font périr les jeunes Canardsen s’attachant à leurs pieds. Adéfaut d’étang,on peut creuser une mare où ils puissent