Band 
Tome troisième.
Seite
611
JPEG-Download
 

CHL

CIIL

61 i

on l’a dissous et fait cristalliser dans l’eau.

I.a nature nous présente le Sel marin endissolution dans presque toutes les eaux ,meme dans celles qui sont les plus douces,et réputées les meilleures. Quelques unesde ces eaux en renferment des quantitésconsidérables, comme par exemple les eauxde la mer, de quelques lacs et d’un grandnombre de sources. Ces dernières se ren-contrent dans presque tous les lieux où l'onrencontre des dépôts de Sel gemme, et dansd’autres également nombreux où ces dépôtsn’ont pas été observés. Quelques unes de ceseaux sont saturées de Sel . On y trouve enmême temps du sulfate de Soude, et dessulfates et des Chlorures à bases de Chauxet de Magnésie.

L’eau du puits salé de Château-Salins contient 13 à 14 centièmes de son poids deChlorure de Sodium .

Le Chlorure de Sodium est formé d’unéquivalent ou 442,65 de Chlore , et d’unéquivalent ou 290,90 de Sodium. 11 est in-colore , transparent, d’une saveur franche-ment amère et salée. 100 parties d’eau froideen dissolvent 39 p., et 40 parties à 109",7 ,qui est le terme de l’ébullition de l’eau sa-turée de ce Sel . Aussi n’est-ce que par éva-poration qu’on en peut obtenir ries quan-tités considérables. Cette faible diffé-rence entre la solubilité à froid et à chaudne se montre que dans des cas extrêmementrares ; elle permet de séparer facilement leChlorure de Sodium de plusieurs autres sels,par exemple du nitrate de potasse qui cris-tallise en proportion considérable par le re-froidissement. Le Sel marin cristallise or-:dinaircment en cubes. Il est fusible à lachaleur rouge , et répand dans l’air des fu-mées épaisses qui annoncent qu’il est vo-latil. Exposé au feu, il décrépite forte-ment.

Tel qu’on le rencontre dans le commerce,le Sel est anhydre ; et s’il renferme de l’eau,ce qui arrive souvent, c’est de l’eau hygro-métrique, de l’eau simplement interposéeentre les cristaux anhydres. Cependant, àde basses températures et dans quelques au-tres circonstances particulières , on peut lecombiner chimiquement avec de l’eau.

Il y a peu de sels dont les usages soientAussi nombreux. On s’en sert pour saler etconserver les viandes, pour relever l’insi-

pidité de la plupart des mets, pour fabri-quer la soude artificielle, l’acide hydrochlo-rique, le Chlore , le sel ammoniac, etc., etc.,pour vernir certaines poteries , pour amen-der les terres , engraisser les bestiaux. Savaleur vénale est trop faible pour qu’on lefabrique jamais artificiellement. On l’extrait,tantôt des mines de Sel gemme , tantôt del’eau de la mer ou des sources salées. A Car-dona en Catalogne, et à Wieliczce en Po-logne , comme il est à peu près pur, on l’ex-trait du sein de la terre, et on le verse im-médiatement dans le commerce. Dans laplupart des autres localités, on le purifie pardissolution et évaporation.

Lorsque les eaux salées dont on veut ex-traire le sel, n’en contiennent en dissolu-tion qu’une petite quantité, comme parexemple les eaux de. la mer, on a recours àdes moyens détournés pour concentrer cesdissolutions, car on ne pourrait le faire avecavantage par le feu.

Dans les pays chauds , on a recours à uneévaporation spontanée ; dans les climatstempérés, la concentration se compose d’unrévaporation spontanée et d’une évaporationpar le feu.

L’eau des sources salées est ordinaire-ment concentrée dans des bâtiments île gra-duation , vastes parallélipipèdes rectangles,construits avec des fagots d’épines et ex-posés aux vents qui régnent le plus fré-quemment. L’air qui passe de toutes partsà travers les fagots concentre rapidementl’eau, et quand celle-ci a été amenée à un.degré voisin de la saturation, on achèvel’évaporation dans des chaudières.

Cette évaporation spontanée a lieu sur lesbords de la mer, dans des bassins qu’ontapisse d’argile et qu’on appelle Maraissalants. L’eau de la mer y est conduite pardes canaux et s’y évapore sans l’interven-tion d’aucune chaleur artificielle.

Chlorures décolorants,Chlorures d'oxy-des. — Ces composés que la plupart deschimistes considèrent comme des mélangesatomiques de Chlorures métalliques etd’hypochlorites, se préparent en recevantle Chlore dans certaines dissolutions alca-lines ou dans la chaux éteinte.

Celui qui est le plus employé, est le Chlo-rure de chaux. On s’en sert comme rongeurdans les fabriques de toiles peintes, et pour