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Tome troisième.
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lent à la montre, à cause de leurs belles for-mes et du feu de leurs regards ; mais en gé-néral , ils sont mous et manquent de fond,Cependant on a vu, dans quelques coursespubliques , des coureurs normands lutteravec avantage contre des purs-sang anglais ;cl nul doute qu’avec de la persévérance etdes croisements bien entendus, on parvien-dra à retrouver, sinon les admirables Che-vaux de bataille si recherchés par nos an-ciens preux, du moins une race nouvellemieux appropriée peut-être aux besoins actuels. Les races limousineelnavarineavaientégalement presque entièrement disparu desprovinces qu’elles enrichissaient il y a unecentaine d'années. Elles commencent à serelever, et la dernière, en particulier, a faitdes progrès remarquables depuis l’établis-sement des courses à Tarbes . Il en est demême de nos races du Perche , du Boulo-nais, d’Alsace et des Ardennes . Encore quel-ques années de soins assidus, et notre artil-lerie, notre grosse cavalerie trouveront, ilfaut l’espérer, à se remonter sans être obli-gées de se pourvoir hors du royaume.

On commence aussi, mais depuis peu detemps seulement, à s’occuper de celle de nosraces actuelles qui avait peut-être le mieuxconservé son ancien type: nous voulons par-ler de la race bretonne, une des plus pré-cieuses que possède la France , et qu’on a troplong-temps négligée. Le Cheval breton estfortement membré , très musculeux , pleind’ardeur et d’énergie; s’il ne possède pas lesbelles proportions de l’arabe, il lui ressem-ble sous le rapport du fond et de la solidité.D’ailleurs ses formes s’allieraient très bienà celles des Chevaux barbes et arabes, etces croisements ne pourraient que donnernaissance à une race des plus belles et desplus utiles. En parlant des races françaises,nous ne devons pas oublier non plus lesChevaux de la Corse et des Pyrénées . Bienque de très petite taille, ils sont remarqua-bles par leur vigueur et la sûreté de leurspieds. Ils trottent et galopent sans hésitationau milieu des sentiers rocailleux de nos mon-tagnes ; et les citadins, qui vont chaque an-née chercher le plaisir ou la santé aux bainsdes Pyrénées , n’ont pas d’autres monturespour parcourir ces vallées pittoresques.

Depuis quelques années, le gouvernementparaît sentir toute la gravité de l’état de

choses que nous venons de signaler; il sem-ble reconnaître enfin que la France ne doitpas dépendre, pour la remonte de sa cavale-rie, de peuples qui d’un instant à l’autre peu-vent être ses ennemis, et les événements po-litiques de 1840 auront été sans doute , pournos hommes d’État, un avertissement dontils auront compris toute la portée.

Les haras ont été reformés, des coursesétablies, des prix fondés. On est allé cher-cher en Angleterre et en Arabie les étalonspropres à renouveler le sang appauvri denos races. Dernièrement, le gouvernementfrançais est même parvenu à se procurer uncertain nombre de Chevaux de la race Ko-chlani. Espérons que d’autres mesures vien-dront compléter ce qui manque encore à cesencouragements, et que nous cesserons en-fin de payer à l’étranger ce tribut de trentemillions que nous coûtent, terme moyen ,chaque année , les Chevaux qu’il nousamène.

Race arabe. Cette race fournit sans con-tredit les premiers Chevaux du monde; etpourtant, le Cheval arabe est loin de pré-senter l’ensemble de traits auquel nous at-tachons l’idée de beauté. Sa tête est presque-carrée, son chanfrein droit ou creux, sonencolure droite, et même quelquefois ren-.versée. Mais ses articulations larges et fortesservent de point d’attache à des musclespuissants qui se dessinent sous une peau,lisse, à poil ras, et que parcourent en toussens des vaisseaux sanguins très apparents.Son poitrail estlarge; ses jambes sontfines etnerveuses, ses tendons nettement détachésdu canon ; son pied est excellent, et terminépar un sabot dont la corne est d’une ex-trême dureté. Cet ensemble annonce à lafoisla vigueur et l’agilité: aussi, aucun Che-val n’égale-t-il le Cheval arabe courant scusl’homme, dressant la tète et l’encolure demanière à protéger le cavalier, devançantà la course l’Autruche et l’Antilope, ou seprécipitant au milieu d’un combat. C’est àlui seul peut-être que s’applique, dans touteson étendue, ce beau passage du livre de Job,alors que Jéhovah , parlant du sein desnuées, interroge le juste tombé , et lui re-trace toutes les magnificences de la création :

« As-tu donné la force au Cheval ? As-turevêtu son cou d’un hennissement éclatantcomme le tonnerre. 1 ’ »