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Tome troisième.
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sont de petite (aille, mais compensent pres-que ce désavantage par leur vigueur ; ceuxdes plaines, au contraire, en atteignant desdimensions plus considérables, restent tou-jours lâches et mous. On peut citer commeexemple les petits Chevaux de la Corse et desPyrénées , d’une part ; de l’autre, les lourdesmontures des fermiers de la Beauce.

Ces contrastes nous paraissent pouvoirs’expliquer par l’influence que doivent exer-cer sur les premiers l’air vif et sec des mon-tagnes , la nourriture frugale dont ils doi-vent souvent se contenter, et sans douteaussi l’exercice violentqu’entraînent les diffi-cultés du terrain. Les seconds, au contraire,toujours plongés dans une atmosphère lourdeet humide, repus de végétaux aqueux, etn’ayant à faire que des marches faciles, doi-vent ressentir les effets d’un milieu dontl’influence s’exerce jusque sur les plantes.

Une température modérée, et égalementéloignée de l’exccs du froid et de celui de lachaleur; une contrée où le jeune poulainpuisse exercer ses forces naissantes sans sefatigueroutre mesure; une atmosphère pure,un régime nourrissant, mais non stimulant,telles seront donc les conditions les plus fa-vorables à l’élevage des Chevaux. Les paysde coteaux présentent assez ordinairementces avantages: aussi voyons-nous générale-ment les belles races prendre naissance dansde semblables localités; et si, ailleurs , onparvient à perfectionner l’espèce, ce n’estqu’à force de soins et par des croisementssouvent répétés avec les races les plus pri-vilégiées.

Nous dépasserions de beaucoup les bor-nes d’un article de dictionnaire, si nous vou-lions entrer dans des détails, même fortrestreints, sur toutes les races qu’a fourniesl’espèce du Cheval ; nous indiquerons doncseulement en peu de mots ce que les travauxdes divers auteurs nous ont appris sur lesprincipales d’entre elles.

Races françaises. Disons-le tout de suite :peu de pays sont aussi heureusement douésque notre patrie sous le rapport qui nousoccupe: aussi les Chevaux de France ont-ilseu de tout temps une grande réputation. Dèsavant les conquêtes de César, les Romains jconnaissaient les Chevaux gaulois, et les es- !timaient autant que les célèbres coursiersde l’île de Crète . Les Chevaux bretons sur-

tout passaient pour être infatigables. Plustard, lorsque nos chevaliers, armés detoutes pièces, recherchèrent des monturesà la fois fortes et agiles, ils tirèrent de laNormandie leurs Chevaux de bataille. Dèscette époque aussi, la race limousine, siintelligente, si souple, fut recherchée commemonture de parade, et eut le privilège defournir aux nobles châtelaines leurs haque-nées les plus élégantes. En même tempsse formait dans le Midi cette race qu’oncherche à rétablir de nos jours, la race na-varine , qui donne de si beaux Chevauxde selle. Le Boulonais , la Franche-Comté ,échangeaient, contre les races de luxe quenous venons de citer, leurs Chevaux de trait,si recherchés encore pour le service desmessageries. L’Auvergne, le Poitou, la Bour-gogne , produisaient d’excellents bidets pres-que égaux aux forts Chevaux de selle élevésdans le Roussillon, leBugey, le pays d’Aucli,le Forez , etc.

Il faut bien le reconnaître: ce magnifiquedéveloppementdc l’espèce chevaline était dû,en majeure partie , aux grands vassaux ,qui tous possédaient de superbes haras pourla chasse et pour la guerre. Richelieu dé-truisit à la fois les grands Ceudataires et lesutiles établissements qu’ils avaient fondés.Colbert , cet homme de génie, qui compre-nait si bien toutes les sources de la richessenationale, Colbert tenta vainement de les ré-tablir ; et pourtant la dégradation de nos racesindigènes se Dtcruellement sentir pendant leslongues guerres du règne de Louis XIV . Onestime à cent millions environ le prix qu’ilfallut payera l’étranger pour cinq cent milleChevaux. En 1790, la révolution qui se fai-sait au nom du peuple, abolit et dispersa auhasard ce qui restait des anciens haras. Lesguerres qu’elle amena à sa suite, en enle-vant aux propriétaires tout ce qui leur res-tait de meilleurs Chevaux , ne laissa plusdans nos campagnes, pour la propagation del’espèce, que des animaux de rebut, et nosvieilles races abâtardies marchèrent promp-tement à une dégradation inévitable.

De nos jours, la race normande propre-ment dite a cessé d’exister; et malgré lesnombreuses tentatives faites pour la re-lever, on est loin d’avoir encore réussi. Laplupart des Chevaux de Normandie sont sur-tout propres au trait et à la voiture. Ils bril-