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Tome troisième.
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dans nus climats, malgré la fréquence des ac-couplements dans toutes les espèces. Aujour-d’hui nous connaissons des exemples de cettereproduction, outre les Macaques , chez le Cy-nocéphale papion , chez le Magot , chez unMangabey, et enfin, parmi les espèces qui ap-partiennent incontestablement au groupe desCercopithèques, chez le Grivel de M. Fré-déric Cuvier . Nous avons figuré dans l’Atlasde ce Dictionnaire, Mammifères , pl. 6, unefemelle de cette espèce, avec son petit né à laménagerie du Muséum d’histoire naturelle.Cette même femelle a mis bas deux autresfois : l’un de ses petits a été élevé. On a re-marqué que cette femelle, contrairement àce qu’on observe dans d’autres espèces, s’em-pressait aussitôt après la mise bas de mangerjon délivre.Comme lefontloutes les femellesdes Singes de la seconde tribu , elle portaitconstamment son petit pendant les premièressemaines, le soutenantd’abord dans une po-sition telle, qu’appliqué ventre à venlrecon-tre sa mère, le petit avait la bouche devant lemamelon. Plus tard, au contraire , elle lais-sait au petit le soin de se tenir lui-même ens’accrochant à l’aide de ses quatre mains auxpoils de sa mère ; celle-ci semblait alors neplus s’occuper de son fardeau, et sautait avecla même agilité que si elle n’cùt eu à porterqu’elle-même. Le mâle, loin de partageravec la femelle le soin du petit, était fortindifférent pour l’une et pour l’autre, et par-fois leur cherchait querelle et les maltraitait :aussi fut-on obligé de l’isoler. Par un con-traste remarquable et qui intéressait vive-ment les visiteurs, on voyait il y a quelquesannées , en 1837, dans l’une des loges de laménagerie du Muséum, la femelle du Grivet,seule avec son petit qu’il avait fallu déroberaux taquineries et aux mauvais traitementsdu mâle; et, dans la loge immédiatementcontiguë, on contemplait avec un vif intérêtplusieurs Cynocéphales papionset un Cyno-céphale chacma, entoufant deux femelles etdeux petits nés d'elles, caressant les deux mè-res avec les plus vives démonstrations de ten-dresse , les serrant entre leurs bras, les em-brassant presque à la manière humaine, etse disputant le plaisir de porter les petits, qui,après avoir passé de bras en bras, étaientfidèlement rendus à leurs mères.

Les Cercopithèques sont, à la fois , sau-teurs et grimpeurs par excellence. Ils grim-

pent lé long d’une surface verticale, pour peuqu’il existe des points en saillie sur lesquelsils puissent s’accrocher, avec une rapiditécomparable à celle d’un quadrupède agilecourant sur le sol. Ils franchissent par lesaut de grands espaces, soit horizontalement»soit même de bas en haut, toujours sûrsd’eux-mêmes, et s’élançant avec une dexté-rité et une justesse de coup d’œil étonnantesvers le but qu’ils veulent atteindre. Le sautest tellement leur allure naturelle, qu’àterre même, c’est par une suite de sauts ,et non de pas, qu’ils s’avancent, pour peuqu’ils veuillent se hâter. Ce mode de loco-motion, auquel ils ne recourent d’ailleursque pour peu de temps, est parfois d’unetrès grande rapidité. Lorsque rien ne presseun Cercopithèque, il marche lentement surses paumes et ses plantes, à peu près à lamanière des Quadrupèdes plantigradcsordi-naires, mais en suivant, au lieu de la lignedroite, une ligne brisée, et faisant une suitede zigzags.

Les Cercopithèques sont bien moins con-nus dans l’état sauvage que dans l’état decaptivité. On sait cependant qu’ils viventpar troupes nombreuses, dans les forêts »exécutant de branches en branches, souventd’arbres en arbres, et à une hauteur consi-dérable au-dessus du sol, des sauts que n’i-miterait pas le plus hardi bateleur. Les voya-geurs rapportent, mais le fait demande véri-fication, que chaque troupe a une sentinellequi, si elle voit paraître un ennemi, jette aus-sitôt un cri d’alarme. A ce cri, toute la troupese rassemble sur la cime d’un arbre, et, decette cime comme d’une forteresse, cha-que individu, retranché derrière une bran-che, lance sur l’ennemi commun une foulede projectiles, tels que des fruits, des bran-ches d’arbre , et souvent des excréments.Les Cercopithèques se rendent de la sortesi redoutables, que non seulement les nè-gres craignent de pénétrer dans les par-ties de forêts qu’ils habitent, mais que lesplus grands Quadrupèdes, les Éléphantseux-mêmes, sont parfois obligés de faireretraite devant des ennemis qui les attei-gnent, sans pouvoir être jamais atteints pareux. En vain, dans leur fureur, les Élé-phants essaieraient-ils d’abattre ou d’arra-cher l’arbre séculaire qui porte la troupeennemie: leurs trompes et leurs défenses.