Band 
Tome troisième.
Seite
298
JPEG-Download
 

€ER

CER

208

ayant souvent les doigts réunis à leur basepar des membranes. Pouces antérieurs biendéveloppés, beaucoup moins cependant queles postérieurs. Ongles en gouttières. Crânemédiocrement volumineux, déprimé et sansfront (dans l’état adulte). Crêtes surcilièrestrès peu prononcées, et même nullcs pendantune grande partie de la vie de l’animal. Mu-seau assez court. Angle facial de 50° environ.Yeux médiocres. Nez très peu saillant, à na-rines arrondies, inférieures, très rapprochéesl’une de l’autre. Des callosités ischiatiquestrès prononcées. Pelage bien fourni, plus oumoins tiqueté. Des abajoues très amples. In-cisives médianes supérieures très dévelop-pées. Canines très longues, comprimées,tranchantes en arrière. Màchelières toutesquadrangulaires, à quatre tubercules nonpointus. Taille de 4 à G décimètres ( du mu-seau à l’anus).

Cette caractéristique, exprimée ici en ter-mes aussi concis qu’il est possible,.renfermetous les éléments d’une distinction rigou-reuse. Ainsi, indépendamment des autres ca-ractères qui concordent avec ceux-ci, la sail-lie du nez distingue nettement les Guenonsdes Nasiqucs. Leurs molaires toutes quadri-tuberculées les caractérisent,d’une part, à l’é-gard de ces mêmes Nasiques et de presque tousles autres Singes de la seconde tribu, chez les-quels la cinquième mâchclière inférieure acinq tubercules ; d’autre part, à l’égard desMiopithèques qui ont cette même molaireseulement tri-tûberculée. Par leurs formesmédiocrement grêles, les Cercopithèques sedistinguent des Colobes et des Semnopithè-ques, si remarquables par leur gracilité, etdes Macaques et des Cynocéphales, si trapus.Ils sont différenciés, à l’état adulte , par cemême caractère, et par le développementdes pouces antérieurs, des Semnopithéquesqui ont ces doigts très courts, et des Co-lobes qui les ont rudimentaires ou même en-tièrement nuis à l’extérieur; enfin, par l’anglefacial, d’une part, desMacaques.de notre g.Cynopithèque, et surtoutdes Cynocéphales ,qui ont le museau beaucoup plus long, et desSemnopithéques, des Colobes, et d’une autrepart, des Miopithèques, qui l’ont beaucoupplus court. Ajoutons, et ce caractère ana-tomique est le seul que nous devions citerdans cet article,que l’estomac des Cercopithè-ques est simple, et fort différent par con-

séquent, de l’estomac si complexe et si sin-gulier des Semnopithéques. Foye s ce mot

Les Cercopithèques forment un groupe quin’est pas moins bien circonscrit, sous le rap-port géographique qu’au point de vue zoo-logique. Tous sont, soit du continent afri-cain , soit de cette portion de l’Asie qui, im-médiatement contiguë à l’Afrique , en est enquelque sorte, pour la zoologie géographi-que , la terminaison , soit enfin des îles afri-caines, telles que celles du cap Vert et deGorée . Au contraire, nous ne connaissonsd’une manière certaine ( voyez plus bas,page 308) aucun Cercopithèque, ni à Mada-gascar , où la grande famille des Lémurienssemble remplacer celle des Singes, ni à Bour-bon, ni à Maurice, île dans laquelle se trouved’ailleurs , vraisemblablement parce qu’onl’y a importée, une espèce du genre, essen-tiellement asiatique, des Macaques.

La proximité de l’Europe eide l’Afrique ,l’extrême fréquence de nos relations avecplusieurs parties de cette région, par exem-ple, avec le Sénégal, la Guinée, le cap deBonne-Espérance , sont les raisons principales,mais non les seules, qu’on puisse donnerdu peu de rareté des diverses espèces deCercopithèques dans les ménageries eu-ropéennes. Ce fait s’explique aussi en grandepartie par la facilité avec laquelle les Cerco-pithèques, de même que les Macaques, lesCynocéphales, et généralement ceux des Sin-ges de la seconde tribu, qui ont l 'estomacnon complexe , supportent la captivité et lechangement de climat. Il existe à cet égard,entre ceux-ci et les autres Singes de la se-conde tribu , tels que les Semnopithéques,la même différence qu’on trouve, parmi lesSinges de la troisième, entre les Sajous, d’ail-leurs analogues à tant d’autres égards auxCercopithèques, et les Atèles et Eriodes, sibien comparables par la gracilité de leursformes et l’atrophie plus ou moins marquéede leurs pouces antérieurs, aux Semnopithè-ques et aux Colobes.

Les occasions d’observer les Cercopithè-ques vivants n’ont donc pas manqué auxzoologistes des grandes villes. Les faits quiressortent de leurs observations sont les sui-vants.

Le genre Cercopithèque n’étant pas par-faitement naturel, en d’autres termes, necomprenant pas seulement des espèces éla-