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apprend que les Syriens tiraient les leurs dela Cappadoce ou de l’Arménie . Les écrivainsprofanes sont ici d’accord avec les auteurssacrés. Dans la nombreuse cavalerie qui fai-sait partie de l’expédition dirigée par Xerxès contre la Grèce , on ne voit pas figurer lesArabes. Ceux-ci sont montés sur des Cha-meaux. Sous le régne d’Auguste , Strabondit,en parlant de l’Arabie, que ce pays produitdes animaux de toute espece, excepté desCIte-vaux. Enfin, dans les premières guerres quisignalèrent l’établissement de l’Islamismeen Arabie, on ne voit figurer de cavalerieni dans l’armée de Mahomet ni dans cellede ses ennemis, et dans l’énumération desdépouilles que le prophète recueille après lavictoire, il n’est nullement question duCheval.
L’erreur combattue par Huzard vientsans doute de ce fait, que, depuis nombred’années, la race la plus parfaite de Che-vaux nous vient de l’Arabie. Mais comments’y est-elle formée? Quelques témoignageshistoriques permettent de le soupçonner.Uès le temps d’Arrien , et peut-être bienlongtemps avant, on exportait d’Egypte enArabie des Chevaux destinés à être offertsaux princes de ce pays, comme le don quipouvait leur être le plus agréable. Plus tard,des Empereurs grecs , guidés par le mêmemotif, firent passer en Arabie un assez grandnombre de ces Chevaux de Cappadoce si es-timés des anciens. On peut d’ailleurs sup-poser que les relations commerciales ont dû®n amener également de la Perse, de laMé-die, où existe encore une des races les pluse stimées. Qu’on tienne compte maintenantdes soins extrêmes que prennent les ArabesPour faciliter la propagation et le perfection-bement de ces animaux , et l’on compren-dra sans peine comment ils ont pu, chez eux,Se multiplier, au point que, dès 1272,Marco-p olo put voir, à Aden, embarquer un grandnombre de Chevaux arabes qu’on y venaitc hercber de tous les points de l’Inde . Oncomprendra surtout comment ces Chevaux°nt dù acquérir, dans un intervalle de plusd e mille ans, les qualités précieuses qui lesm ettent aujourd’hui à l-a tête de toutes lesr &ces connues.
Aux considérations historiques qui précc-> nous en ajouterons quelques unesPuisées dans la nature mèmedu Cheval. S’il
était réellement originaire de l’Arabie, ildevrait, rendu à lui-mème, rechercher depréférence les pays chauds ; car on sait quetout animal qui échappe à l’influence modi-ficatrice de l’homme tend à se rapprocherautant que possible de ses premières condi-tions d’existence. Or, il n’en est pas ainsi.Les Chevaux sauvages qui habitent lesvastes plaines de la Tarlarie remontent enété vers le Nord. Ils ne s’avancent jamais àplus de trente degrés vers le Sud ; et en hi-ver, bien loin de rechercher les vallées oùils trouveraientune espèce d’abri contre la ri-gueur de la saison, ils s’élèvent sur les mon-tagnes dont le vent glacial du nord a balayéla neige.
Ces faits ne nous permettent pas d’em-brasser ici l’opinion de Huzard, qui pa-raît pencher à regarder le Cheval commeoriginaire du centre de l’Afrique . Nous re-gardons cette espèce comme essentiellementasiatique, et née, soit sur le grand plateaucentral qui occupe une si vaste portion decette partie du monde , soit au nord-est dela chaîne du Caucase.
Quoi qu’il en soit, tous les Chevaux sontaujourd’hui domestiques ; et ceux à qui l’ondonne l’épithète impropre de sauvages , nedoivent être regardés que comme une simplerace. C’est à ce point de vue que nous enparlerons plus bas. Mais avant d’entrer dansces détails, donnons d’abord une idée géné-rale de l’espèce telle que nous l’avons jour-nellement sous les yeux.
« La plus noble conquête que l’homme ait» jamais faite estcelle de ce fier et fougueux» animal qui partage avec lui les fatigues de» la guerre, et la gloire des combats. —» Aussi intrépide que son maître, le Cheval » voit le péril et l’affronte; il se fait au bruit» des armes, il l’aime; il le cherche et s’ani-» me de la même ardeur: il partage aussi ses«plaisirs; à la chasse, aux tournois, à la«course, il brille, il étincelle. Mais docileau-» tant que courageux , il ne se laisse point» emporter par son feu ; il sait réprimer ses» mouvements. Non seulement il fléchit» sous la main de celui qui le guide; mais» il semble consulter ses désirs; et, obéis-» sant toujours aux impresssions qu’il en» reçoit, il se précipite, se modère , ou s’ar-» rête et n’agit que pour y satisfaire; c’est» une créature qui renonce à son être pour