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Tome troisième.
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(le celles qui nous sont utiles ou nuisibles.

Le g. Cantharis, L., qui correspond à celuide Lytia de Fabricius, comme nous l’avonsdit plus haut, comprend un assez grandnombre d’espèces, malgré les réductions qu’ila éprouvées dans ces derniers temps. Le der-nier Catalogue de M. Dejean en comprend24, dont 6 d’Europe, 2 d’Asie ou de Sibérie ,3 d’Afrique, et 13 d’Amérique . Il y a lieu decroire que toutes possèdent plus ou moins lavertu épispastique de la C. vesicatoria. Maissi, en France et dans une grande partie dureste de l’Europe , on ne fait usage que decelle-ci, c’est parce qu’elle est plus com-mune, et que, vivant en société, sa récolteest plus facile et moins coûteuse que ne se-rait celle des autres espèces qui vivent iso-lément. La Cantharis vesicatoria est d’un

beau vert doré . brillant, avec les antennesnoires. Les mâles sont plus petits que les fe-melles , et il existe en général une grandevariété dans la taille. Cette espèce se mon-tre vers les mois de mai et de juin, et pres-que toujours en grand nombre sur les Frê-nes , les Lilas et les Troènes, dont elles dévo-rent les feuilles ; on la trouve aussi , maismoins communément, sur le Sureau et leChèvrefeuille .

On récolte peu de Cantharides en France ,quoiqu’elles y soient très communes, et laPlupart de celles qu’on trouve dans le com-merce nous viennent d’Espagne , probable-ment dans la persuasion où l’on est quecelles-ci possèdent plus de vertu que les nô-tres ; mais c’est une erreur. La présence deces Insectes se manifeste par l’odeur de sou-ris qu’ils répandent autour d’eux. Lors-qu’à l’aide de cette odeur, on a découvert unarbre sur lequel ils sont réunis en plus oumoins grand nombre (c’est or8inaircmentun Frêne ), voici le procédé le plus simple et16 moins dispendieux pour en faire la ré-colte. Après avoir étendu au pied de cet ar-bre une toile d’un tissu clair, on secoue for-tement les branches pour en faire tombertoutes les Cantharides, lesquelles étant en-gourdies par le froid de la nuit, car c’est de

8 f and matin qu’il faut faire cette récolte, necherchent ni à s’enfuir ni à s’envoler. Lors-Jlu on juge qu’elles sont toutes tombées sura toile, on relève celle-ci par les quatre coins,® vec son contenu, et l’on plonge le toutans un baquet rempli de vinaigre coupét. ru

d’eau préparé à Cet effet. Cette immer-sion suffit pour faire périr les Insectes. On lestransporte ensuite dans un grenier ou sousun hangar bien aéré, pour les faire séchersur des claies recouvertes de toile ou de pa-pier. De temps en temps on les remue, soitavec un bâton, soit avec les mains garnies degants; car, sans cette précaution, qu’il fautaussi employer dans la récolte, les personneschargées de cette opération seraient exposéesà éprouver soit des douleurs aiguës au colde la vessie, soit des ardeurs d’urine, soitmême des ophlhalmies. Après s’être assuréque les Cantharides sont bien sèches, on lesrenferme dans des vases de bois, de verreou de faïence, hermétiquement fermés , etqu’on place à l’abri de l’humidité. Avec cesprécautions, les Cantharides conservent trèslong-temps leurs propriétés. Jl. le profes-seur Duméril en a employé qui, au bout de24 ans d’existence en magasin , avaient en-core toute leur énergie. Cependant, malgréle principe corrosif extrêmement actif qu’el-les renferment, elles n’en sont pas moins at-taquées , comme toutes les substances ani-males desséchées, par les Dermestes, lesPtines et les Anthrènes, qui, à ce qu’il pa-raît, n’en mangent que la partie non vési-cante. Ce fait sembleconfirmer l’assertion deM. Farines, pharmacien à Perpignan , quiprétend que le thorax et l’abdomen sont seulsépispastiques, contrairement à l'opinion deSI. Audouin, qui assure que toutes les par-ties de l’insecte le sont également.

Tout le monde sait que les Cantharidess’emploient eu médecine tant à l’exté-rieur qu’à l’intérieur. Arétée, célèbre mé-decin qui professait à Rome pendant le pre-mier siècle de notre ère, passe pour être lepremier qui en ait fait usage comme vési-catoire. Quant à leur emploi à l’intérieur, îlremonte à une époque beaucoup plus re-culée; car on voit dans Hippocrate qu’il lesadministrait dans l’hydropisie, l’apoplexieet la jaunisse. Au reste, il est reconnu quela Cantharide des anciens n’était pas lamême que la nôtre, mais line espèce du g.Mylabre, qu’on croit être celle de la chico-rée (Mylabris cicltorii), d’après un passage doDioscoride. où il s’exprime ainsi : Porro effi-cücissimæ Surit quce varice videntur luttas qua:habent in femiis transversas litteas, etc., etc.(D'e Caiitltaridibus, lib. 11, cap. 6S1. LeMi-

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