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Tome troisième.
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griffes pour se défendre , en poussant descris aigus. La Chouette, Sir. brachyotos, ala réputation d’être courageuse ; le grandDuc, Sir. bubo , surtout est fort et hardi ;mais on cite parmi les petites espèces le Ca-bouré , Sir. pumila , qui se glisse sous lesailes des gros Oiseauxde basse-cour, et mêmedes Caracaras, s’y cramponne et les met. àmort en leur déchirant le côté.

Quand elles combattent entre elles ou avecun oiseau capable de leur résister, elles s’é-lancent l’une contre l’autre dans les airsavec acharnement, se choquent le poitrail,et cherchent à se déchirer à coups d'ongles.Wagner raconte, dans son Hisloria naiurulisflelvetice curiosa , p. 195, qu’il vit aux en-vironsdcZurich le combald’un Aigleetd’ungrand Duc. Ce dernier avait si fortementpressé son antagoniste dans ses robustes ser-res, que tous deux tombèrent à terre,l’Aiglemort, et le vainqueur si fortement attachéau corps de son ennemi qu’on put leprendre vivant.

La nidification des Chouettes ne leurcoûte pas grand apprêt; la femelle pond dedeux à quatre œufs , quelquefois cinq ,d’unblanc le plus souvent pur ( presque tousapprochant surtout de la forme sphérique),dans les trous de murs et de rochers, dansle creux des arbres, entre les fentes des mu-railles, sous les toits des grands édifices,ou hien , comme la Hulotte , Sir. aluco , lemoyen Duc , Sir. oius , dans les nids aban-donnés des Pies , des Corbeaux et mêmedes Écureuils. La Chouette, Sir. brachyolos,construit un nid à terre sur une éminence,ou bien dans les hautes herbes des marais.Parmi les espèces exotiques, il y en a qui ni- .chent en terre dans des terriers; la Ch. àterrier, Si. uruettrea , ne creuse pas elle-même son nid, ainsi qu’on l’a prétendu: elles’empare des terriers des Tatous, des Re-nards , des Maras, et surtout des Viscaches,les plus commodes de tous. La Ch. simula,qui est peut-être une simple variété de laCh. de Saint-Domingue , s'empare aussi duterrier des Tatous pour y faire sa ponte. Legrand Duc et les variétés exotiques appor-tent plus de soin dans la confection de leurnid ; ils le font avec des bûchettes entrela-cées de racines , et couvertes de feuilles sè-ches. La Ch. de Virginie ou des Pins, Sir.yirginiana , place son nid sur un vieil arbre,

le compose à l’extérieur de rameaux secs,et à l’intérieur de mousse et d’herbes.

Le mâle et la femelle se partagent les soinset les fatigues de la couvaison; et cer-taines espèces seulement telles que l’Uru-curea et le Scops, vivent en couple toutel’année, les autres ne se réunissent quepour l’éducation des petits ; passé cette épo-que elles vivent solitaires. La durée de l’in-cubation n’est pas connue.

Les jeunes sont, dans les premiers temps,couverts d’un duvet fin et léger qui les rendd’une laideur insupportable. La plupart sontdans ce cas , et les jeunes Effraies, dont lesailes et les pattes sont à peine apparentes,ressemblent tout-à-fait à une houppe deperruquier. Ils sont nourris par leurs pa-rents avec beaucoup de sollicitude, et nequittent leur nid que lorsqu’ils sont en étatde pourvoir à leur subsistance.

Ces Oiseaux, malgré leurs habitudes noc-turnes, recherchent le soleil; ainsi les jeunesDucs , les Urucureas et sans doute beaucoupd’autres espèces viennent, pendant le premierâge, se chauffer au soleil les yeux fermés etles ailes ouvertes. Parmi les adultes même,on voit la Chevêche caburée, Sirix passe -rinoides , dormir au soleil, sur les bran-ches extérieures des arbres de la lisière desbois.

Les jeunes de l’année, avant leur pre-mière mue, ont, dans un grand nombred’espèces, une sorte de masque noir qui atrompé plusieurs naturalistes qui les ontdésignées sous le nom de Chouettes mas-quées. Leur livrée varie beaucoup moins quedans les Rapaces diurnes, et après leur pre-mière mue il est souvent difficile de lesdistinguer des adultes ; quelquefois ils res-semblent, dans cet état, aux femellesadultes. Toutes les Chouettes éprouvent uneseule mue par an.

Les anciens rangeaient les Chouettesparmi les Oiseaux qui sortent de l’œuf laqueue la première ; conte rapporté par Pline d’après l’autorité d’un certain Hylas , qui aécrit sur les augures et la nature des Oi-seaux.

La plupart des Chouettes sont sédentai-res; mais quelques espèces, le Scops, entreautres , sont évidemment erratiques. On avainement cherché à nier le fait; mais il estaujourd’hui hors de doute que ce dernier,