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» n’exister que par la volonté (l’une autre ,» qui sait même la prévenir ; qui, par la» promptitude et la précision de ses mouve-» ments , l’exprime et l’exécute ; qui sent» autant qu’on le désire, et ne rend qu’au-» tant que l’on veut; qui, se livrant sans ré-» serve, ne se refuse à rien , sert de toutes» ses forces , s’excède et meurt pour mieux» obéir. »
Dans ce tableau emprunté au plus grandpeintre qu’ait eu la nature, on regrette dene pas voir quelques traits consacrés à desservices non moins nécessaires et certaine-ment plus utiles. Ce n’est pas seulementdans les hasards périlleux de la guerre et dela chasse, ou au milieu de brillantes fêtes,que l’homme a recours au Cheval. C’est en-core lui qui, le premier peut-être, l’aida àdéfricher la terre qui le nourrit. C’est luiqui se charge de transporter ses fardeaux ;c'est à sa force et à sa légèreté que son maîtrea dû de diminuer les distances, d’établir auloin des relations qui, sans lui, seraient im-possibles. Jusqu’à ces derniers temps , il aété le seul lien entre les peuples éloignés desbords de la mer, et que séparaient de vas-tes plaines ou des chaînes montagneuses.Si, de nos jours, le génie inventeur del’homme a su trouver dans la vapeur unmoyen plus prompt encore pour répondreà son impatience, ce n’est là qu’un auxi-liaire applicable à un petit nombre de cas,et jamais les locomotives ne feront une con-currence réelle au Cheval, si ce n’est sur unpetit nombre de lignes exceptionnelles.
Nous examinerons plus loin, dans un ar-ticle séparé, les races sauvages ou domesti-ques ; nous essaierons de montrer les modi-fications que la servitude et la liberté, lechangement de climat et la nourriture ap-portent dans les qualités physiques ou mo-rales du Cheval. Ici nous esquisserons seu-lement son histoire naturelle pour ne pastrop la séparer de ce que nous avons à diresur les autres espèces du même genre.
C’est au printemps, à cette époque oùla nature semble secouer la torpeur où lajettent les froids de l’hiver, que le Chevaléprouve le besoin de se reproduire. Alorsles mâles appellent les femelles par deshennissements à la fois graves et reten-tissants , et celles-ci leur répondent, quoi-que d’une voix moins forte. La gesta-
tion est de douze mois environ, et la mèrese délivre debout. Le poulain naît couvertde poils , les yeux ouverts ; et déjà ses jam-bes, quoique proportionnellement fort lon-gues, ont assez de force pour le soutenir etlui permettre de marcher. Adeux ans etdemiou trois ans, le jeune Cheval peut se re-produire , et les femelles sont même plusprécoces que les mâles; mais il ne faut pasleur permettre de se livrer si jeunes auxfatigants plaisirs de l’amour. Les poulainsnés de ces alliances prématurées ne sont ja-mais d’une belle venue , et les parents s’é-puisent et se ruinent souvent pour la vie. Ilfaut attendre l’âge de quatre à cinq ans poul-ies Chevaux de trait, et jusqu’à sept et huitans pour les Étalons fins de l’Espagne et duLimousin . Cette précaution trop souvent né-gligée est une des plus nécessaires pour laconservation des races.
Le poulain telle environ un an ; mais onassure que, pour avoir des Chevaux très vi-goureux, il est bien de le séparer de sa mèreavant qu’il ait atteint cet âge. Il acquiert sondéveloppement entier vers la cinquième an-née. Cependant il est quelques races qui pa-raissent plus précoces. D’autres au con-traire sont bien plus tardives ; et, parmi cesdernières, nous signalerons en particulier labelle race limousine. On estime la durée en-tière de la vie du Cheval à trente ans en-viron , terme moyen.
La dentition du Cheval suit une marcheassez uniforme pour permettre de juger,presque avec certitude , de l’âge d’un indi-vidu jusqu’à une certaine époque. Quelquesjours après la naissance, on voit paraître lesdeux incisives moyennes à chaque mâchoire ;à trois ou quatre mois, il en vient deux au-tres à côté des premières ; enfin les deuxdernières se montrent à l’âge de six mois.Ces dents de lait se reproduisent dans lemême ordre, entre deux et trois ans et à desintervalles de six mois ; de sorte que le tra-vail de cette seconde dentition dure environdix-huit mois ou deux ans. Toutes ces dentsont, aumoinentou ellessontencoreentières,un creux placé à leur extrémité. Ce creuxs’efface par le frottement, et l’usure qui eurésulte fournit ainsi le plus sûr moyeud’estimer l’âge du Cheval.
Les incisives de lait sont plus blanches,plus étroites que celles de la seconde denti-